TikTok fait face à des grèves de la part de son personnel basé à Berlin après avoir annoncé la dissolution de son équipe de modération de contenu en Allemagne. Ce changement, qui touche 150 employés, s’accompagne d’un remplacement par une combinaison d’intelligence artificielle et de sous-traitants.
Cette décision s’inscrit dans une initiative mondiale visant à automatiser les fonctions de “confiance et sécurité”, suscitant une vive réaction du syndicat ver.di, représentant les travailleurs concernés.
Le porte-parole du syndicat, Kalle Kunkel, a déclaré que TikTok a refusé de négocier des indemnités de départ justes et un délai de préavis prolongé, entraînant ainsi une série de grèves et de manifestations.
Le syndicat soutient que les systèmes d’IA ne sont pas encore en mesure de gérer les complexités de la modération de contenu. Ils citent des exemples où des systèmes automatisés ont marqué du contenu inoffensif, comme un drapeau arc-en-ciel, tout en ignorant des contenus réellement nuisibles.
Cette décision représente un changement significatif dans la stratégie de TikTok, malgré les promesses du PDG Shou Zi Chew, qui avait déclaré devant le Congrès américain que l’entreprise augmenterait ses investissements dans la confiance et la sécurité. Anna Sopel, porte-parole de TikTok, a défendu ces licenciements en tant que moyen de « rationaliser les flux de travail et d’améliorer l’efficacité », tout en réaffirmant l’engagement de la société envers l’intégrité de sa plateforme.
Les licenciements en Allemagne ne constituent pas un incident isolé. Au cours de l’année passée, TikTok a également supprimé des équipes de modération aux Pays-Bas et en Malaisie au profit de systèmes alimentés par l’IA. D’autres géants des réseaux sociaux, tels que Meta et X, ont également réduit le nombre de vérificateurs et de modérateurs humains.
Cependant, le syndicat reste préoccupé par le fait que la sous-traitance de ce travail pourrait laisser les employés sous contrat, qui sont exposés quotidiennement à des milliers de vidéos graphiques, sans les ressources en santé mentale offertes au personnel interne.
Ce conflit de travail en cours en Allemagne met en lumière la tension croissante à l’échelle mondiale entre la volonté des entreprises de technologie d’automatiser et la demande d’une modération de contenu efficace, dirigée par des humains, en particulier sous l’effet de la réglementation stricte du Règlement sur les services numériques de l’Union européenne.
Points à retenir
- Les grèves à Berlin soulignent l’inquiétude croissante autour de l’IA dans la modération de contenu.
- Les licenciements en Allemagne suivent une tendance vers l’automatisation observée dans d’autres pays.
- La question de la santé mentale chez les sous-traitants est un sujet de préoccupation important.
- Les tensions entre les entreprises technologiques et les normes de régulation européennes se renforcent.
Le débat autour de l’automatisation dans les industries créatives et régulées pose de nombreuses questions. À mesure que les entreprises adoptent des systèmes d’IA, comment garantir la qualité et la sécurité des contenus en ligne ? Cette évolution est-elle bénéfique ou néfaste pour les utilisateurs ? Ces interrogations méritent une discussion approfondie.