mer. Juil 15th, 2026
La F1 soutient la vraie F1 : La Formula E fait son chemin!

Le vendredi dernier, la Formule E, Cupra et la mairie de Madrid ont annoncé l’arrivée de la Formule E au Circuito del Jarama, prévu pour le 21 mars. L’événement s’est tenu en présence de José Luis Rodríguez Almeida, affirmant que le championnat de monoplaces électriques a trouvé sa place en Espagne, aux côtés de la Formule 1 cette année.

La marque espagnole Cupra, également sponsor principal de l’événement, sera représentée par Pepe Martí. Ce pilote émergeant de l’automobile espagnole fait le saut de la Formule 2 à la Formule E, impressionnant par ses performances initiales, marquant des points lors de deux des trois premières courses.

El Confidencial a interviewé Alberto Longo, cofondateur de la Formule E avec Alejandro Agag. Au cours de cet échange, il a discuté de l’évolution et de l’état du championnat, des raisons de son absence en Espagne jusqu’à présent, et de l’impact de l’arrivée à Madrid et au Circuito del Jarama.

Longo, Agag et Jeff Dodds, co-fondateurs et actuel CEO de la Formule E. (AFP7)

P. Pourquoi la Formule E n’est-elle pas venue plus tôt en Espagne, alors que le pays a une forte présence dans son ADN, avec des figures comme Alejandro Agag et vous-même ? Est-ce lié à des considérations politiques ou à d’autres réserves ? La Formule E est d’essence urbaine, mais elle se déplace au Circuito del Jarama.

R. Nous souhaitions que la Formule E soit suffisamment mûre pour garantir un succès indiscutable, que nous sommes en train de connaître. À l’approche de la course, environ 75 à 80 % des billets sont vendus, tous nos espaces de hospitalité sont complets, et pour les fans, de nombreuses activations sont prévues avec nos partenaires mondiaux. Cupra, évidemment, est le partenaire le plus significatif pour Madrid, mais d’autres sponsors ont également jeté leur dévolu sur cet événement.

Madrid est en plein essor, tout comme la Formule E, qui compte désormais 420 millions de téléspectateurs dans 192 pays, et qui est le seul sport global certifié B Corp pour son impact environnemental. Nous nous réjouissons de nos accomplissements malgré notre jeune âge, puisque nous n’existons que depuis 11 ans. C’est le moment idéal pour venir ici, car nous nous assurons de cette réussite.

La présence de Cupra, compétitive avec sa technologie Porsche, et l’arrivée de la jeune star montante du sport automobile, Pepe Martí, constituent des conditions parfaites pour justifier notre venue à Madrid.

P. La Formule E a traversé plusieurs phases de gestion en raison des défis de sa croissance. Comment s’est déroulé ce processus, surtout au début, face à des moments difficiles ?

R. Nous avons commencé avec deux visionnaires espagnols disposant de peu de ressources (Alejandro Agag et moi). Il a fallu lever des fonds rapidement après que la FIA ait reconnu notre potentiel. Nous avons constitué une équipe solide, mais les fonds étaient nécessaires pour organiser des courses.

Le premier investisseur a été Enrique Bañuelos, connu de tous, puis, lors de notre seconde course à Miami, Liberty, l’entité de la Formule 1, a investi, nous apportant une stabilité financière précieuse. Au fil du temps, le poste de CEO a évolué selon les besoins de Liberty, mais nous, fondateurs, restons très impliqués.

Almeida aux côtés d’Alberto Longo lors de la présentation de l’E-Prix de Madrid au Circuito del Jarama. (AFP7)

Je suis encore très présent dans le quotidien, tandis qu’Alejandro, au profil plus institutionnel, prend les décisions stratégiques à son niveau. Maintenant, nous avons Jeff Dodds comme CEO, un exemple de réussite, frustré par l’efficacité de notre projet. Notre présence à des événements comme celui de Madrid engendre environ 75 à 80 millions d’euros de retombées économiques.

P. La Formule E a fait face à des hauts et des bas concernant son calendrier, ce qui limitait sa visibilité médiatique.

R. Nous avons souvent eu besoin de recourir à des experts en logistique. Comme d’autres championnats, nous devons composer avec ces embûches, surtout dans des villes où les enjeux politiques sont un facteur important. C’est pour cela que nous avons décidé de privilégier un circuit private comme El Jarama.

P. La Formule E devait incarner l’avenir de la mobilité, mais qu’en est-il des grands constructeurs ?

R. La mobilité électrique a évolué graduellement. À nos débuts, beaucoup pensaient que nous étions fous. Aujourd’hui, la réalité est tout autre. Bien que le changement prenne du temps, l’intérêt pour la mobilité électrique est toujours présent, notamment avec des ventes records de voitures électriques en Europe.

75 % des billets pour la course d’El Jarama sont déjà vendus. (EFE)

P. Bien que la compétition soit ouverte et captivante, comment la Formule E pourrait-elle franchir un cap sur le plan structurel ?

R. Nous sommes là où nous devons être. Qui aurait cru que 12 ans plus tard, nous compterions 420 millions de fans et plus de 60 villes sur la liste d’attente pour accueillir la Formule E ? Cela fait naître un grand sens des responsabilités. Nos stratégies de communication et d’accès au public sont claires, et nous continuons à viser l’expansion.

P. Pensez-vous que la nouvelle ère de la Formule 1 stimule l’intérêt pour la Formule E, avec son engagement vers des pratiques plus durables ?

R. C’est une réalité. Alors que la Formule 1 souhaite adopter un discours plus « vert », nous sommes le modèle de durabilité. Cependant, nous nous concentrons sur notre propre voie, visant à atteindre 600 ou 700 millions d’amateurs de course mondialement. En un peu plus d’une décennie, nous sommes déjà le deuxième sport automobile le plus regardé.

P. Venir à Madrid et au Jarama en même temps que la Formule 1 serait un rêve pour ces deux visionnaires espagnols, n’est-ce pas ?

R. Nous avons clairement attendu d’avoir un produit dont les Espagnols puissent être fiers. C’est une grande fierté pour moi de voir ma famille ici, après avoir vécu 14 ans à Londres. Chaque fois que je me promène dans le quartier de Salamanca, repenser à Cupra et à notre course de Formule E me remplit de joie.

Points à retenir

  • La Formule E débarque à Madrid le 21 mars prochain, attirant une attention significative.
  • Pepe Martí, jeune pilote espagnol, fait ses débuts dans le championnat après une belle performance en Formule 2.
  • La vente de 75 % des billets montre l’engouement du public pour cet événement.
  • La Formule E a su se structurer et enregistre une croissance notable, attirant des sponsors de renom.
  • L’importance du circuit El Jarama a également été soulignée pour éviter les complications des courses urbaines.

Il est fascinant de voir comment un sport comme la Formule E, qui n’existe que depuis peu, parvient à se faire une place sur la scène internationale. En tant qu’amateur de sport automobile, je suis convaincu que cet engouement pour les véhicules électriques n’est pas qu’une simple tendance passagère. Au contraire, notre société évolue vers une conscience environnementale de plus en plus forte. La Formule E en est le reflet, et il me tarde de voir où cette aventure nous mènera dans les années à venir.


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