«À Barcelone, nous avons changé l’aileron avant. Puis, nous avons légèrement modifié la direction pour résoudre le problème lié à ce changement, mais depuis, on a fait un grand pas en arrière. La voiture n’est plus aussi plaisante à piloter qu’avant ; elle manque de stabilité à l’arrière, alors qu’au début de l’année tout allait bien mieux. Je pense que Kimi et moi faisons plus d’erreurs parce que la voiture est plus difficile à conduire.»
Ce constat amer vient de George Russell après un Grand Prix de Belgique décevant. Alors que Max Verstappen dominait la course, le Britannique n’a pas souffert autant que Kimi Antonelli, relégué en fin de peloton après une qualification ratée. Le jeune Italien, visiblement affecté, a exprimé son manque de confiance devant la presse le samedi soir.
«C’est un moment compliqué, a regretté l’ex-pilote Prema en F2. Je crois que nous connaissons les limites de la voiture depuis un moment, mais ma façon de piloter aggrave le problème, ce qui réduit encore plus ma confiance dans la voiture.»
Face à ces difficultés, Andrew Shovlin, pilier du développement chez Mercedes, s’est confié à la presse après le Grand Prix. Conscients que la W16, pourtant stable et consistante en début de saison, montre désormais des faiblesses, les ingénieurs de Brackley préparent des ajustements.
Mercedes prépare des ajustements
« Au début de la saison, nous avions une voiture qui performait bien sur presque tous les circuits. Nous étions régulièrement en lutte pour la deuxième ou même la première ligne, a expliqué Shovlin dimanche. Il est probable que tout le monde s’accorde à dire que le changement de réglementation concernant l’aileron avant n’a pas amélioré la stabilité. Pourtant, ce réglage fonctionnait à Montréal. Les autres équipes semblent mieux équilibrer leurs voitures désormais. Nous finirons par trouver une solution. »
Cette déclaration établit un lien plausible entre la rigidité imposée aux ailerons avant depuis le Grand Prix d’Espagne et la perte de vitesse de la Mercedes W16 durant la phase européenne. Pour l’ingénieur en chef, le problème est plus profond et plus global.
« Nous analysons toutes les évolutions apportées au design du véhicule ces dernières courses, a-t-il détaillé. Ce n’est pas seulement l’aileron avant qui a changé, et je suis convaincu que nous pouvons encore apprendre. L’objectif est donc de passer les prochaines courses à comprendre pourquoi nous avons ce souci de stabilité dans les virages. »
George Russell et Kimi Antonelli auront voix au chapitre dans cette quête de solutions. « Il est possible que nous envisagions de modifier certains aspects de la voiture pour Budapest, a ajouté Shovlin. Une réunion avec les pilotes est prévue demain pour revoir les évolutions de l’année et s’assurer que nos efforts se concentrent sur les bons problèmes, et non pas juste sur des changements inutiles. »
En si peu de temps, Mercedes saura-t-elle faire preuve de la lucidité nécessaire pour proposer une correction efficace avant le prochain Grand Prix ? Quoi qu’il en soit, vendredi prochain, la W16 devra être prête à fouler l’asphalte de Budapest.
Points à retenir
- Mercedes souffre depuis l’introduction de la nouvelle réglementation sur l’aileron avant, compromettant la stabilité arrière du W16.
- George Russell et Kimi Antonelli peinent à retrouver confiance, ce qui se traduit par plus d’erreurs en piste.
- Andrew Shovlin, figure respectée du développement chez Mercedes, confirme la nécessité de revoir en profondeur le design sans se limiter à l’aileron avant.
- La communication entre pilotes et ingénieurs est au cœur de la prochaine phase de recherche de solutions.
- Le choix de Budapest comme terrain d’essai arrive à point nommé avec son tracé exigeant en termes de stabilité en courbes.
En fin de compte, on pourrait se demander si Mercedes n’a pas fait du « pas en arrière » une discipline à perfectionner cette saison. Après tout, reculer parfois, c’est peut-être la meilleure façon de prendre son élan… ou pas. Reste à voir si la magie opérera à Budapest ou si la W16 continuera à faire tourner les têtes de ses pilotes pour de mauvaises raisons. Moi, je reste aux avant-postes, prêt à savourer ce feuilleton technique avec un brin d’ironie et beaucoup de curiosité.