“Ne t’énerves pas si souvent” – une phrase familière pour beaucoup. Le professeur en psychologie médicale, Manfred Schedlowski, de l’Université d’Essen, consacre depuis des décennies ses recherches au stress et à l’agitation ainsi qu’à leurs répercussions sur notre corps et notre esprit. Il partage des techniques pour identifier les schémas d’agitation courants et adopter progressivement une approche plus sereine dans notre quotidien.
Quand nous nous irritons, un processus complexe se déclenche dans notre corps. Manfred Schedlowski explique : “Ce sont différents processus activés par notre cerveau.” Avant d’éprouver des réactions de stress, l’agitation traverse plusieurs étapes dans notre cerveau. D’abord, les signaux sont traités dans le cortex préfrontal, le centre de la pensée. Ensuite, ces signaux se dirigent vers l’amygdale, le centre émotionnel qui évalue la situation. Enfin, le rôle du système hypothalamique entre en jeu, établissant le lien entre le cerveau et les réactions corporelles, ce qui entraîne alors les réponses au stress.
Les réactions physiques typiques incluent :
L’irritation aiguë n’est pas toujours néfaste, elle peut parfois stimuler temporairement le système immunitaire :
Une excitation aiguë peut être bénéfique car elle prépare par exemple le système immunitaire.
Le professeur fait état d’une augmentation des jours d’incapacité de travail liés aux charges psychologiques au cours de la dernière décennie. “Nous constatons une hausse exponentielle de ces jours d’absence auprès des caisses d’assurance maladie”, déclare-t-il.
Parmi les changements notables des dernières années, il identifie :
- Une surcharge d’informations de plus en plus importante;
- Une vitesse et une densité accrues des informations;
- De nombreux sujets négatifs en toile de fond (ex: conflits actuels en Europe).
Ces circonstances agissent comme des facteurs de stress permanents. En plus, le sentiment d’impuissance aggrave ce stress :
Le sentiment de perte de contrôle est un facteur de stress significatif. Si nous pensons que nous ne pouvons rien changer, cela accentue le stress.
Notre perception du stress dépend de notre évaluation intérieure. Schedlowski parle du modèle transactionnel du stress :
Chacun possède un système de filtrage mental permettant de traiter les stimuli externes.
Essentiel est le second filtre d’évaluation :
- Quelles capacités ai-je pour gérer cette pression ?
- Si je me dis “je peux gérer”, la situation prendra un caractère de défi.
- Si je pense “je ne vais pas y arriver”, la situation sera perçue comme menaçante.
Les distinctions classiques entre “stress positif et négatif” ne sont plus tenues pour valables ; ce qui est positif pour une personne peut être terrifiant pour une autre.
Points à retenir
- Identifiez vos schémas de réaction face aux stimulations corporelles.
- Incorporez des activités physiques dans votre routine pour atténuer le stress.
- Préférez des techniques de respiration pour apaiser le système nerveux.
- Brisez la routine pour stimuler de nouvelles perspectives.
- Utilisez des mantras ou des déclarations positives pour mieux gérer vos pensées.
En somme, la gestion du stress n’est pas un voyage à sens unique mais un chemin d’apprentissage personnel. Pour ma part, chaque effort pour mieux appréhender ces stimuli est une victoire, une opportunité de croissance et une chance de cultiver la sérénité intérieure. Qui parmi nous ne peut pas bénéficier d’une dose de calme dans ce monde trépidant ? Échangeons nos expériences, et ensemble, réfléchissons à la manière dont nous pouvons tous avancer vers une vie plus sereine.
