mer. Juin 24th, 2026

Le départ de Carlos Sainz de Ferrari pour rejoindre Williams Racing figure parmi les retournements les plus surprenants de ces dernières années en Formule 1.

Le pilote espagnol, qui a traversé une longue période d’incertitude et de négociations inachevées, a récemment dévoilé dans le podcast High Performance les coulisses de ce processus, débuté avec des promesses non tenues et achevé par une décision stratégique pour son avenir.

Alors qu’il préparait sereinement la saison 2024, Sainz a appris fin janvier qu’il ne poursuivrait pas l’aventure à Maranello. Jusqu’alors, le renouvellement de son contrat semblait sur de bons rails.

« Je n’ai jamais soupçonné quoi que ce soit. On me répétait que seuls les détails restaient à finaliser, que le contrat serait facile à conclure », confie-t-il.

La nouvelle de l’arrivée de Lewis Hamilton l’a totalement pris de court, le poussant à revoir immédiatement ses plans. « Ça a été un choc. Je suis passé de l’idée de rester chez Ferrari à celle d’être dehors. J’ai mis une semaine à encaisser », avoue-t-il.

Conscient de la situation, Sainz a exploré toutes les options restantes. Il a notamment contacté les équipes majeures comme Mercedes et Red Bull, mais les chances d’y décrocher un baquet étaient quasi nulles.

Lewis Hamilton avec un air sérieux lors du GP d'Arabie Saoudite

« Si tu as 5 ou 10 % de chance, tu te bats. Mais quand c’est zéro, tu dois regarder devant et prouver ta valeur ailleurs », explique-t-il.

Cette période a été émotionnellement éprouvante, jonglant entre la pression de la compétition et la quête d’un baquet pour 2025. « C’était très stressant, ma famille l’a ressenti, ma mère m’appelait plus souvent pour prendre de mes nouvelles », confesse Sainz.

La possibilité Red Bull, bien qu’ayant couru avec Max Verstappen chez Toro Rosso, s’est rapidement évanouie. « Max et moi sommes en bons termes. Si c’est la raison, je ne comprends pas. Je pense que nous formerions un duo redoutable », nuance le Madrilène.

Chez Mercedes, les discussions n’ont jamais vraiment avancé. C’est finalement la proposition de James Vowles, directeur de Williams, qui a convaincu Sainz.

Le pilote loue la franchise du Britannique, qui l’a approché avant même que son départ de Ferrari soit rendu public.

Carlos Sainz lors d'une conférence de presse à Madrid

« James m’a contacté bien avant que l’information sorte. Il m’a dit qu’il me voyait comme la personne idéale pour mener la renaissance de Williams », relate Sainz.

Wolles a été clair dès le départ : pas de résultats éclatants attendus immédiatement, et un objectif de victoires placé entre 2027 et 2028, 2026 étant l’année charnière pour le saut en compétitivité.

« J’ai beaucoup apprécié cette honnêteté. Je venais d’une équipe où on me disait une chose et on faisait l’inverse », laisse entendre Sainz, sans doute en référence à Ferrari.

Il affirme avoir trouvé chez Williams un environnement de travail sain et collaboratif. « Je me sens apprécié et soutenu. On se bat avec Alex Albon sur la piste, mais en dehors, on partage nos infos et on travaille ensemble pour améliorer la voiture. »

Carlos Sainz arrive au Grand Prix du Canada

Un contraste saisissant avec l’atmosphère vécue chez Toro Rosso, où il parle d’« une lutte constante pour survivre ».

Sainz ne cache pas son aversion pour les jeux politiques au sein de la Formule 1, où des facteurs externes comme les sponsors ou l’argent influencent souvent le choix des pilotes. « C’est l’aspect que je déteste le plus dans ce sport », déclare-t-il.

Sa famille a été un soutien vital, notamment lors de sa convalescence après une opération de l’appendicite qui l’a forcé à manquer une course.

Carlos Sainz célèbre sa victoire au Grand Prix du Mexique

« Gagner cette course a été l’un des moments les plus heureux de ma vie, une victoire que j’ai ressentie comme partagée avec ma famille », confie-t-il.

Concernant ses ambitions avec Williams, Sainz reste ambitieux tout en gardant les pieds sur terre. « Je veux être compétitif le plus rapidement possible. »

« Si un jour j’ai une voiture capable de gagner le championnat, je donnerai tout pour y parvenir. Sinon, je serai en paix en sachant que je me suis donné à fond », conclut-il.

Avec son arrivée à Grove, Carlos Sainz ouvre donc un nouveau chapitre basé sur l’honnêteté, le leadership et une vision à long terme, marquant aussi une sorte de règlement de comptes avec un passé récent où les promesses n’étaient pas toujours au rendez-vous.

Points à retenir

  • Carlos Sainz a été pris de court par la fin de son aventure chez Ferrari, malgré des discussions avancées pour une prolongation.
  • L’arrivée surprise de Lewis Hamilton a précipité son départ et bousculé son calendrier professionnel.
  • Ses options avec les top teams Mercedes et Red Bull se sont révélées très limitées, prouvant que la F1 reste aussi une affaire de sièges verrouillés.
  • La franchise de James Vowles chez Williams a fait la différence, même si le challenge sportif ne sera pas immédiat.
  • Le changement d’équipe lui offre un environnement professionnel plus sain et collaboratif, à l’inverse de l’ambiance parfois toxique rencontrée chez Toro Rosso.
  • Sainz déplore les jeux d’influence et les compromis financiers qui pèsent sur le sport — un mal endémique qu’on aurait aimé voir disparaître.
  • Sa famille reste son soutien indispensable, preuve que derrière le pilote de F1, il y a un homme avec des attaches solides.
  • Malgré un départ compliqué, Sainz affiche une belle dose d’humilité et un pragmatisme certain pour l’avenir chez Williams.

Au final, cette histoire nous rappelle que la Formule 1 ne se joue pas seulement sur la piste, mais aussi en coulisses. Et entre nous, on se demande parfois qui pilote vraiment le championnat : les pilotes ou les contrats signés dans l’ombre ? Les paris sont ouverts, et j’espère que Carlos a prévu un bon casque… pas seulement pour les virages, mais aussi pour esquiver les coups politiques.


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