Depuis 40 000 ans, nous (Homo sapiens) sommes les derniers représentants d’un groupe d’êtres humains autrefois multiple et diversifié, qui, il y a environ 300 000 ans, comptait au moins neuf espèces différentes de primates capables de marcher et communiquer.
En remontant encore plus loin dans le temps, on découvre une palette encore plus large de parents humains, chacune suivant une voie évolutive propre, donnant naissance à des groupes similaires mais distincts de notre espèce actuelle.
Avec notre regard parfois égocentrique, on pourrait croire que nous connaissons parfaitement notre passé évolutif. Pourtant, bien que certains éléments soient bien établis, nous en savons souvent plus sur l’histoire évolutive d’autres animaux que sur la nôtre.
Combien d’espèces humaines ont vécu à la préhistoire ?
L’étude de nos origines a débuté au milieu du XIXe siècle, et depuis, les scientifiques ont tenté de reconstituer notre arbre généalogique approximatif.
Mais le nombre exact d’espèces humaines reste sujet à débat, car de nouvelles découvertes surgissent régulièrement, et il n’existe pas de définition unique et formelle de ce qui fait un « humain ».
Si l’on considère comme humains tous les membres du genre Homo, on compte aujourd’hui seize espèces reconnues. Ce chiffre inclut cependant des cas discutés : des espèces connues par peu de fossiles, dont la classification est incertaine, ou qui pourraient bien ne pas être distinctes mais simplement des variantes d’espèces déjà connues.
Les espèces les plus célèbres du genre Homo sont bien sûr H. sapiens (nous-mêmes), les Néandertaliens (H. neanderthalensis), H. heidelbergensis, H. erectus et H. habilis.
Les Denisoviens sont également très étudiés, même si beaucoup les considèrent encore comme une population plutôt qu’une espèce distincte. Ce point pourrait évoluer, car certains fossiles auparavant rattachés à d’autres espèces sont désormais attribués aux Denisoviens.
Si l’on élargit encore la définition d’humain pour inclure tous les hominines apparus après notre dernier ancêtre commun avec les chimpanzés et les bonobos (il y a environ 6,5 millions d’années), alors près de 30 espèces humaines distinctes auraient vécu en préhistoire.
Quelle est la première espèce humaine ?
La réponse dépend encore une fois de la définition adoptée pour « humain ». En se limitant au genre Homo, Homo habilis est considéré comme la première espèce humaine. Vivant il y a 2,3 millions d’années, ces hominidés forestiers poilus ont été les premiers de notre lignée à fabriquer et utiliser des outils en pierre de manière certaine.
Mais si l’on élargit la notion d’humain, la première espèce humaine devient plus floue. Le Sahelanthropus tchadensis, âgé d’environ 7 millions d’années, pourrait prétendre au titre, même si certains chercheurs le considèrent davantage comme un ancêtre primitif des gorilles que des humains.
Dans ce cas, la palme pourrait revenir à Orrorin tugenensis, daté de 6 millions d’années, ou encore au genre Ardipithecus, qui montre les premières preuves indéniables d’un mode de vie bipède. Les deux espèces A. kadabba et A. ramidus ont vécu entre 5,8 et 4,3 millions d’années.
Points à retenir
- Le nombre d’espèces humaines préhistoriques varie selon la définition adoptée, oscillant entre une quinzaine et une trentaine.
- Beaucoup de ces espèces sont connues par des fossiles fragmentaires, laissant place à d’incessants débats scientifiques et à des révisions fréquentes de la classification.
- Homo habilis semble être le premier véritable fabricant d’outils selon la définition stricte du genre Homo.
- Les Denisoviens prennent petit à petit une place plus précise dans notre arbre évolutif, au fur et à mesure que de nouvelles découvertes surgissent.
- La frontière entre ce qui est considéré comme humain ou non est souvent plus floue qu’on ne le pense, illustrant la complexité de notre histoire évolutive.
Tout cela nous rappelle que notre histoire n’est pas un conte simple où une seule espèce triomphe, mais un récit ramifié, parfois confus, souvent plein de surprises. Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez très spécial en tant qu’humain, souvenez-vous que vous êtes peut-être juste la dernière du peloton d’une course qui comptait plusieurs concurrents très proches. Et franchement, c’est presque rassurant de savoir qu’on n’est pas si unique que ça, non ?