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Par Shawn Whatley, 12 août 2025

Le secteur canadien des sciences de la vie est ancré dans des hypothèses dépassées. Bien que le panorama économique ait évolué, la mentalité au Canada n’a pas suivi. Les débats actuels continuent d’être nourris par des idées anciennes qui ne sont plus pertinentes.

Avant la COVID-19, le secteur reposait sur l’externalisation mondiale et un inventaire juste-à-temps ; avant Trump, il s’accrochait aux recherches et développements (R&D) américains en se concentrant principalement sur les échanges avec les États-Unis.

Les discussions autour des dépenses en R&D pharmaceutiques illustrent ce problème. Bien que les chiffres gouvernementaux et industriels diffèrent, tous s’accordent à dire que la part du Canada représente moins d’un pour cent des dépenses mondiales. Si le Canada était réellement un leader mondial en R&D, ces débats n’existeraient pas, et les entreprises seraient en compétition pour investir au Canada.

Beaucoup espèrent un retour au statu quo ancien, croyant que les tarifs abandonneront et que les pandémies resteront rares. Mais voici la réalité : même avant ces chocs, le Canada n’était pas un innovateur mondial dans les sciences de la vie. Désormais, les tarifs ont obligé un bilan incontournable dans un secteur dont la pensée s’était figée.

Pour avancer, il faut agir sur plusieurs fronts. Cela comprend la simplification des régulations, la suppression des barrières commerciales interprovinciales, l’élaboration d’une stratégie nationale de compétitivité, le soutien au capital d’innovation, le désengagement de la production physique des actifs incorporels, et l’exploitation d’accords internationaux comme l’Accord OTC de l’OMC.

Complexité réglementaire

Si la stabilité économique est fondamentale, alors Trump mérite d’être blâmé pour avoir détruit le statu quo. Mais cela pose la question : le statu quo valait-il la peine d’être défendu ?

Le Canada a longtemps protégé son industrie pharmaceutique de la concurrence sur le marché. Les prix des médicaments prescrits sont en moyenne 229 % plus élevés aux États-Unis qu’au Canada (324 % pour les marques et 39 % pour les génériques non marqués). Le marché pharmaceutique canadien a été évalué à 51,56 milliards de dollars américains en 2024, dans un marché mondial de 1,65 trillion de dollars. Bien que le Canada soit signataire des accords de libre-échange mondiaux de l’OMC, nous continuons d’utiliser des contrôles de prix de substitution, une complexité réglementaire, et des lois sur la propriété intellectuelle pour restreindre la participation étrangère.

Nous utilisons une approche d’achats centralisés pour garantir des prix nettement inférieurs à ceux qui seraient obtenus sur un marché ouvert. Cela pousse les fabricants américains à récupérer leurs coûts de R&D auprès des clients américains. La récente politique des États-Unis de Nation la Plus Favorisée cherche maintenant à inverser cette situation en imposant que les patients américains voient les prix les plus bas disponibles sur des marchés comparables. Reste à savoir ce que cela entraînera pour la disponibilité des médicaments.

Les experts Nigel Rawson et John Adams ont abondamment écrit sur le sujet. Ils soutiennent que le Conseil d’examen des prix des médicaments brevetés (PMPRB) est un organisme de réglementation redondant. Le Canada crée des obstacles onéreux pour les entreprises pharmaceutiques devant se conformer à trois agences distinctes : l’Agence canadienne des médicaments (anciennement Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé), la Coalition pancanadienne des médicaments (pCPA), et le PMPRB. Ce processus d’approbation entraîne des retards et nuit aux patients. Nous devrions travailler à réduire les obstacles à l’approbation de nouveaux médicaments.

Commerce interprovincial

Les barrières commerciales interprovinciales ont attiré de nouvelles attentions ces derniers mois.

Le commerce entre les provinces canadiennes représentait 27 % du PIB en 1981, mais a chuté à 18 %. L’Accord de libre-échange canadien de 2017 (CFTA) – censé moderniser le commerce interne – a été lent à éliminer les barrières.

Une enquête récente menée par BDO Canada auprès de 201 responsables d’entreprises a révélé des obstacles clés : tarifs, fiscalité, logistique, réglementation incohérente, problèmes de mobilité de la main-d’œuvre, et lacunes d’infrastructures. L’harmonisation provinciale et l’alignement réglementaire pourraient faciliter le commerce et réduire les barrières.

Stratégie de compétitivité

Le Canada excelle dans la recherche en sciences fondamentales, se classant 5ème mondialement parmi 169 pays, mais est à la traîne dans la traduction de la recherche en produits et services commercialisables. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le Canada se situe au 14ème rang sur 133 pays dans son indice mondial de l’innovation.

Capital d’innovation

Les régions performantes ne font pas appel à des stratégies de compétitivité. Elles créent simplement les conditions propices à l’innovation, soutenues par une culture de confiance, de curiosité, et de prise de risque.

Découpler production physique et création de valeur

Une stratégie commerciale, développée lors des guerres commerciales des années 1990, consiste à dissocier la production physique de la valeur intangible : séparer les coûts de fabrication des éléments comme la R&D, le branding, et la conformité réglementaire.

Propriété intellectuelle

L’Accord de 1994 sur les médicaments de l’OMC offre une opportunité unique en matière de propriété intellectuelle (PI) et du droit des brevets canadien.

Conclusion

Les politiques « America First » de Trump offrent une occasion au Canada d’améliorer son environnement réglementaire, en particulier dans les sciences de la vie. Des défis de longue date, autrefois trop coûteux à traiter, demandent désormais une action rapide.

Notre Opinion Tech

Il est temps pour le Canada de revoir en profondeur son approche législative et stratégique, notamment dans le secteur des sciences de la vie. En adaptant notre cadre réglementaire pour favoriser l’innovation, nous avons l’opportunité de créer un écosystème propice à la créativité et à la collaboration. Plutôt que de se concentrer sur la potiaction, il est essentiel de promouvoir une culture où les acteurs des sciences de la vie peuvent prospérer sans être entravés par une bureaucratie excessive. Un changement de mentalité, axé sur la coopération et l’innovation, pourrait bien nous positionner en tant que leaders sur la scène mondiale.

Bon à savoir : Il est intéressant de noter que la croissance du secteur des sciences de la vie peut aussi avoir des répercussions sur d’autres domaines économiques, comme la technologie et la santé publique. Adopter une vision intégrée pourrait permettre de multiplier les bénéfices à long terme.


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