lun. Juin 29th, 2026

Onur Alici, un jeune de 27 ans, a suivi la voie classique après son baccalauréat : il a opté pour des études en mathématiques à l’Université d’Essen, motivé à la fois par sa passion pour la discipline et les conseils des experts du marché du travail, qui encouragent les jeunes à se diriger vers des filières MINT (Mathématiques, Informatique, Sciences Naturelles, Techniques). Cela étant dit, il est aussi conscient des défis liés à la retraite imminente de la génération baby-boom créant un besoin croissant de main-d’œuvre qualifiée.

Depuis qu’il prévoit d’achever son master en décembre 2025 avec une note de 1,4, Onur rencontre des difficultés pour entrer sur le marché du travail. « C’est vraiment frustrant, même si je tends à rester positif », confie-t-il. Il a récemment passé un entretien dans une grande compagnie d’assurance à Cologne. « J’espère que cela portera ses fruits, car ce serait formidable », ajoute-t-il.

Quoi qu’il en soit, le parcours vers l’emploi est actuellement ardu pour de nombreux jeunes diplômés. « Je n’ai même pas pu obtenir un stage, et plusieurs de mes camarades de classe ont également rencontré des difficultés similaires, même s’ils ont réussi à trouver un emploi ailleurs en Allemagne », souligne Onur, qui travaille temporairement dans un restaurant.

De nombreux facteurs expliquent la situation actuelle

Mais pourquoi tant de jeunes diplômés rencontrent-ils tant de difficultés pour trouver un emploi après leurs études ? Axel Plünnecke, expert du marché du travail à l’Institut de l’économie allemande à Cologne, confirme les expériences d’Onur.

« Entre mai 2022 et mai 2023, il y a eu un vide important dans le secteur MINT, particulièrement en ingénierie et en informatique. Bien que les ingénieurs du bâtiment et en électricité aient encore de bonnes perspectives, la recherche peut prendre un peu plus de temps », précise Plünnecke. La situation actuelle du marché du travail est complexe : le pays connaît un manque de croissance depuis trois ans et l’industrie fait face à des défis qui entraînent la perte d’emplois, notamment dans les secteurs de la mécanique et de l’automobile.

Plusieurs crises contribuent à cette situation. Parmi celles-ci, Plünnecke mentionne : « Les conflits en Russie et au Moyen-Orient, des droits de douane accrus, des prix de l’énergie élevés et une concurrence faussée par la Chine. Cela a poussé l’industrie allemande à réduire ses capacités, même pour des produits de qualité, face à des perspectives de vente moins favorables sur des marchés étrangers. » En conséquence, les entreprises hésitent à investir en Allemagne.

Bien que la situation soit difficile pour les jeunes diplômés, Plünnecke reste optimiste quant à un retournement prochain. « Ceux qui cherchent du travail à l’échelle nationale finiront par trouver des opportunités », croit-il. Avec la stabilisation de la situation internationale et l’implémentation des investissements gouvernementaux, il estime que les commandes de l’industrie devraient augmenter. De même, des besoins émergeront dans l’industrie de la défense et dans le secteur de la transition énergétique, ainsi qu’un besoin croissant d’experts en informatique pour la digitalisation des administrations.

Penser à une carrière d’enseignant

Plünnecke conseille aux jeunes diplômés comme Onur de considérer une carrière dans l’enseignement, car la demande y est présente pour des enseignants en mathématiques, même si cela nécessite l’obtention d’un deuxième diplôme. La flexibilité s’avère donc essentielle pour les jeunes d’aujourd’hui.

Onur demeure optimiste et espère avoir marqué des points lors de son entretien à Cologne. Toutefois, il envisage des alternatives avec un Plan B et un Plan C. « Je pourrais envisager un doctorat à Hagen, et je n’écarte pas la possibilité d’enseigner dans un lycée, étant donné mon expérience en tant qu’assistant académique à l’université », indique-t-il.

Pas de reconversion dans la gastronomie

En attendant de prendre une décision définitive, Onur continue à travailler dans le secteur de la restauration à Wesel. Cependant, il exclut une reconversion complète dans ce domaine, sachant que cette branche rencontre aussi ses propres difficultés, mais c’est une autre histoire.

Points à retenir

  • De nombreux jeunes diplômés rencontrent des obstacles pour entrer sur le marché du travail, exacerbés par la situation économique actuelle.
  • Le manque de stages disponibles concerne de nombreux étudiants, mettant en lumière un besoin de renforcement des dispositifs d’accompagnement.
  • Les crises internationales et les défis économiques affectent négativement les perspectives d’emploi en Allemagne.
  • Un retournement potentiel du marché pourrait se produire avec des investissements ciblés et une stabilisation internationale.
  • Le secteur de l’éducation pourrait offrir des opportunités aux jeunes diplômés, notamment dans l’enseignement des mathématiques.

En tant qu’observateur passionné de l’évolution du marché de l’emploi, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’adéquation de l’éducation et des compétences des diplômés par rapport aux besoins réels des entreprises. Il est essentiel d’initier un dialogue entre les établissements d’enseignement et le secteur privé pour mieux aligner les formations dispensées avec les exigences du marché. La situation d’Onur Alici est révélatrice d’un problème plus vaste qui mérite une réflexion approfondie et collective.


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