La Royal Society avait raison de maintenir Elon Musk parmi ses membres, a déclaré la nouvelle astronome royale du Royaume-Uni, soulignant l’intérêt de l’implication du secteur privé dans l’exploration spatiale.
Dans un entretien accordé au Guardian après avoir pris ses fonctions, la professeure Michele Dougherty, première femme à occuper ce poste vieux de 350 ans, a précisé qu’elle n’avait pas participé aux délibérations concernant le maintien de Musk, mais qu’elle soutenait la décision de la prestigieuse académie britannique.
« Les conclusions de ces réunions, dont j’ai pu consulter certains échanges, sont que Elon Musk reste membre de la Royal Society car les raisons initiales de son élection n’ont pas changé », a-t-elle affirmé.
Interrogée sur la justesse de ce choix, elle a répondu simplement : « Oui, je le pense. »
Elon Musk a rejoint la Royal Society en 2018, en reconnaissance de ses contributions majeures dans les secteurs spatial et automobile électrique. Cependant, au cours de l’année écoulée, plusieurs scientifiques ont contesté cette distinction, arguant que Musk avait enfreint le code de conduite de l’académie, notamment par son ancienne participation au Département américain de l’efficacité gouvernementale (Doge).
En juillet, le Guardian avait révélé que la Royal Society avait suggéré à Musk de démissionner si sa position ne lui permettait pas d’apaiser les inquiétudes des chercheurs face aux attaques de l’administration Trump contre la recherche scientifique. Musk n’a pas donné suite et l’académie n’a pas pris de mesures supplémentaires.
Le magnat continue à jouer un rôle actif dans l’industrie spatiale : à travers SpaceX, sa société, il ambitionne de coloniser Mars et ses engins transportent déjà passagers et cargaisons vers la Station spatiale internationale. Son homologue Jeff Bezos, via Blue Origin, développe également des lanceurs.
Âgée de 62 ans, Michele Dougherty se montre optimiste quant à la place du privé dans l’exploration spatiale. « C’est un véritable atout, cela permet d’accélérer le développement d’instruments et de lancements qui, avec uniquement des fonds publics, seraient plus lents », explique-t-elle. Elle souligne également l’impact positif de cette dynamique sur l’économie britannique.
« J’aimerais voir une vision stratégique cohérente pour mieux cibler nos avancées », ajoute-t-elle. Puis, avec un brin d’admiration : « Le lanceur d’Elon Musk, avec ses moteurs réutilisables qu’ils attrapent en plein vol, ça m’a littéralement donné la chair de poule. C’est spectaculaire. »
Plus proche de la science que de l’exploit spatial personnel, la nouvelle astronome royale confesse qu’elle n’a jamais rêvé d’être astronaute. « Je ne serais pas assez courageuse. Si quelque chose tournait mal, je ne saurais pas comment réagir. Moi, je préfère envoyer des instruments capables de prendre les mesures à ma place. »
Michele Dougherty a notamment participé à la mission Cassini, qui a révélé des détails sans précédent sur Saturne et ses lunes. Les données collectées par son magnétomètre ont aidé à découvrir des geysers d’eau et de glace sur Encelade, suggérant que ce satellite pourrait abriter des conditions propices à la vie.
Elle est également investigatrice principale du magnétomètre de la mission Juice de l’Agence spatiale européenne, en route vers Jupiter et trois de ses lunes, dont Europe, un candidat sérieux pour abriter un océan salé sous sa surface glacée.
Originaire d’Afrique du Sud, Dougherty évoque la découverte de bactéries vivant dans les zones extrêmes des fonds océaniques terrestres comme une clé pour orienter la recherche de vie extraterrestre. « Si la vie existe ailleurs dans notre système solaire, ce serait sans doute sous cette forme. Je ne vais pas parler de petits hommes verts. »
Dans ses nouvelles fonctions, elle souhaite transmettre au grand public — et particulièrement aux jeunes — la passion de la recherche scientifique. « L’humanité est avant tout une espèce d’explorateurs. Si nous cessons de découvrir, nous finirons par perdre une part de nous-mêmes. »
Points à retenir
- Elon Musk reste membre de la Royal Society malgré les controverses, car ses contributions techniques dans le spatial et l’automobile restent indéniables.
- Le secteur privé joue un rôle accélérateur dans l’exploration spatiale, souvent plus agile que les financements publics traditionnels.
- Les appareils réutilisables de SpaceX impressionnent même les plus éminents scientifiques, prouvant qu’innovation rime parfois avec spectacle.
- Les découvertes récentes autour de Saturne et des lunes glacées alimentent l’espoir de trouver des formes de vie extrêmophiles, loin des clichés de petits hommes verts.
- La nouvelle astronome royale insiste sur la nécessité d’une vision stratégique claire pour maximiser les bénéfices économiques et scientifiques du secteur spatial au Royaume-Uni.
- Elle préfère explorer par la science et non dans l’espace, une position pragmatique que certain·e·s avides d’aventures ne manqueront pas de trouver… un brin lâche.
Alors, la Royal Society a-t-elle carrément flirté avec l’espace-temps en gardant Musk dans ses rangs ? Peut-être. Mais au fond, qui oserait ignorer l’impact de ces milliardaires sur notre conquête de l’infini, quand leurs fusées réutilisables rendent jaloux même les astrophysiciens chevronnés ? Dans cette course cosmique mêlant business, science et show, je me demande parfois si la prochaine pirouette technologique ne sera pas aussi spectaculaire qu’un moonwalk interplanétaire — avec un petit pas de danse pour l’humanité et un grand bond pour la planète banquise. Affaire à suivre, donc, avec un casque spatial à portée de main et un soupçon d’humour cosmique.