sam. Juin 13th, 2026

En Italie, la solidarité familiale est un principe fondamental, ancré dans la culture collective et se manifeste au quotidien. Observer ce phénomène nous amène à réfléchir sur l’influence des obligations mutuelles entre individus sur leurs choix personnels et familiaux, ainsi que sur l’utilisation des services d’aide. Les réseaux d’entraide informels peuvent représenter à la fois une ressource essentielle et un cadre qui peut orienter, voire restreindre les parcours de vie.

C’est dans cette optique que se développe le projet national PRIN 22, intitulé “Le capital social dans les pratiques de soin en Italie : aide et soutien social en temps de pandémie”. Cette étude a été réalisée en collaboration avec l’Université Catholique de Milan et les Universités de Vérone et du Molise, proposant une approche innovante tant dans son objet d’étude que dans sa méthodologie.

L’enquête se concentre non seulement sur les aidants informels, c’est-à-dire ceux qui s’occupent d’individus fragiles ou malades, mais aussi sur le réseau relationnel qui entoure cette fonction. Les chercheurs se penchent sur le caregiving non pas comme une action isolée, mais comme un processus relationnel englobant famille, amis et voisins. Par exemple, les jeunes aidants peuvent voir leur projet de vie gravement entravé par leurs responsabilités. La recherche révèle que le soin apporté à une personne vulnérable modifie non seulement les réseaux sociaux existants, mais peut aussi les renforcer, engendrer de nouveaux liens ou, au contraire, en rompre certains. Dans tous les cas, le caregiving dépasse l’individu, ayant des répercussions sur l’ensemble du réseau relationnel.

D’un point de vue méthodologique, cette recherche se distingue par un dispositif combinant des enquêtes qualitatives et une étude quantitative à l’échelle nationale, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte italienne, en tenant compte des proportions par sexe, âge et zone géographique.

Les résultats de l’enquête, menée auprès de 1 504 participants, révèlent des données significatives : 86,8 % des personnes interrogées affirment avoir apporté de l’aide à au moins une personne au cours des 12 derniers mois, avec près de 29 % d’entre elles ayant aidé une ou plusieurs personnes vulnérables au moins une fois par semaine. Les aidants ne se limitent pas à un groupe d’âge précis : 27,2 % sont des personnes âgées, 16,8 % sont des jeunes de moins de 35 ans, tandis que la majorité (56 %) sont des adultes. Une statistique intéressante se dégage également concernant le genre : 52,7 % des aidants sont des hommes, constat qui indique que le soin ne peut plus être considéré comme une activité uniquement féminine.

Un élément clé de l’analyse met en lumière l’importance du réseau social. La présence, ou absence, de soutien et la qualité des relations influencent profondément l’expérience du caregiving et ses implications. Les chercheurs identifient plusieurs configurations, allant des aidants isolés, sans soutien, à ceux bénéficiant d’un “alter ego” pour les seconder, ainsi qu’à des formes de caregiving partagé, où un groupe restreint se répartit les tâches.

Le rapport aux services de santé et d’assistance constitue un autre aspect essentiel de l’étude. Trois profils principaux émergent : ceux qualifiés de “fidèles” au service public, exprimant une confiance dans le système de santé national ; les “sceptiques”, privilégiant les services privés, et les “réalistes”, qui combinent public et privé pour répondre à des besoins spécifiques. Un point commun apparaît : le poids du fardeau du soin. L’appel est clair et urgent : davantage de services accessibles et en mesure de soutenir efficacement ceux qui se dédient au soin des autres.

Points à retenir

  • La solidarité familiale en Italie est profondément enracinée dans la culture.
  • Le projet PRIN 22 examine le capital social dans le cadre des soins au sein des familles.
  • Les jeunes aidants, bien que précieux, rencontrent souvent des obstacles dans leurs carrières et aspirations.
  • Les réseaux d’entraide peuvent renforcer ou rompre des liens sociaux selon la situation.
  • Les résultats montrent une diversité d’âge et un changement des rôles de genre au sein des aidants.
  • La qualité du réseau social impacte directement l’expérience du caregiving.
  • Il existe un besoin croissant de soutien et de services adaptés aux aidants.

À titre personnel, cette étude soulève des interrogations sur le rôle que chacun d’entre nous peut jouer dans la dynamique familiale et sociale. Après tout, la capacité à soutenir nos proches et à participer à leur bien-être renforce non seulement notre communauté, mais aussi notre humanité. À l’heure où l’individu est souvent placé au centre des préoccupations, il est temps de rappeler l’importance des connexions humaines et de leur influence sur notre vie quotidienne.


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