ven. Sep 18th, 2026
Cardile dévoile le secret du changement d'Aston Martin d'Alonso : « Avant, le modèle était en quelque sorte défaillant »

Pour Aston Martin, le AMR26B représente bien plus qu’une simple mise à jour ; c’est une véritable démonstration que l’équipe a su transformer des mois de frustrations en une direction technique prometteuse. Le contexte pressant : en 2025, Aston Martin a terminé à la septième place du championnat des constructeurs, en régression par rapport à la cinquième place de 2024, débutant ainsi la nouvelle ère de la Formule 1 dans une situation délicate.

Le AMR26, dessiné sous la direction d’Adrian Newey et supervisé par Enrico Cardile, souffrait d’un surpoids, d’une aérodynamique insuffisante et d’une unité de puissance Honda peu performante à cause de vibrations. Avant le Grand Prix de Hongrie, l’équipe n’avait récolté qu’un point, obtenu par Alonso grâce à une dixième place à Monaco.

Plutôt que d’introduire des mises à jour progressives, Aston Martin a décidé de concentrer ses efforts sur un seul gros projet. Ce choix, que Cardile qualifie de « courageux », a nécessité une réhomologation du châssis, des tests de sécurité, ainsi que des modifications au niveau du nez, des surfaces aérodynamiques et de la suspension arrière. Le résultat, le AMR26B, marque une différence significative en termes de performance et de maniabilité.

« Nous avons réalisé un double saut : une augmentation considérable de la performance pure et une large amélioration de la maniabilité. »

Enrico Cardile, directeur technique d’Aston Martin F1

Un véhicule enfin ‘réparé’

Cardile ne cache pas l’ampleur des problèmes initiaux. « Auparavant, d’une certaine manière, le véhicule était ‘cassé’. Il ne réagissait pas de manière cohérente », admet-il, se référant aux retours d’Alonso et Stroll au cours des premiers mois de la saison.

Cette réalité décrivait une voiture dont les réactions aux modifications étaient imprévisibles, rendant difficile pour les pilotes d’ajuster le véhicule à leurs préférences. Cependant, le AMR26B excelle précisément sur ce point. « La voiture est désormais plus prévisible, réagit correctement aux changements et ils peuvent ajuster les configurations selon leurs besoins », explique Cardile, s’attaquant à un problème souvent ignoré : la frustration du pilote.

« Je suis sincèrement ravi pour eux. Il était essentiel de leur offrir une voiture qu’ils puissent conduire comme ils le souhaitent », ajoute-t-il. Cette capacité d’adaptation, auparavant absente du AMR26, représente un progrès majeur.

Cardile admet avoir vécu cette frustration de près. « J’ai vu — et ressenti — leur agacement en début de saison. Cela n’est pas facile à ce niveau », souligne-t-il. Dans une discipline où la confiance dans la voiture est cruciale, disposer d’un bolide imprévisible complique également le processus de développement, rendant difficile un retour fiable des pilotes sur un véhicule instable.

« Désormais, une grande partie de nos échanges se concentre sur l’avenir. Nous nous interrogeons sur les limites du voiture de 2026 et comment procéder pour réaliser un autre bond en avant pour 2027 », révèle Cardile.

Au-delà des simples chiffres : pourquoi ce nouveau package est particulier

La comparaison avec 2025 est inévitable, et Cardile aborde ce sujet avec franchise. « L’année dernière, lorsque nous avons présenté notre important package d’améliorations, nous savions quelles étaient ses limites. Du point de vue de l’ampleur, cela n’a pas constitué un véritable changement », se remémore-t-il.

« Cela nous a permis de mieux concurrencer, mais le caractère de la voiture n’a pas fondamentalement changé. Les pilotes disposaient essentiellement de la même machine, avec un peu plus d’appui. Le plaisir de conduite n’a pas vraiment évolué », précise-t-il. En d’autres termes, le package de 2025 a ajouté de l’appui sans altérer la nature du véhicule.

« Cette fois, c’est différent. En matière de charge aérodynamique, ce package marque un bond considérable par rapport au modèle de base », avance Cardile. Non seulement cela, mais cela modifie également le comportement de la voiture : la manière dont elle communique l’info, sa réponse en plein virage, ainsi que sa gestion des variations de charge.

Cardile résume clairement : « Nous avons franchi un double cap, pour le dire ainsi : une énorme amélioration de la pure performance et un grand pas en avant en termes de maniabilité. C’est pourquoi la sensation est si différente pour les pilotes et pourquoi leurs retours sont si positifs ».

Du présent au futur : la concentration sur 2027

Le directeur technique d’Aston Martin révèle que les pilotes posent déjà des questions concernant le véhicule de 2027, et que l’équipe concentre désormais son attention sur le projet de l’année prochaine. Cardile a confirmé que les ajustements apportés au véhicule à Hongrie et les ajustements mineurs effectués à Zandvoort sont les dernières mises à jour aérodynamiques prévues pour le AMR26, et que le modèle de 2027 sera une évolution du AMR26B, avec tous les composants renouvelés.

« Cela signifie beaucoup. Cela prouve non seulement que les chiffres ont changé, mais également que la sensation a évolué », conclut Cardile. Le fait que les pilotes parlent de 2027 et non des lacunes de 2026 témoigne que le AMR26B a atteint son objectif. Une voiture ‘cassée’ n’inspire pas à parler de l’avenir. Une voiture prévisible, en revanche, le peut.

Points à retenir

  • Le AMR26B a transformé les défis d’Aston Martin en une réalité plus compétitive.
  • Les améliorations incluent une meilleure prévisibilité et maniabilité pour les pilotes.
  • Le châssis a été révisé et réhomologué pour répondre aux exigences techniques.
  • La puissance du moteur Honda reste un point critique à corriger pour les performances futures.
  • Une concentration sur 2027 témoigne d’une vision à long terme pour l’équipe.

Lorsque j’analyse ce trajectoire, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour l’avenir immédiat d’Aston Martin. Chaque automobile de Formule 1 est le résultat non seulement de milieux de recherche intenses, mais aussi d’une vision collective et d’une passion pour la course qui transcende les simples statistiques. Alors, à quoi ressemblera vraiment le AMR26 de 2027 ? Cela nous pousse à réfléchir sur le rôle de la technologie et de l’innovation dans le sport automobile, et j’aime croire que les prochaines étapes seront à la hauteur des attentes. Quelles stratégies les équipes adopteront-elles pour contourner ces obstacles ?


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