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Le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, distribuant des épreuves dans un centre d’examen au début de l’exercice national

Kigali, Rwanda – Une croyance largement partagée parmi les élèves et les parents rwandais est que les matières scientifiques sont intrinsèquement difficiles, influençant non seulement les choix académiques et les performances, mais aussi l’approche nationale envers l’éducation.

Les élèves craignent les mathématiques, souvent jugées impossibles, et beaucoup évitent ces matières sans même leur donner une chance. Cette perception a façonné des choix, des carrières, et même des tendances de performance nationale.

Cependant, le ministre de l’Éducation rwandais, Joseph Nsengimana, s’attaque fermement à cette tendance. Pour lui, “la science est le langage le plus facile à apprendre et à comprendre”.

Quand les résultats des examens nationaux 2024/25 pour le primaire et le secondaire inférieur ont été publiés mardi, des chiffres choquants ont révélé une performance médiocre en mathématiques et en physique, que ce soit au primaire ou au secondaire.

Peu après la publication des résultats, des discussions ont commencé à émerger dans certains groupes WhatsApp : “Les sciences sont très difficiles”.

Beaucoup d’entre nous ont grandi avec cette mentalité.

Mais le ministre Nsengimana interrompt ce discours avec une affirmation audacieuse qui change la donne. “En fait, le langage des sciences est le plus facile à comprendre et à parler”, affirme-t-il.

Pour illustrer son propos, il rappelle que “nous savons tous que 1+1 égale 2. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, que ce soit le jour ou la nuit, cette formule ne change jamais. C’est différent des autres matières.”

Les propos du ministre redéfinissent le débat, incitant les Rwandais à se poser une question centrale : les sciences sont-elles vraiment plus difficiles, ou ce défi n’est-il pas plutôt une perception erronée que l’on peut modifier ?

Les chiffres derrière la peur

Les résultats 2024/25 ont dépeint un tableau que beaucoup d’éducateurs anticipaient, mais peu souhaitaient confronter publiquement. Selon les chiffres publiés, la performance des élèves de la sixième primaire en mathématiques n’était que de 27 %. Au niveau secondaire inférieur, taux de réussite en physique s’établissait à 27,55 %, la chimie à 35 %, et la biologie à 44 %.

En comparaison, les matières linguistiques comme l’anglais et le kinyarwanda affichaient des taux de réussite bien plus élevés, souvent au-dessus de 60 %. Pour beaucoup, ces chiffres ont validé ce que parents, enseignants et élèves susurraient depuis des années : les sciences sont simplement plus difficiles que d’autres matières.

Cependant, la réaction du ministre Nsengimana défie la sagesse conventionnelle. Il soutient que les sciences ne sont pas intrinsèquement complexes, mais souffrent d’un problème de perception et de méthodes d’enseignement inefficaces qui les rendent plus difficiles qu’elles ne le sont.

“Les sciences nous délivrent des vérités universelles”, a-t-il expliqué. “Le défi réside non pas dans leur difficulté, mais dans notre manière de les aborder. Si nous changeons notre façon d’enseigner et d’apprendre les sciences, les élèves réaliseront que ces matières sont beaucoup plus simples que nous le croyons.”

Le fossé entre écoles privées et publiques

Les résultats ont également mis en lumière une autre réalité : les écoles privées surpassent systématiquement les écoles publiques en sciences. Dans certaines institutions privées, plus de 70 % des élèves ont réussi les matières scientifiques, tandis que dans la plupart des écoles publiques, les taux étaient inférieurs à 30 %.

Pourquoi cette différence marquée ?

Les experts en éducation pointent plusieurs facteurs. Les écoles privées disposent souvent de meilleures installations de laboratoire, de classes réduites et de matériel pédagogique permettant d’incarner des concepts scientifiques abstraits.

En revanche, les écoles publiques peinent parfois à gérer des classes surchargées et des ressources limitées, laissant aux enseignants moins d’opportunités d’apporter une attention individualisée.

Cependant, même dans les écoles privées, les sciences restent les matières susceptibles de provoquer le plus d’anxiété. Les parents investissent massivement dans des cours supplémentaires, des tuteurs privés et des formations le week-end, dans l’espoir d’améliorer les performances de leurs enfants. Ce cycle renforce l’idée que les sciences nécessitent un effort extraordinaire par rapport aux autres matières.

Briser le mythe

L’argument du ministre Nsengimana – selon lequel les sciences sont en réalité les matières les plus faciles – peut sembler radical, mais il repose sur une vérité simple : les sciences fonctionnent selon des règles qui changent rarement.

En mathématiques, les principes d’addition, de soustraction et d’algèbre demeurent constants. Les lois de la physique – comme celles de Newton – ne fluctuent pas avec le temps ou le lieu. Les réactions chimiques peuvent nécessiter de la mémorisation, mais les schémas sont prévisibles et répétables.

Les langues, en revanche, regorgent d’exceptions. En anglais, par exemple, les règles d’orthographe s’effondrent souvent (“i avant e sauf après c” – jusqu’à ce que vous rencontriez des mots comme étrange ou science). L’histoire et la littérature exigent interprétation et mémorisation d’événements, d’opinions et de contextes, variant selon les sources.

“Dans le passé, certains de nos enseignants en sciences se moquaient de nous en disant que nous n’étions pas capables de réussir leurs matières”, se souvient un ami. “De telles affirmations nous ont démoralisés et nous avons fini par échouer.”

Dans certains cas, on dit aux enfants que la science est difficile même avant qu’ils ne commencent. “Si nous inversions ce récit – si nous leur disions que les sciences sont les plus faciles – ils les aborderaient avec confiance au lieu de peur”, affirme Alex Muhizi, enseignant en sciences.

L’avis des experts

Muhizi s’accorde à dire que la perception joue un rôle majeur. “Lorsqu’un élève entend de la part de ses parents, de ses frères et sœurs, et même de ses enseignants que la science est dure, cela devient une prophétie auto-réalisatrice. Ils vont en cours déjà défaits”, explique-t-il.

Il souligne que la méthode d’enseignement compte tout autant que le contenu. “Nous devons rendre la science pratique. Un enfant qui apprend la photosynthèse dans un manuel peut l’oublier, mais s’il plante des haricots et observe les feuilles devenir vertes, il ne l’oubliera jamais. Le problème n’est pas la science – c’est la manière dont elle est enseignée”, argue-t-il.

Cette opinion trouve un écho à l’échelle mondiale. Un rapport de l’UNESCO sur l’éducation scientifique en Afrique a mis en avant que les pays investissant dans des expériences pratiques, un apprentissage par projet et la formation des enseignants enregistrent de meilleures performances dans les matières STEM. Par exemple, le Ghana a récemment modernisé son programme de sciences au niveau secondaire pour privilégier l’apprentissage par l’enquête, entraînant des améliorations notables des résultats aux examens.

Une perspective mondiale

Rwanda n’est pas le seul à connaître des difficultés avec la perception des sciences difficiles. À travers l’Afrique et au-delà, les mathématiques et la physique sont régulièrement citées comme les plus grands obstacles pour les élèves. Au Nigéria, seulement environ 30 % des étudiants du secondaire réussissent les mathématiques lors des examens nationaux. En Inde, malgré sa réputation de producteur d’ingénieurs, des millions d’élèves dépendent encore du soutien privé pour réussir la physique et la chimie.

En revanche, la Suisse – souvent louée pour son solide pipeline STEM – attribue son succès à une exposition précoce aux sciences pratiques. Les enfants y apprennent le codage de base, construisent des machines simples et expérimentent avec des objets du quotidien à l’école primaire. Lorsqu’ils atteignent le secondaire, les sciences semblent naturelles plutôt qu’imposantes.

Le ministre Nsengimana a suggéré que le Rwanda emprunte une voie similaire : donner confiance aux élèves dans les sciences dès les premières étapes.

Repenser l’enseignement des sciences au Rwanda

Les remarques du ministre ont déclenché des discussions au sein des cercles éducatifs sur les réformes pratiques. Les suggestions incluent :

  • Exposition précoce : Introduire des expériences ludiques à l’école primaire plutôt que d’attendre les niveaux supérieurs.
  • Formation des enseignants : Fournir aux enseignants des méthodes modernes qui rendent les sciences engageantes plutôt qu’abstraites.
  • Apprentissage par la pratique : S’assurer que les écoles disposent de laboratoires fonctionnels et de matériels – même des solutions locales à faible coût peuvent faire la différence.
  • Changement de récit : Promouvoir activement le message que les sciences sont accessibles et agréables, plutôt que d’insurmontables défis.

Déjà, l’Autorité nationale des examens et de l’inspection des écoles (NESA) et la Rwanda Education Board (REB) envisagent d’intégrer davantage de projets pratiques dans les examens nationaux, récompensant les élèves non seulement pour leur mémorisation mais aussi pour leur capacité à appliquer leurs connaissances de manière créative.

Pourquoi cela compte

Les enjeux sont élevés. La Vision 2050 du Rwanda dépend fortement de la construction d’une économie fondée sur la connaissance, alimentée par la technologie, l’innovation et les industries scientifiques.

De la technologie des drones et des énergies renouvelables à la recherche médicale et à l’intelligence artificielle, l’avenir appartient à ceux qui maîtrisent les STEM.

Cependant, les parents ont également un rôle à jouer. Au lieu de renforcer la peur, ils peuvent encourager la curiosité – que ce soit en aidant leurs enfants à résoudre des énigmes, à construire des outils simples, ou même en leur demandant d’expliquer des concepts scientifiques avec leurs propres mots.

Changer le récit

La croyance selon laquelle les sciences sont “trop difficiles” a peut-être perduré pendant des générations, mais ce n’est pas une vérité immuable. L’intervention du ministre Nsengimana rappelle que la peur provient souvent davantage de la perception que de la réalité.

Alors que le Rwanda réfléchit aux derniers résultats d’examens et planifie des réformes futures, le message est clair : les sciences ne sont pas l’ennemi. Au contraire, elles sont le langage le plus universel que nous possédons – où 1 + 1 sera toujours égal à 2, peu importe la saison, le temps ou les circonstances.

Peut-être que le véritable défi n’est pas que les sciences soient difficiles, mais que, pendant trop longtemps, nous nous soyons raconté la mauvaise histoire. Comme l’a rappelé le ministre : il est temps de raconter une nouvelle histoire.

Si nos enfants continuent à craindre les sciences, nous ne pourrons pas construire la nation que nous envisionnons. Nous devons changer le récit MAINTENANT.

Notre Opinion Tech

En tant qu’observateur de l’éducation et de l’innovation, il est essentiel de se pencher sur l’approche de l’enseignement des sciences au Rwanda. La nécessité d’intégrer des méthodes d’enseignement interactives et engageantes est primordiale. L’idée qu’il suffit de modifier la perception des élèves pour améliorer leurs performances est prometteuse, mais elle doit s’accompagner d’actions concrètes et de réformes au niveau pédagogique. Éduquer les jeunes générations à aborder les sciences avec confiance pourrait non seulement transformer le paysage éducatif, mais également propulser le Rwanda vers une économie basée sur la connaissance.


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4 thoughts on “Les matières scientifiques sont-elles vraiment difficiles ? Le ministre Nsengimana dit non !”
  1. Serge, j’adore ta perspective sur les sciences. C’est vrai que changer notre perception peut vraiment aider les élèves à s’épanouir dans ces matières. Inspirant !

  2. Il est intéressant de voir comment la perception des sciences peut influencer l’apprentissage. Peut-être qu’en rendant ces matières plus accessibles, on encouragera plus d’élèves à les aimer!

  3. Il est fascinant de voir combien la perception peut influencer l’apprentissage des sciences. Avec des méthodes d’enseignement plus engageantes, nos petits pourraient redécouvrir le plaisir d’apprendre!

  4. Serge, j’adore votre analyse ! Redéfinir la peur des sciences est essentiel. Les enfants ont besoin de confiance pour embrasser ces matières fascinantes. Continuons à changer ce récit !

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