
Selon une étude menée par gfs.bern, 90% des Suisses estiment que les grandes entreprises technologiques ne poursuivent qu’un objectif de profit. Beaucoup pensent également que la responsabilité d’éviter que la numérisation n’affecte négativement la démocratie et la société incombe au gouvernement, aux entreprises et aux utilisateurs.
En Suisse, l’opinion sur les grandes entreprises technologiques est plutôt négative. Dans une enquête, 94% des Suisses ont affirmé qu’il est nécessaire de protéger davantage les enfants et les jeunes des influences des réseaux sociaux. De plus, 90% estiment que ces entreprises se préoccupent uniquement de leur rentabilité.
Par ailleurs, 84% des personnes interrogées considèrent que ces géants du numérique sont trop influencés par le pouvoir politique de chaque pays.
Seuls 21% des répondants affichent une opinion « très positive » ou « plutôt positive » à leur égard. 40% ressentent des émotions mitigées, tandis que 38% ont une vision « très négative » ou « plutôt négative » de ces entreprises.
« Nous avons été surpris de constater à quel point l’opinion selon laquelle ces plateformes poursuivent des objectifs de profit et sont trop proches de la politique se manifeste clairement », a déclaré Tobias Keller de gfs.bern.
Cette enquête a été réalisée en décembre 2025, par le biais d’interviews en ligne et par téléphone, avec une marge d’erreur de ±3,2 points de pourcentage.
Comparaison avec les pays de l’UE
Les résultats en Suisse reflètent des préoccupations similaires à celles exprimées dans d’autres pays de l’Union européenne. Selon une enquête menée par YouGov, une majorité des Français (63%) et des Allemands (59%) considère que la loi sur les marchés numériques (DMA) est encore trop laxiste, tandis que 49% des Espagnols partagent cet avis.
Le rôle de l’État dans la numérisation
Selon gfs.bern, 58% des Suisses perçoivent la numérisation de la société de manière plutôt positive. Cependant, seulement 48% estiment qu’elle en bénéfice à la société dans son ensemble.
En ce qui concerne l’impact de la numérisation sur la démocratie, 46% des répondants l’ont jugé plutôt négatif ou très négatif. La majorité estime que l’État, les entreprises et les utilisateurs doivent contribuer à garantir que les effets néfastes de la numérisation ne l’emportent pas sur les bénéfices.
En ce qui concerne l’intelligence artificielle, 88% des répondants estiment que l’État doit garantir que les décisions prises par des algorithmes soient toujours transparentes et compréhensibles. De plus, 86% sont d’accord pour dire que l’État devrait imposer la vérification humaine des décisions importantes influencées par l’IA.
La plupart des répondants font confiance à l’État : 75% disent avoir une confiance élevée envers les autorités suisses.
« Le concept de souveraineté numérique est bien ancré chez les Suisses », explique Keller de gfs.bern. Malgré les problèmes informatiques rencontrés par l’administration, l’idée qu’il incombe à l’État de jouer un certain rôle dans la numérisation bénéficie d’un large soutien.
Points à retenir
- 90% des Suisses jugent que les géants du numérique ne visent que le profit.
- Une majorité considère que la responsabilité de la numérisation incombe à tous les acteurs (gouvernement, entreprises, utilisateurs).
- Un pourcentage élevé des Suisses souhaite un cadre légal strict pour réguler le numérique.
- La confiance dans les autorités suisses est majoritairement positive.
- Les préoccupations relatives à l’impact de l’IA sur les décisions importantes sont soulignées par la majorité.
En tant que citoyen engagé, il est essentiel de réfléchir à ces résultats. La méfiance envers les grandes entreprises technologiques soulève une question fondamentale : jusqu’où devrions-nous permettre à ces acteurs d’influencer notre quotidien ? La discussion autour de la régulation de la technologie est plus que jamais d’actualité, et chacun de nous doit se poser la question de son rôle face à cette évolution rapide.