lun. Juin 29th, 2026

Plus de 5 000 cavités disposées avec précision. Le “Ruban des trous” au Pérou est considéré comme l’un des phénomènes les plus mystérieux au monde. Toutes les hypothèses antérieures ont été réfutées, et les archéologues proposent désormais une nouvelle explication.

Message aux dieux, fortification, ou simplement un mystère inexpliqué ? Le “Ruban des trous”, situé au sud du Pérou, est l’un des phénomènes les plus intrigants de notre planète. Non loin de la côte, dans la vallée du Rio Pisco, s’étend sur plusieurs kilomètres un band de plus de 5 000 trous disposés de manière ordonnée sur une crête montagneuse.

Par le passé, des chercheurs avaient émis l’hypothèse que ce site pouvait servir à la collecte d’eau, à des fins défensives, pour la culture de plantes, l’exploitation minière ou même pour des pratiques funéraires. Cependant, une analyse systématique menée par une équipe internationale d’archéologues, dirigée par Jacob Bongers de l’Université de Sydney et Charles Stanish de l’Université de Floride du Sud, écarte toutes ces suppositions dans la revue spécialisée “Antiquity”.

Le site se trouve à environ 35 kilomètres de la côte Pacifique, au pied des Andes sur le Mont Sierpe, traduit par “Montagne Serpent”. Le “Ruban” s’étend sur 1,5 kilomètre de long, mesure environ 20 mètres de large et contient près de 5 200 trous parfaitement alignés. Ces cavités mesurent entre un et deux mètres de large pour une profondeur d’un à deux mètres. Vu du ciel, il est évident que le Ruban comporte environ 60 segments, chacun légèrement séparé et de taille différente, avec des configurations variées.

En complément, l’équipe a analysé des échantillons de sol prélevés dans les cavités, révélant des traces de pollen de maïs, cultivé dans la vallée de Pisco bien avant l’arrivée des Européens au 16e siècle.

Des résidus de la variété de saule Salix humboldtiana, poussant sur la côte, ont été détectés. Selon l’équipe, ses branches auraient été utilisées pour tresser des paniers destinés au transport ou au stockage de produits agricoles. Des traces de jonc (Typha) ont également été identifiées, suggérant que certaines cavités étaient peut-être recouvertes de ce matériau.

Les trous, probablement utilisés pour le stockage des biens

Les chercheurs déduisent donc que le Mont Sierpe était un marché au temps de l’Empire Chincha (entre 1000 et 1400 après J.-C.), servant à l’échange de marchandises, et pourrait avoir été lié à des célébrations rituelles collectives.

Après 1400, lorsque le territoire est tombé sous domination inca, les cavités ont probablement été utilisées pour gérer les tributs et les ressources de la région pour les Incas. Parmi les preuves citées par les chercheurs figurent des fragments de céramique et des découvertes dans un centre administratif inca à proximité, où des Khipus – des cordes nouées servant de système de comptabilité – ont été retrouvés.

Cette explication est également renforcée par la position de Monte Sierpe, située à l’intersection de deux routes commerciales, l’une nord-sud et l’autre est-ouest. “Monte Sierpe aurait pu être un lieu de stockage pour diverses groupes”, expliquent les chercheurs. Les différents segments pourraient correspondre à des groupes sociaux ou familiaux distincts.

Les chercheurs rejettent plusieurs autres hypothèses. La collecte des eaux de pluie semble peu probable dans cette région aride, surtout avec le flux d’eau abondant du Pisco. De plus, aucune preuve d’armement n’a été trouvée, et rien ne laisse penser à une utilisation pour l’exploitation minière ou les sépultures.

À quelques pas, se trouvent les célèbres géoglyphes de Nazca, qui, il y a environ 2000 ans, furent tracés dans le sol, illustrant diverses figures telles que des êtres humains, des singes et des oiseaux, vraisemblablement à des fins rituelles. Ces lignes ont été classées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1994.

Walter Willems, dpa/wb

Points à retenir

  • Le “Ruban des trous” s’étend sur 1,5 km et contient plus de 5 200 cavités.
  • Les découvertes de pollen de maïs suggèrent des usages agricoles anciens.
  • Les cavités auraient servi de marché pour l’échange de biens pendant l’Empire Chincha.
  • Des analyses indiquent un lien avec les Incas pour la gestion des tributs et ressources.
  • Le site se situe à un carrefour de routes commerciales importantes.

En réfléchissant à ces découvertes, j’éprouve une fascination grandissante pour la manière dont nos ancêtres ont interagi avec leur environnement. Ces cavités, qui ont longtemps été considérées comme un simple mystère, prennent désormais un sens profond, révélant des pratiques économiques et culturelles d’une époque révolue. Cela soulève des questions sur notre propre relation avec les ressources naturelles et la manière dont nous construisons nos échanges contemporains. Notre passé, enrichi de telles énigmes, nous invite à poursuivre l’exploration et à redéfinir notre compréhension du monde qui nous entoure. Quels autres mystères nous reste-t-il à dévoiler ?


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