La course à la présidence de la FIA prend une tournure inattendue cette semaine avec l’annonce de la candidature de la pilote suisse Laura Villars.
Alors que le scrutin semblait se résumer à un duel entre le président sortant Mohammed Ben Sulayem et son rival Tim Mayer, cette nouvelle candidature vient pimenter la campagne.
Cette déclaration, inattendue tant par son timing que par l’absence de Villars des pronostics initiaux, pourrait bien compliquer la situation de Mayer, qui voit ainsi sa base de soutien potentiellement divisée.

Longtemps, l’hypothèse d’un seul challenger capable de rassembler les forces opposées à Ben Sulayem semblait la seule stratégie viable. À présent, la présence simultanée de Mayer et Villars risque de morceler les voix désirant une vraie réforme.
Une candidature intégrée à une équipe solide

Laura Villars reconnaît volontiers que, pour une jeune femme, postuler à la présidence de la FIA est plutôt inhabituel. Pourtant, elle explique que sa décision s’appuie sur un travail en coulisses durant plusieurs mois, avec la constitution d’une équipe d’experts issus du milieu du sport automobile.
“Cela fait plusieurs mois que je débat avec mon équipe”, explique-t-elle. “J’ai choisi des personnes expérimentées déjà impliquées dans le système.”
Elle insiste pour souligner que sa campagne ne relève pas d’un défi solitaire, mais bien d’un effort collectif soutenu par plusieurs clubs, même si ceux-ci préfèrent pour l’instant rester discrets.
“Je suis entrepreneure de nature, et j’estime que c’est le bon moment pour me lancer, entourée d’une équipe solide. Je ne me présente pas seule. Nous révélerons bientôt qui nous soutiennent.”
Une vision rafraîchissante et ambitieuse
À 28 ans, Laura Villars est la candidate la plus jeune et la première femme à briguer cette fonction prestigieuse. Face à ses concurrents quinquagénaires, elle incarne une nouvelle génération.
Elle considère que sa jeunesse et son genre, loin d’être des obstacles, sont des atouts pour impulser des changements.
“Je veux apporter une nouvelle perspective et briser les barrières traditionnelles”, affirme-t-elle. “Je suis inspirée par des figures comme Susie Wolff ou Michèle Mouton, qui ont ouvert la voie. Aujourd’hui, ma candidature semble inhabituelle, mais peut-être cela deviendra-t-il la norme demain.”
Le soutien des clubs, un enjeu crucial
Le processus électoral a déjà démarré et sera fixé le 12 décembre. Les candidats doivent franchir plusieurs étapes, notamment la désignation de leurs vice-présidents sportifs pour le Conseil mondial du sport automobile (WMSC), et la soumission d’une liste présidentielle représentative, avant fin octobre.
Villars admet que ses formalités administratives avancent bien, mais le secret reste de mise sur l’identité des soutiens officiels. Elle confie néanmoins avoir reçu un accueil très favorable de nombreux clubs enthousiasmés par l’arrivée d’une nouvelle génération.
“J’ai discuté avec plusieurs clubs, sans nommer encore qui”, explique-t-elle. “Ils apprécient notre volonté de transparence et d’ouverture, c’est un point qui leur tient à cœur.”
Un regard tourné vers l’avenir

Si Tim Mayer a engagé sa campagne avec des critiques ouvertes envers la présidence actuelle, Villars préfère ne pas s’attarder sur les erreurs passées.
“Je ne commente pas le passé. Pour moi, le plus important, c’est le futur, et là où nous mettrons toute notre énergie.”
Parcours sportif à l’appui, avec des participations en Formula 4 en Arabie Saoudite, en Ferrari Challenge Europe et dans la Ligier European Series, Laura Villars souhaite aussi renforcer l’accompagnement des clubs et placer la FIA en pionnière de la mobilité durable et de la sécurité routière.
“Ma priorité est d’instaurer plus de démocratie, essentielle à une bonne gouvernance,” conclut-elle.
Pour cette candidate atypique, réussir serait un véritable tournant pour la FIA, symbolisant un souffle neuf et une diversité bienvenue.
Points à retenir
- Laura Villars interpelle par sa jeunesse et son profil de pilote active, rompant avec l’image classique du dirigeant sportif.
- Son entrée en lice divise potentiellement les voix des opposants à Ben Sulayem, au risque d’affaiblir leur position collective.
- La campagne s’appuie sur une équipe d’experts confirmés, traduisant un projet structuré et réfléchi.
- Le soutien des clubs membres reste un élément déterminant, porté par un désir affiché de transparence et de renouveau.
- Villars défend une vision tournée vers la modernité, la démocratie interne et le développement durable.
- Son refus de critiquer frontalement l’actuelle présidence illustre une stratégie davantage constructive que polémique.
Cette candidature étonnante pourrait bien relancer le débat autour du renouvellement des instances du sport automobile. Reste à savoir si l’esprit conservateur en place saura digérer le souffle d’air frais annoncé, ou s’il accueillera cette représentation féminine et cette jeunesse comme un simple grain de sable dans un moteur déjà bien rôdé. On se laisse volontiers surprendre – à condition que les votes ne se transforment pas en une bataille d’égos.
Et puis, entre nous, je trouve qu’une présidente à 28 ans, ça ferait presque trop de changement d’un coup… Mais bon, le sport, c’est aussi fait pour bousculer les règles, non ? Qui sait, on pourrait même finir par aimer ça !
