wedium lance une nouvelle application européenne de vidéos courtes, visant à rassembler des créateurs bien rémunérés et à responsabiliser l’univers des réseaux sociaux.
Le 30 juillet, une conférence de presse se tient à 55 mètres de hauteur, au restaurant du Funkturm à Berlin, pour présenter une nouvelle plateforme de médias sociaux. En bas, S-Bahns, voitures et foules se frayent un chemin dans la chaleur estivale berlinoise. En haut, on annonce : westart social media.
Le choix de l’emplacement est symbolique. Lorsque le Funkturm a été inauguré en 1926 pour la Grande Exposition de Radio, la diffusion à la radio en Allemagne n’en était qu’à ses débuts. À cette époque, les voix et les nouvelles parvenaient à de nombreux auditeurs simultanément, transformant une innovation technique en espace public.
Un siècle plus tard, la question de la portée des voix se pose à nouveau, mais cette fois les émetteurs tiennent dans nos poches. Les réseaux sociaux relient amis et partagent des savoirs, tout en mettant en lumière des talents méconnus et diffusant des idées à une vitesse fulgurante. Le potentiel est immense.
Cependant, beaucoup ressentent que certains éléments sont souvent négligés : la confiance, la clarté et la convivialité sont parfois en défaut, laissant place au doute quant à la présence humaine de l’autre côté de l’écran.
C’est ici que wedium intervient. Cette nouvelle application de vidéos courtes a été développée à Berlin et sera lancée le 31 juillet. Son objectif n’est pas de rendre les médias sociaux plus lents ou ennuyeux, mais plutôt de favoriser les échanges créatifs : cuisine, débats, danse et reportage. Ce qui change, ce sont les conditions dans lesquelles les utilisateurs partagent.
Chaque compte appartient à un humain
Le principe fondamental de wedium repose sur l’identité vérifiée. Chaque utilisateur doit être un véritable individu, validé par le fournisseur allemand indépendant WebID. Les pièces justificatives ne sont pas stockées par wedium, et le recours à un pseudonyme reste possible. L’idée n’est pas de créer des statuts élitistes, mais d’établir une base commune.
Cela ne garantit pas une vérité absolue dans chaque contribution, mais cela change les règles du jeu. Les faux profils anonymes et les bots deviennent moins fréquents, et les utilisateurs bloqués ne peuvent pas revenir sous de nouveaux comptes jetables.
De plus, wedium mise sur un véritable management communautaire, comprenant une modération humaine et des règles claires. L’objectif est simple : ceux qui bâtissent une communauté doivent également en prendre soin.
La protection des jeunes commence par l’écoute
La protection des jeunes est une priorité pour l’équipe. Ceci se reflète dans leur processus de développement, qui a commencé par une enquête auprès des parents et des adolescents. Ils recherchent ce qui leur plaît, ce qui crée de la pression, ainsi que ce qui pourrait être bénéfique.
La phase bêta débutera en parallèle avec le lancement, permettant de peaufiner le dispositif de protection des jeunes. Guidée par la psychologue Julia von Weiler, l’initiative s’engage à développer des paramètres adaptés aux âges et à instaurer des méthodes de signalement claires.
Le bon accompagnement commence dès le départ, avec des réglages adaptés et une réflexion sur les contenus appropriés pour chaque tranche d’âge. Par exemple, les utilisateurs pourront définir la durée d’utilisation de l’application, laissant le contrôle à l’individu plutôt qu’à la plateforme.
Des bonnes nouvelles pour les créateurs et les médias
Les créateurs d contenu sont essentiels pour le succès des réseaux sociaux. Ils réalisent, montent, recherchent et divertissent. Les médias ajoutent une dimension sérieuse en offrant des perspectives locales et des informations fiables. Pourtant, beaucoup de créateurs se demandent souvent comment leur travail sera rémunéré.
wedium souhaite revaloriser ce modèle en partageant 50 % des revenus publicitaires nets avec les créateurs, les médias et les ONG dès le premier contenu publié. Pas besoin d’un nombre minimum de followers ni d’éventuelles règles changeantes.
La publicité doit également évoluer : plus adaptée au contenu, elle ne reposera pas sur des profils comportementaux personnels, tout en respectant les réglementations européennes sur la protection des données.
Pourquoi Berlin ?
Cette initiative avait sans doute besoin de naître à Berlin, une ville qui a su surmonter bien des barrières. C’est un lieu d’échanges entre diverses cultures, où le vieux et le neuf cohabitent. Berlin est également un terreau d’expérimentations autour de la notion de l’espace public.
Le 31 juillet, wedium sera disponible sur les App Stores. Loin de résoudre tous les problèmes des réseaux sociaux, cette arrivée représente un nouvel essai pour faire les choses différemment, avec des utilisateurs authentiques et un souci de protection et d’équité. Peut-être que les réseaux sociaux n’ont pas besoin d’une énième copie, mais d’un véritable renouveau : westart social media.
Image de l’article : Pixabay
Points à retenir
- Une nouvelle approche de l’identité sur les réseaux sociaux avec des comptes vérifiés.
- Importance de l’écoute des jeunes utilisateurs dans le développement de la plateforme.
- Modèle de partage des revenus publicitaires visant à garantir une juste rémunération pour les créateurs.
- Protection des données conforme aux législations européennes, assurant la sécurité des utilisateurs.
- Une première étape vers une nouvelle forme de communauté en ligne authentique.
Réfléchir à l’impact de notre présence en ligne devient essentiel, notamment dans un monde saturé d’informations. Chaque nouvelle plateforme est une opportunité d’explorer ce que nous voulons vraiment partager et recevoir des autres. En tant qu’utilisateurs, il est crucial de participer activement à la construction d’environnements numériques sains. Qu’en pensez-vous ?
