Deux fabricants pourraient débuter en 2026 avec un avantage de 15 à 20 chevaux sur leurs concurrents. Bien que le championnat de 2026 ne soit pas encore lancé, une première controverse suscite des inquiétudes chez plusieurs équipes et fabricants, qui craignent de devenir des perdants avant même de prendre la piste.
Le spectre de 2014 pèse sur la Formule 1. Cette année-là, Mercedes a amorcé un règne qui s’est poursuivi jusqu’en 2021, grâce à sa suprématie avec les unités hybrides introduites. À cette époque, le cadre réglementaire sur le suivi des performances était plus laxiste que celui prévu pour le cycle actuel.
Dans le contexte actuel, la supposée supériorité des nouveaux moteurs serait le résultat d’une faille dans le règlement, que la FIA devrait corriger dans le cadre du contrôle des performances pour ces nouvelles motorisations. Faute de quoi, si les rumeurs se confirment, plusieurs équipes, dont Ferrari et Aston Martin, risquent de se retrouver à la traîne.
Un assouplissement des nouveaux moteurs
Le changement de motorisation pour 2026 introduit deux nouveautés majeures : d’une part, l’utilisation de combustibles synthétiques et, d’autre part, une hausse de 50 % de l’apport électrique. Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, la FIA a décidé de réduire la compression des moteurs, passant de 18:1 à 16:1. Cela signifie un « assouplissement » des moteurs face à la technologie des nouveaux combustibles, qui apportent moins d’énergie que les traditionnels fossiles. Des considérations de fiabilité et d’équité théorique justifient ce changement.
Dans le processus de combustion, la compression se produit lorsque le mélange air-combustible est compressé dans le cylindre avant d’être déclenché. Une pression plus élevée génère plus de force, et donc plus de puissance pour une consommation donnée. Une compression de 18:1 offrirait un meilleur rendement que celle de 16:1, plus restrictive pour les performances comparées à la génération précédente.
Cependant, deux fabricants auraient réussi à élever cette compression avec leurs nouveaux moteurs. Selon des sources, Mercedes et Red Bull Powertrains ont développé une chambre de combustion permettant une compression supérieure à 18:1. Des spéculations circulent également sur le fait que leurs rivaux aient mis le sujet sur la table avant qu’il ne soit trop tard pour réagir une fois que la saison commencera.
Une incohérence réglementaire difficile à expliquer
L’augmentation de la compression aurait été rendue possible grâce à une faille dans le règlement, qui n’a pas encore été comblée par la FIA. Les fabricants mentionnés auraient conçu un système avec des matériaux permettant une expansion de certains éléments à haute température. Cependant, les tests réalisés par la FIA se déroulent à des températures ambiantes, ce qui permettrait de se conformer à la limite de 16:1.
Si les informations se confirment, les équipes avec les motorisations en question (Mercedes, McLaren, Williams, Alpine d’une part, et Red Bull, Racing Bulls de l’autre) laisseraient théoriquement dehors Ferrari, Aston Martin, Cadillac et Audi. La faille réglementaire réside dans le fait que la FIA effectue des vérifications à température ambiante plutôt qu’à chaud.
Au cours des mois à venir, l’entité et les fabricants échangeront des informations en continu afin de clarifier divers aspects du règlement concernant les monoplaces et les moteurs. Comme l’a reconnu la FIA récemment, aucune modification des systèmes de test n’est actuellement annoncée pour annuler un avantage qui ne serait pas illégal, mais alegal. Cela pose un problème supplémentaire quant au temps limité disponible pour d’éventuelles modifications nécessaire.
L’objectif : qu’aucun fabricant ne prenne le large
Cependant, il est envisageable que la Fédération doive mettre en place un mécanisme visant à réduire les écarts entre les fabricants, car elle a établi plusieurs protocoles pour éviter les problèmes rencontrés avec les unités hybrides depuis 2014. La FIA, à l’époque, ne possédait pas de mécanismes de contrôle et de correction des performances comme elle l’a fait pour le nouveau règlement.
Pour cette nouvelle phase, la FIA a établi différents protocoles pour équilibrer les performances avant et pendant le championnat. Dans une première étape, une date limite pour l’homologation des éléments majeurs du moteur a été fixée, gelant ainsi leur évolution. Un plafond de puissance (350 KW) a été établi, ainsi que des restrictions de débit de carburant et de répartition de l’énergie à 50 % entre électrique et thermique. Cela signifie qu’un plafond de performances est fixé par la norme, plutôt que par une interprétation de celle-ci, comme dans le cas de la compression par exemple. Les heures passées en dyno (bancs d’essai moteur) ont également été réglementées.
En cours de saison, la FIA envisagera (en accord avec les fabricants) des mécanismes pour converger les performances, permettant d’une part des modifications pour garantir la fiabilité et d’autre part un suivi étroit des chiffres de puissance et de consommation. Des audits techniques seront également mis en place pour contrôler d’éventuelles lacunes réglementaires. Pour Mercedes et Red Bull, ces règles devraient s’appliquer. Dans ce contexte, certains pourraient déjà avoir des craintes. Reste à savoir comment le sport parviendra à éviter une escalade de tensions.
Points à retenir
- Deux équipes se démarquent avec des moteurs potentiellement plus puissants en 2026.
- La réduction de la compression pourrait créer des inégalités sur la piste.
- Des mécanismes de contrôle de performance sont prévus par la FIA pour limiter les différences entre les équipes.
- Des débats réglementaires sont nécessaires pour garantir l’équité entre les fabricants.
En tant qu’observateur passionné de la Formule 1, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’évolution de ce sport fascinant. Comment les instances dirigeantes s’assureront-elles que la compétition demeure juste et équitable pour tous les concurrents? Il est crucial que la FIA prenne des mesures proactives pour éviter que certaines équipes ne prennent le large avant même le départ. Il est évident que l’avenir de la compétition dépendra de leur réactivité face à ces défis réglementaires.