mer. Juin 24th, 2026

Alors que la saison 2026 de Formule 1 approche à grands pas, il ne reste que peu de places libres dans les écuries. Chez Red Bull, le second siège à côté de Max Verstappen reste vacant, avec des décisions encore en suspens concernant Yuki Tsunoda. Ce choix pourrait aussi impacter l’équipe Racing Bulls. Mercedes, de son côté, ne compte pas encore sur des contrats pilotes pour 2026, mais devrait conserver George Russell et Andrea Kimi Antonelli. Enfin, Alpine est la seule équipe à avoir une place à pourvoir.

Le poste de premier pilote chez Alpine ne fait aucun doute, avec Pierre Gasly confortablement engagé jusqu’en 2028, mais le deuxième siège reste à attribuer. Depuis la prise de fonction de Steve Nielsen comme directeur général en septembre, la prolongation de Gasly a rapidement été finalisée. Aujourd’hui, Nielsen doit choisir le coéquipier du Français pour la saison à venir.

Après une saison d’expérimentation avec des jeunes pilotes comme Jack Doohan et Franco Colapinto, qui n’ont pas encore marqué de points, Alpine évalue si elle doit poursuivre dans cette voie. Manquant d’options d’expérience, l’équipe pourrait être contrainte de miser sur la jeunesse. Valtteri Bottas et Sergio Perez ont approché Alpine, mais leurs négociations avancées avec Cadillac les ont éloignés de l’équipe française. Parmi les candidats, certains pourraient devenir disponibles selon l’évolution des négociations ailleurs.

Le choix le plus probable : Franco Colapinto

Franco Colapinto, Alpine
Franco Colapinto – Photo : Bryn Lennon / Formula 1 via Getty Images

Franco Colapinto représente une option rassurante pour Alpine. Flavio Briatore a laissé entendre que le jeune Argentin avait peut-être été soumis à trop de pressions en remplaçant Jack Doohan, notamment en devant rivaliser avec un pilote confirmé comme Gasly.

“L’an passé, il a été très bon. Mais être dans la même équipe qu’un pilote expérimenté comme Pierre, avec la compétition que cela implique, a peut-être généré trop de pression”, a déclaré Briatore à Zandvoort. “Il faut se rappeler que ces jeunes sont des êtres humains et prendre en compte la dimension psychologique. C’est une erreur fréquente de se focaliser uniquement sur les temps.”

Colapinto a rejoint Williams sans attentes particulières, où il a montré de belles qualités avant d’enchaîner plusieurs accidents. Passer en rôle de remplaçant chez Alpine semblait être une étape naturelle avant d’intégrer l’équipe à plein temps, ce qui s’est confirmé après six courses quand Doohan a été mis à l’écart.

Malgré un début difficile marqué par une sortie de piste en qualifications à Imola, Colapinto commence à obtenir des résultats plus encourageants, avec une 11e place à Zandvoort à portée d’un point. Son duel en qualifications avec Gasly est actuellement de 7-3 en faveur du Français, un bilan honorable sans pour autant démarquer clairement Colapinto de Doohan.

Le choix « nous nous sommes trompés » : Jack Doohan

Jack Doohan, Alpine
Jack Doohan – Photo : Steven Tee / Motorsport Images

Revenir vers Doohan semble peu probable, bien qu’on garde son nom en tête. Si l’équipe pensait réellement à lui, il aurait été réintégré au détriment de Colapinto, à moins que des considérations commerciales ou d’ego ne soient en jeu.

Doohan n’a peut-être pas eu toutes ses chances. Il a accumulé trop d’incidents, mais Colapinto en a eu également, simplement répartis plus discrètement pendant le week-end. Doohan semblait pourtant progresser, égalant Gasly lors des qualifications en Grand Prix à Miami (3-3), avant de percuter Liam Lawson au premier virage et mettre fin à sa course prématurément.

Malgré des débuts mitigés, il semblait pouvoir convaincre, mais Alpine a peut-être déjà fait son choix en se basant aussi sur les performances hors courses. Quoi qu’il en soit, un retour semble peu envisagé.

Le choix inattendu : Paul Aron

Flavio Briatore en discussion avec Paul Aron.
Flavio Briatore, conseiller exécutif d’Alpine F1, discute avec Paul Aron – Photo : Sam Bagnall / Sutton Images

Dernier maillon encore peu exploité du trio de jeunes talents d’Alpine, Paul Aron a été recruté par Ollie Oakes, précédent directeur d’équipe, après avoir impressionné chez Hitech. Son maintien à l’équipe suggère qu’il a gagné en crédit, notamment grâce à ses performances en simulateur.

Il a pu rouler en FP1 pour Sauber en remplacement de Nico Hülkenberg et a ensuite participé aux essais FP1 d’Alpine à Monza. Ses temps ont été proches de ceux de Gasly, malgré un problème moteur en Hongrie. Il a mené la lutte pour le titre en F2 l’an dernier, un championnat dans lequel il est toujours un concurrent sérieux.

Aron a montré qu’il pouvait tenir son rang dans des conditions exigeantes, ce qui pourrait le placer sur la liste des candidats si Colapinto ne parvenait pas à prendre de l’élan en 2025.

Le choix expérimenté : Yuki Tsunoda ou Liam Lawson

Liam Lawson et Yuki Tsunoda, Red Bull Racing
Liam Lawson et Yuki Tsunoda – Photo : Joe Portlock / LAT Images

Dans l’écosystème Red Bull, l’un des deux – Tsunoda ou Lawson – pourrait être évincé pour faire place à Arvid Lindblad qui est pressenti pour débuter en Racing Bulls en 2026. D’autres mouvements sont possibles si Isack Hadjar obtient lui aussi une promotion.

Si Alpine considère que ses expériences avec les rookies n’aboutissent pas, Tsunoda ou Lawson offriront une valeur éprouvée. Tsunoda a rivalisé avec Gasly chez AlphaTauri, tandis que Lawson a souvent été jugé au même niveau que Tsunoda. Tous deux ont cependant souffert de la capricieuse RB21 de Red Bull.

Alpine pourrait ainsi faire un choix prudent avec l’un d’entre eux. Gasly, d’ailleurs, pourrait soutenir Tsunoda compte tenu de leurs bonnes relations passées, tandis que Briatore pourrait apprécier l’attitude tenace de Lawson, en pleine récupération après deux courses difficiles.

Le choix “Moneyball” : Leonardo Fornaroli

Leonardo Fornaroli sur un podium
Leonardo Fornaroli, vainqueur en course – Photo : Formula Motorsport Ltd

Si l’Italien n’est pas encore en discussion pour un siège chez Alpine, il mériterait de l’être. Champion de F3 sans avoir remporté une seule victoire, sa constance lui a permis de dominer ses concurrents. Il a ensuite aligné quatre victoires en F2, avec pour ambition de devenir un double champion des catégories juniors.

Fornaroli suit un parcours similaire à celui de Gabriel Bortoleto : gagnant en F3 avec Trident, leader actuel du championnat F2 avec Invicta. Étonnamment, il reste un agent libre, n’étant pas affilié à une filière F1, ce qui étonne son directeur d’équipe, James Robinson.

“C’est incroyable qu’il n’ait pas encore signé chez une équipe F1 pour l’an prochain, surtout que la plupart des sept ou huit premiers du championnat sont dans des académies F1”, a déclaré Robinson. “Fornaroli est un profil à la ‘Moneyball’. Il ne fait pas de mouvements spectaculaires ni de célébrations exubérantes, mais c’est un pilote exceptionnel pour le développement.”

Si Alpine privilégie encore la jeunesse en 2026, Fornaroli devrait être en haut de la liste.

Des profils supplémentaires

Photo de l'équipe Alpine WEC
Souvent évoqué en cas de poste vacant en F1… – Photo : Alexander Trienitz

Les autres jeunes pilotes Alpine comme Kush Maini et Gabriele Mini ont eu des performances mitigées en F2. Mick Schumacher, engagé surtout en endurance, a été mentionné comme une option F1, mais Briatore a récemment démenti l’inclure dans la liste pour 2026.

Quelques autres noms, comme Ferdinand Habsburg ou Jules Gounon, figurent dans les rangs d’Alpine, mais sans affichage suffisant pour envisager un poste en F1.

Par ailleurs, Luke Browning (Williams) et Alex Dunne (McLaren) brillent en F2 et pourraient aussi saisir une opportunité si une place se libérait.

Enfin, le scénario où Mercedes aurait débauché Verstappen, avec Antonelli prêté à Alpine, est aujourd’hui fermé, Verstappen restant fidèle à Red Bull.

Points à retenir

  • La deuxième place chez Alpine pour 2026 est encore ouverte, suscitant un dilemme entre expérience et jeunesse.
  • Franco Colapinto est pressenti comme le candidat le plus sûr, avec le soutien discret mais déterminé de l’équipe.
  • Jack Doohan, bien que sanctionné après plusieurs accidents, reste un pilote à considérer grâce à son potentiel montré en début de saison.
  • Paul Aron, bien que moins connu, bénéficie d’une belle progression et d’un temps de simulation apprécié, ce qui peut jouer en sa faveur.
  • Les pilotes expérimentés de la maison Red Bull, Tsunoda ou Lawson, représentent une option fiable mais délicate côté gestion d’équipe.
  • Leonardo Fornaroli, rouage méconnu du monde F1, pourrait incarner une surprise heureuse avec ses performances constantes en F2.
  • L’arrivée d’autres talents issus de F2 ou de la filière endurance n’est pas exclue, mais ils restent pour l’heure périphériques.

Sur le fond, Alpine doit peser entre conforter ses acquis avec des jeunes en devenir ou intégrer un pilote plus aguerri capable de stabiliser le duo. Au-delà des performances, la gestion humaine et la pression mentale restent des facteurs souvent sous-estimés mais cruciaux.

Et, franchement, face à ces choix, on se demande si la montagne Alpine ne serait pas un chouïa trop raide pour certains talents… Alors, qui sera le prochain alpiniste du paddock ? Suspense et montées d’adrénaline garanties. Moi, j’attends juste que quelqu’un invente le ski pour Formule 1, histoire de mélanger glisse, vitesse et prise de risque. Parce qu’après tout, glisser vers la victoire, ça a quand même un charme à part !


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