- Les transferts de pilotes de MotoGP suscitent des rumeurs, bien qu’un black-out médiatique soit en vigueur.
- Le retard serait dû à un désaccord entre les équipes et Liberty concernant les revenus.
- Le développement technique pour 2027 a débuté, créant une étrange « guerre froide » de l’information.
Fabio Quartararo vers Honda ? Apparemment, c’est quasiment fait. Pedro Acosta vers Ducati ? Cela semble aussi être le cas. Pecco Bagnaia chez Aprilia ? Jorge Martín chez Yamaha ? Il semblerait que oui.
Mais pourquoi cette saison des transferts, qui promettait tant de rebondissements, reste-t-elle si silencieuse officiellement ? En réalité, aucun constructeur n’a confirmé son entrée pour la saison prochaine. Pour être exact, ce n’est pas encore fait.
“80 %, 90 % des contrats d’usine sont déjà signés et prêts, ils attendent,” a récemment déclaré le journaliste du paddock MotoGP Jack Appleyard lors du podcast Motorsport Republica.
“La raison pour laquelle personne n’annonce quoi que ce soit pour l’instant est qu’ils attendent la signature du nouvel accord entre MotoGP, Liberty Media et les équipes concernant la répartition des revenus et des bénéfices.”
Des sources rapportent que les équipes privilégient un modèle de partage des recettes plutôt qu’un tarif fixe. L’offre proposée par Liberty s’élève autour de 8 millions d’euros pour la période 2027-2031, soit une augmentation d’environ 1 million d’euros par rapport à l’accord actuel, qui expirera après 2026.
De ce fait, les constructeurs temporisent afin de faire entendre leur voix. Ce n’est pas un simple retard administratif, mais bien une stratégie de pouvoir.
“Il paraît étrange d’avoir un contrat signé et de ne pas l’annoncer,” a commenté Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP Sports Entertainment Group, lors d’un entretien avec AS.
“Nous devons signer l’accord avec les équipes et les usines, et je pense que nous sommes très proches de le faire. Il ne nous restera plus beaucoup de temps pour finaliser tout cela. Cela semble prometteur.”
Qui sera le prochain à bouger ?
Cette situation est révélatrice. Tous les fabricants se penchent déjà sur le développement de leurs nouvelles machines de 850 cc sous les régulations révisées, Honda ayant même déjà effectué des essais. Ils n’ont donc clairement pas l’intention de partir l’année prochaine, et cette connaissance pourrait redonner un peu de pouvoir à Liberty.
Les équipes de MotoGP sont conscientes du parcours de Liberty Media dans la transformation de l’univers de la F1 avec des initiatives comme « Drive to Survive » sur Netflix. Elles souhaitent éviter de regretter de ne pas avoir négocié plus fermement, surtout si la catégorie phare connaît une croissance semblable à celle de la F1. À titre d’exemple, la valeur moyenne d’une équipe de F1 avait grimpé à 3,6 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 89 % par rapport à 2023.
Pour cette raison, renoncer aux gains à court terme d’une annonce précoce, par exemple pour l’engagement sur les réseaux sociaux, devient une évidence. D’autres enjeux sont en jeu.
Une nouvelle ère pour MotoGP
Un des rares avantages de cette impasse est que les pilotes ne sont pas contraints de reconnaître les mouvements qu’ils ont déjà effectués, au moins pour l’instant. Cependant, cette situation limbo comporte ses propres inconvénients, notamment des dynamiques intra-équipes délicates alors qu’il reste encore la majeure partie de la saison 2026 à disputer. Par exemple, Yamaha laissera-t-elle Quartararo essayer sa V4 de 2027, sachant qu’il courra pour un concurrent l’année prochaine ?
Bien sûr, le secret qui entoure les transferts a atténué l’excitation d’un marché des transferts très attendu dans l’histoire du MotoGP. Pour les véritables passionnés, cela reste un petit prix à payer pour la montée en popularité du sport.
Comme l’a ajouté Ezpeleta, “Il est clair qu’en ce moment, tout le monde parie sur une croissance spectaculaire du MotoGP. Tout le monde veut en faire partie et pense que cela va continuer à s’améliorer, mais nous voulons aussi que toutes les parties impliquées dans le Championnat du Monde soutiennent cette croissance.”
Alors que 2026 avance, Liberty souhaite orienter les discussions vers l’image d’un sport automobile à la fois captivant et raffiné. Toutefois, le silence des équipes représente une réelle arme de négociation. La question qui se pose est : qui pliera en premier ?
Points à retenir
- Les rumeurs de transferts circulent, mais les confirmations officielles se font attendre.
- Le retard dans les annonces serait lié à des négociations sur la répartition des revenus.
- Le développement de nouvelles machines pour 2027 est déjà en cours.
- Les équipes semblent privilégier un modèle de partage des recettes à un tarif fixe.
- La dynamique du marché des transferts pourrait être influencée par la popularité croissante de la MotoGP.
En conclusion, je pense que cette période d’attente met réellement en lumière la complexité des relations dans le monde du MotoGP. Ce climat de précaution peut sembler stratégique, mais il pourrait également masquer des tensions internes qui pourraient se manifester sur la piste. Je suis convaincu que nous serons bientôt témoins d’annonces qui redéfiniront ce sport passionnant. La question demeure : serons-nous prêts pour ces changements, et comment influenceront-ils notre perception de la compétition ?