sam. Juil 18th, 2026

Depuis plusieurs années, la transition énergétique en Europe avançait sans complètement écarter les énergies fossiles. L’année dernière a marqué un tournant décisif. Selon le rapport European Electricity Review 2026, l’énergie éolienne et solaire a généré 30 % de l’électricité de l’UE en 2025, dépassant pour la première fois le charbon, le gaz et le pétrole, qui n’ont plus représenté que 29 %.

La Dra. Petrovich d’Ember souligne que nous assistons à une croissance record. Passer de 20 % à 30 % en seulement cinq ans n’est pas commun, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. La carte énergétique évolue : 14 pays de l’UE voient désormais la production éolienne et solaire supplanter celle du gaz ou du charbon. Dans ce contexte, l’Espagne, la Grèce et la Hongrie s’imposent comme des puissances solaires.

Une évolution significative. Ce jalon ne signifie pas que l’Europe a complètement abandonné les combustibles fossiles ou que le gaz a disparu du mix énergétique. Au contraire, il redéfinit la hiérarchie au sein de ce mix. Pour la première fois, les énergies renouvelables variables prennent le devant de la scène, tandis que les fossiles se voient relégués à un rôle de secours technique. Selon Ember, les énergies renouvelables ont contribué à 48 % de l’électricité de l’UE en 2025, une part qui est restée stable même durant une année difficile en termes de conditions climatiques.

Le charbon, le combustible le plus polluant, continue de reculer. En 2024, il a chuté à 9,2 % du mix électrique européen, un niveau historique, contre près de 25 % il y a dix ans. Le gaz a connu une légère hausse par rapport à 2024, mais il demeure 18 % en dessous de son pic de 2019, confirmant son rôle de plus en plus marginal dans le système. Ce rééquilibrage a des implications qui vont au-delà du simple mix énergétique : la dépendance aux combustibles fossiles importés reste un facteur majeur d’instabilité des prix et de vulnérabilité stratégique en Europe.

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Cinq années transformantes. Le phénomène, déjà surnommé dans le secteur, est le résultat d’une progression solide, particulièrement en ce qui concerne l’énergie solaire, au cours de la dernière décennie, avec un accent remarquable ces cinq dernières années. En 2025, la production solaire a bondi de 20,1 %, marquant le quatrième exercice consécutif avec des augmentations supérieures à 20 %, un rythme sans précédent dans l’historique énergétique européen. En valeur absolue, l’énergie solaire a atteint 369 térawatts-heure (TWh), plus du double par rapport à 2020, et l’augmentation annuelle de 2025 est équivalente à la production de trois centrales nucléaires françaises.

Une progression fulgurante. Cette expansion est principalement due à l’accroissement de la capacité installée. En 2025, 65,1 GW de nouvelle puissance solaire ont été ajoutés dans l’UE, répartis presque également entre de grandes installations et l’autoconsommation sur les toits. Tous les pays de l’UE ont vu leur production solaire augmenter, et dans plusieurs d’entre eux — Hongrie, Chypre, Grèce, Espagne et Pays-Bas —, l’énergie solaire représente déjà plus de 20 % de l’électricité nationale.

Concernant l’énergie éolienne, bien qu’elle ait été affectée par les conditions climatiques en début d’année, elle demeure la deuxième source d’électricité de l’UE, avec 17 % du total, devant le gaz. Ainsi, le système commence à s’appuyer de manière structurelle sur des renouvelables variables, une perspective impensable il y a une décennie.

L’ombre au tableau : la dominance persistante du gaz. Malgré les avancées historiques de l’éolien et du solaire, 2025 a révélé que le gaz continue de jouer un rôle disproportionné dans le système électrique européen, notamment dans la formation des prix. Selon le think tank, la production d’électricité à partir du gaz a augmenté de 8 % dans l’UE, principalement pour compenser la baisse de l’hydroélectricité due à la sécheresse. Cette augmentation a porté la facture des importations à 32 milliards d’euros, soit 16 % de plus que l’année précédente.

Ce phénomène est particulièrement visible sur les marchés électriques. Ember a noté que les pics de prix se produisent lors des heures de forte demande de gaz, tandis que les heures ensoleillées et ventées tendent à abaisser les coûts. Dans 21 pays européens, les tarifs de gros ont augmenté en 2025, presque exclusivement en raison de ces tranches horaires fossiles. Cela soulève une paradoxale réalité: bien que le gaz ne domine plus en volume, il reste influent dans la détermination des prix du marché lors des moments critiques.

Une nouvelle frontière énergétique. Le rapport d’Ember aborde également ce qu’il considère comme le prochain grand défi de la transition : le stockage et la flexibilité du système. Sans ces éléments, met-il en garde, le dépassement statistique court le risque de rester une victoire symbolique. Ceci fait partie des grands manques de la transition européenne : investir massivement dans la production sans faire de même pour les réseaux et le stockage. Les batteries sont désormais perçues comme le maillon reliant le succès des renouvelables à une stabilité des prix et à la sécurité de l’approvisionnement.

L’année dernière, l’UE a franchi pour la première fois le cap des 10 GW de batteries de grande envergure en opération, plus du double par rapport à 2023. De plus, un portefeuille de projets pourrait faire passer ce chiffre à plus de 40 GW s’ils sont réalisés intégralement. Les premiers signes se manifestent déjà dans des pays comme l’Italie, où les batteries commencent à couvrir une partie de la demande en période de pointe de gaz, réduisant ainsi les coûts et remplaçant une partie de la production fossile.

Les goulets d’étranglement physiques : l’infrastructure européenne. Il ne s’agit pas seulement de la quantité d’énergie produite, mais aussi de la manière dont elle est transportée et distribuée sur le continent. Bien que l’Europe ait réduit sa dépendance directe au gaz russe, elle fait toujours face à des limitations physiques concernant les terminaux, les réseaux de transport et les connexions transfrontalières. Le remplacement du gaz russe a été freiné par la lenteur de la construction de ces infrastructures critiques et par le manque d’interconnexion entre les systèmes électriques nationaux.

Ce goulet d’étranglement explique pourquoi des pays avec une forte production renouvelable, comme l’Espagne, n’arrivent pas toujours à exporter facilement leur excédent. Cela souligne également pourquoi le système européen continue de dépendre de sources fossiles pour garantir une stabilité face aux pics de demande.

Une situation paradoxale. Selon Ember, l’éolien et le solaire ont produit 42 % de l’électricité espagnole en 2025, dix points au-dessus de la moyenne communautaire. Toutefois, l’Espagne a également enregistré une forte hausse de l’utilisation du gaz, avec une augmentation de 19 %. Ce n’était pas le résultat d’un manque de renouvelables, mais plutôt des besoins techniques du système.

Après la coupure de courant d’avril 2025, Red Eléctrica a décidé de renforcer la stabilité du réseau en maintenant des centrales à gaz en fonctionnement préventif. Même si l’Espagne a généré plus d’énergie propre que jamais, les consommateurs ont dû payer comme si cela n’était pas le cas. Ainsi, le système a brûlé plus de gaz que nécessaire, a perdu de l’électricité renouvelable et a terminé 2025 comme l’une des années les plus coûteuses pour les consommateurs, ce qui reste difficile à expliquer.

Le véritable problème ne réside pas dans la production, mais dans ces goulets d’étranglement : huit nœuds de la répartition de l’énergie sur dix sont saturés, le stockage est à la traîne et les connexions avec l’Europe ne sont pas à la hauteur. L’Espagne produit effectivement de l’énergie propre en LesNews, mais elle ne peut pas toujours l’utiliser ou l’exporter.

Regard vers 2026 : consolidation ou entrave? Pour 2026, Ember est clair : le chemin du dépassement est ouvert, mais non garanti. Si l’UE n’accélère pas le déploiement des batteries, des réseaux et des mécanismes de flexibilité, le gaz continuera d’être le juge silencieux du système électrique.

En Espagne, les changements réglementaires adoptés en 2025 devraient permettre aux renouvelables et au stockage d’assumer des rôles qui, jusqu’à présent, incombaient uniquement au gaz. De nouveaux facteurs de pression apparaissent également, tels que l’arrivée massive de centres de données, l’augmentation des péages électriques et les tensions territoriales croissantes sur le réseau.

Un jalon, mais pas la fin. L’Europe a prouvé qu’elle était capable de produire plus d’électricité propre que de fossiles. C’est une réalisation technique et politique significative. Cependant, il est évident que produire ne suffit pas.

Le véritable succès de la transition ne se mesurera pas seulement par des pourcentages d’énergies éoliennes et solaires, mais aussi par la manière dont cette LesNews se traduira par des prix bas, une stabilité du système et une moindre dépendance extérieure. Le sorpasso marque un tournant décisif. La phase la plus complexe commence maintenant : transformer le leadership en matière d’énergies renouvelables en bien-être économique et en sécurité énergétique pour les citoyens européens.

Points à retenir

  • La part de l’énergie éolienne et solaire a atteint 30 % de l’électricité de l’UE en 2025.
  • 14 pays européens génèrent plus d’électricité grâce à l’éolien et au solaire qu’au charbon ou au gaz.
  • Les énergies renouvelables ont fourni 48 % de l’électricité européenne, même en période climatique difficile.
  • Le charbon a atteint un niveau record bas de 9,2 % du mix électrique européen en 2024.
  • Le gaz, malgré une légère hausse, demeure en retrait par rapport à son pic de 2019.
  • Le stockage et la flexibilité sont cruciaux pour maintenir cette transition énergétique.
  • Des améliorations dans les infrastructures sont nécessaires pour optimiser la circulation de l’énergie.

Dans cette dynamique, je me demande comment nous pourrions collectivement agir pour garantir que cette transition soit encore plus inclusive et efficace. Ne devrait-on pas repenser nos infrastructures pour ne pas laisser des pays riches en énergies renouvelables comme l’Espagne, bloqués malgré leur potentiel ? La discussion sur l’énergie durable ne fait que commencer, et il est crucial d’y prendre part.


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