dim. Août 23rd, 2026

Les motos prototypes modernes de MotoGP sont marquées par des éléments aérodynamiques tels que les winglets, les carénages latéraux et des conduits d’air sophistiqués. Les fabricants consacrent d’importantes ressources aux tests en soufflerie et à des simulations afin d’identifier chaque avantage aérodynamique. En revanche, en repensant aux débuts de ces développements, on se rend compte que les premières tentatives semblaient surprenamment rudimentaires.

Ducati a commencé à explorer le potentiel des aides aérodynamiques sur son modèle Desmosedici dès 2010. À cette époque, le prototype de MotoGP de Bologne rencontrait des problèmes de sous-virage, ce qui poussait les ingénieurs à chercher un moyen de générer un appui supplémentaire à l’avant.

Il y a 16 ans : les premières expérimentations aérodynamiques de Ducati

« Lors de la saison 2010, nous avons réalisé nos premières expérimentations en aérodynamique », se souvient Marco Palmerini du département de développement des véhicules MotoGP de Ducati. Ce qui était considéré comme une solution innovante à l’époque paraît presque ridicule aujourd’hui. « Nous avions deux petites ailes sur le carénage latéral. Cela semble presque dérisoire, » avoue Palmerini avec le recul. « Ces winglets produisaient très peu d’appui. »

Le génie créatif du projet MotoGP de Ducati était alors Filippo Preziosi. L’objectif de ces premiers essais était assez simple. « Au départ, notre but était de maintenir la roue avant au sol, » explique Palmerini.

Ces ailes modestes ont cependant marqué le début d’une véritable révolution technique. Ducati a peu à peu réalisé que l’aérodynamique pouvait jouer un rôle bien plus vaste que ne serait-ce que maintenir la roue avant pendant l’accélération. « Plus tard, nous avons compris que l’aérodynamique influence fortement les forces agissant sur les pneus. Cela s’applique à toutes les phases de pilotage, pas seulement lors de l’accélération, mais également pour la vitesse en courbe et le freinage. »

Ce constat a fondamentalement changé la perception de l’aérodynamique au sein du département de développement. « La maniabilité de la moto a été profondément modifiée grâce à l’aérodynamique, » souligne Palmerini. « Nous avons rapidement compris qu’il nous fallait élargir nos connaissances, intensifier nos efforts et allouer davantage d’ingénieurs à cette tâche pour mener à bien des simulations plus approfondies. »

Luigi Dall’Igna, un boost pour le développement aérodynamique

Avec la nomination de Luigi Dall’Igna à la tête de la compétition à la fin de 2013, l’aérodynamique a pris une place encore plus prépondérante chez Ducati. L’Italien a fait avancer le développement pendant des années en apportant sans cesse de nouvelles idées. Les petites ailes de 2010 ont laissé place à des solutions aérodynamiques de plus en plus complexes, plaçant Ducati en position de pionnier pendant longtemps.

Entre-temps, les concurrents, comme Aprilia, ont considérablement rattrapé leur retard notamment en matière d’aérodynamisme. Ce qui avait commencé comme des expériences relativement simples est ainsi devenu l’un des domaines de développement les plus cruciaux de toute la série MotoGP.

Le parcours, partir d’une idée initiale pour la mise en œuvre sur la piste, est maintenant très complexe. « Les idées émergent lors de séances de brainstorming. Nous effectuons ensuite des calculs préliminaires, » explique Palmerini. « Nous nous rendons alors en soufflerie. Les essais s’effectuent en deux phases : d’abord, nous mesurons les données, puis nous procédons à un test de performance avec le pilote. »

Pour Palmerini, les développements depuis 2010 illustrent à quel point l’aérodynamique est devenue essentielle. « C’est un domaine dans lequel nous nous investissons beaucoup. Ducati a contribué de manière significative au développement de l’aérodynamique des motos. Nous avons non seulement amélioré la performance, mais aussi optimisé la sécurité. »

Ce qui est maintenant une science hautement complexe impliquant de nombreux ingénieurs, simulations et tests en soufflerie a débuté chez Ducati avec deux petites wings, dont l’effet semble presque négligeable aujourd’hui – un point sur lequel même les pionniers de l’époque peuvent désormais sourire.

Points à retenir

  • Ducati a commencé ses expériences aérodynamiques en 2010 pour résoudre des problèmes de sous-virage.
  • Les premiers essais utilisaient deux petites ailes, peu efficaces mais novatrices pour l’époque.
  • Ces premières expérimentations ont ouvert la voie à des avancées techniques significatives dans le domaine de l’aérodynamisme.
  • Luigi Dall’Igna a joué un rôle clé dans l’accélération du développement aérodynamique chez Ducati.
  • Les concurrents, comme Aprilia, se sont rapidement alignés sur les développements aérodynamiques de Ducati.

En rétrospective, observer l’évolution de l’aérodynamique dans le monde du MotoGP est fascinant. Cette discipline exigeante ne se limite pas simplement à la vitesse sur la piste ; elle appelle à une recherche constante d’innovation et d’optimisation, tant pour la performance que pour la sécurité. En tant qu’observateur passionné, je suis intrigué et enthousiaste à l’idée de voir comment ces développements continueront d’influencer la dynamique du sport moto à l’avenir.


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