lun. Août 17th, 2026

Une nouvelle étude de la Yong Loo Lin School of Medicine de Singapour remet en question notre compréhension de la santé et de la longévité. Elle s’intéresse à ce qui se passe entre les visites médicales, se concentrant sur la fonctionnalité plutôt que sur des indicateurs statiques.

Dirigée par le professeur Dean Ho, directeur de l’Institut de Médecine Digitale (WisDM) à NUS Medicine, cette recherche a une approche pour le moins originale, puisque Ho est le seul participant de l’étude.

L’étude

Publiée dans la revue PLOS One, l’étude intitulée “DELTA” repose sur l’idée que chaque individu possède un niveau biologique de base, susceptible d’évoluer avec le temps selon divers facteurs tels que l’âge, le stress, le sommeil, l’alimentation et l’exercice. Pour examiner ces changements, le groupe a mis en place plusieurs interventions dans le quotidien de Ho, notamment des périodes de jeûne d’environ 20 heures par jour, 90 minutes d’exercice physique, et un régime alimentaire axé sur les légumes, les graines et les protéines, tout en surveillant en temps réel sa réponse biologique.

«Nous avons engagé cette étude afin de mieux comprendre ce qui se produit entre deux consultations médicales, sur lesquelles la plupart des gens s’appuient pour évaluer leur santé. Il s’agit de dépasser les paramètres statiques et de se concentrer sur le fonctionnement et les modifications du corps en temps réel. Chacun d’entre nous est unique, mais nous évoluons également avec le temps. Chacun a son propre “DELTA”, un ensemble de données unique et en constante évolution qui illustre que la santé est une histoire, pas un instantané», explique Ho.

Les résultats de l’expérimentation

Un des résultats les plus marquants de l’étude concerne la flexibilité métabolique, c’est-à-dire la capacité du corps à brûler moins de glucides et davantage de graisses pendant les périodes de jeûne. Durant le suivi, le temps nécessaire à Ho pour effectuer cette transition a diminué, passant de plus de 24 heures à environ 16,5 heures.

Un autre constat concerne l’âge biologique, estimé à environ 32 ans par le système d’intelligence artificielle développé par l’équipe, alors que son âge chronologique est de 47 ans. Des changements notables dans la fonction cardiovasculaire ont également été observés : sa fréquence cardiaque au repos a chuté de 65 à 46 battements par minute.

En outre, on note une amélioration significative du sommeil. Auparavant, Ho s’endormait après minuit et ne dormait que cinq heures par nuit ; durant l’étude, il s’est couché plus tôt, vers 21 heures, et a augmenté son temps de sommeil à presque huit heures, avec davantage de sommeil profond. Des modifications ont également été constatées dans le microbiome intestinal. L’étude a également mis en lumière une bonne résilience de plusieurs biomarqueurs cardiométaboliques et inflammatoires soumis au stress du jeûne, tels que l’ApoB, l’ApoA, le rapport ApoB/ApoA, l’homocystéine et hs-CRP.

«L’étude “DELTA” représente un tournant vers une science de la longévité axée sur la fonctionnalité, mesurant la résilience physiologique plutôt que de se fier à des données statiques. Nous espérons que ce travail contribuera à redéfinir le concept de vieillissement sain et mettra en évidence le rôle croissant de Singapour comme pionnier dans la recherche personnalisée sur la longévité», conclut Ho.

Points à retenir

  • L’étude se concentre sur les changements biologiques individuels plutôt que sur des mesures statiques.
  • La flexibilité métabolique est un indicateur clé du fonctionnement corporel pendant le jeûne.
  • Le régime alimentaire et l’exercice ont un impact direct sur l’âge biologique.
  • Des améliorations notables dans le sommeil et la fonction cardiovasculaire sont observées.
  • La recherche souligne l’importance d’une approche personnalisée en matière de santé et de longévité.

En tant que passionné de santé et de bien-être, cette étude suscite en moi une réflexion profonde sur notre compréhension du vieillissement. C’est fascinant de voir comment des interventions simples peuvent modifier notre physiologie et potentiellement améliorer notre qualité de vie. L’avenir de la médecine personnalisée semble prometteur. Sommes-nous prêts à redéfinir notre rapport à la santé et à l’âge ?


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