Les syndicats ayant des représentants à l’Agence État de Météorologie (Aemet) – UGT, CCOO et CSIF – ont décidé de deux jours de grève pendant la Semaine Sainte. Ces actions, programmées pour le 29 mars et le 3 avril, dureront 24 heures chacune, auront un impact sur le trafic aérien ainsi que sur les prévisions météorologiques nécessaires aux vols.
Cette décision a été prise jeudi, en coïncidence avec une manifestation à la délégation territoriale de l’Aemet en Cantabrie, comme l’a signalé Carmen Ruiz, déléguée UGT et présidente de la Commission du Personnel de l’Administration Générale de l’État (AGE) en Cantabrie.
Avant cela, les syndicats organiseront également une manifestation le jeudi 26 mars, de 11h à 12h, devant le siège du Ministère de la Transition Écologique et du Défi Démographique (Miteco), pour exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de «nulle volonté de négociation» de la part du ministère concernant leurs revendications. Cette action mettra fin à une série de mobilisations menées depuis décembre devant différentes antennes de l’organisme public.
Javier Chamorro, secrétaire général de la section syndicale de FSC-CCOO à la Transition Écologique et au Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (MAPA), a insisté dans des déclarations à Europa Press sur la nécessité pour Miteco de préciser par écrit comment seront utilisés les 40 millions d’euros alloués pour renforcer les effectifs de l’agence météorologique et des Confédérations Hydrographiques à travers une offre de recrutement public exceptionnelle.
Les syndicats demandent notamment un document formalissant l’engagement concernant l’amélioration de l’emploi et des salaires, ainsi que la négociation de la nouvelle réglementation sur les horaires spéciaux. Ils souhaitent également le retrait ou le report de mesures comme la limitation du télétravail au sein du Service National de Prévision et l’impossibilité d’accumuler des quarts de travail, jusqu’à ce qu’il y ait un effectif suffisant. «Cela nous permettrait d’avancer, de revenir aux tables de négociation et de surmonter la situation de blocage actuelle», a souligné Chamorro.
Il a également précisé que les syndicats subordonnent la suspension de la grève à l’existence d’un véritable processus de négociation, sans clairement demander un nombre précis de recrutements, mais en exigeant des engagements de la part du ministère pour ensuite retourner à la table des discussions.
Chamorro a également appelé à une implication de la direction d’Aemet dans les négociations. «Tout ne peut pas dépendre du rôle que peut jouer Hugo Morán en tant que secrétaire d’État de l’Environnement», a-t-il déclaré.
Selon lui, ce conflit est «complètement inutile» et aurait pu être évité, sauf pour la rigidité d’imposer certaines conditions à un personnel déjà éprouvé et lassé. Dans ce sens, il rappelle que le Plan Stratégique d’Aemet «ne pourra pas être mis en œuvre sans la volonté de la main-d’œuvre», qui participe activement à toutes les manifestations.
La direction affirme sa «volonté de dialogue»
Pour sa part, la direction d’Aemet a affirmé à Europa Press qu’elle respecte toute décision liée à la convocation d’une grève, tout en continuant les négociations et en maintenant sa volonté de dialogue pour parvenir à des accords avec les syndicats. Concernant la grève, elle a rappelé que des services minimums seront assurés conformément à la législation en vigueur pour garantir la bonne fourniture du service.
La suppression des tournées de 24 heures habituelles et la réduction du télétravail dans les centres du Système National de Prévision devraient intervenir à partir de ce printemps, lorsque de nouveaux fonctionnaires du corps spécifique de météorologie entreront en fonction, selon des sources d’Aemet.
Dans un document auquel Europa Press a eu accès, l’organisme public a communiqué aux employés que, bien que les quarts de 24 heures soient considérés comme «exceptionnels», ils sont devenus de facto la manière habituelle d’organisation dans plusieurs centres de prévision. Il signale également des preuves scientifiques montrant que des périodes prolongées de travail sans repos diminuent la capacité de concentration, compliquent l’analyse et augmentent le risque d’erreurs.
De plus, il est mentionné que le télétravail, étendu à Aemet suite à la pandémie de COVID-19, «réduit la robustesse du service» face à des situations telles que des coupures de courant, des défaillances des communications domestiques ou d’autres problèmes techniques échappant au contrôle direct de l’organisme.
Points à retenir
- Des jours de grève ont été programmés pour le 29 mars et le 3 avril.
- Les syndicats réclament un engagement écrit sur l’embauche et les conditions de travail.
- Des manifestations sont prévues pour exprimer le mécontentement face à l’absence de négociation.
- Les syndicats conditionnent la suspension de la grève à un processus de négociation sincère.
- Des inquiétudes subsistent concernant les conséquences des longues heures de travail sur l’efficacité des employés.
Cette situation met en lumière les défis auxquels font face non seulement les travailleurs de l’Aemet, mais également l’ensemble des employés des services publics qui tentent d’équilibrer les exigences professionnelles et leur bien-être. La volonté de dialogue affichée par la direction est essentielle, mais elle devra se traduire par des actions concrètes pour apaiser les tensions. Il est primordial d’encourager un climat de négociation constructive, tant pour le bien des travailleurs que pour la qualité des services offerts à la société. À mon sens, nous avons l’opportunité de réfléchir sur ce que signifie vraiment l’engagement des employeurs – un véritable partenariat basé sur la confiance ou un simple rapport de force ? Une question que nous devons tous méditer.