Les employés d’Ubisoft sont en grève depuis deux jours, s’inscrivant dans un mouvement de trois jours qui a débuté hier avec la participation d’au moins 1 200 salariés, principalement en France et à Milan. Cette mobilisation fait suite à l’instauration d’un mandat de retour au bureau par l’éditeur, qui a annoncé la suppression éventuelle de 200 postes dans le cadre d’une restructuration plus vaste. Ce tour de vis a également entraîné le report de sept jeux à venir et l’annulation de six titres, dont tant attendu remake de Prince of Persia: The Sands of Time. Un développeur expérimenté d’Assassin’s Creed a été licencié après avoir exprimé ses critiques sur les réseaux sociaux. Actuellement, les employés se mobilisent pour faire entendre leur voix.
Dans un communiqué commun publié sur Bluesky le 28 janvier, un groupe de cinq syndicats français a appelé le personnel international d’Ubisoft à participer à une grève de trois jours du 10 au 12 février. Ubisoft emploie environ 17 000 personnes à l’échelle mondiale, sur des sites en Europe, Amérique du Nord et Asie. « Il est temps que notre direction comprenne qu’elle ne peut pas agir à sa guise, que ce soit avec de l’argent public ou le travail de centaines de personnes », ont-ils déclaré.
La direction d’Ubisoft exige le retour de tous les employés restants au travail présentiel, cinq jours par semaine. Les syndicats critiquent particulièrement ce mandat, affirmant : « Nous sommes traités comme des enfants qui ont besoin d’être surveillés, tandis que notre direction se permet des mensonges et des violations des lois. »
Suite à la fermeture d’études, à l’annulation de projets et aux délais de livraison de jeux — que l’entreprise a qualifiés de « remaniement organisationnel, opérationnel et de portefeuille majeur » — Ubisoft a confirmé son intention de réduire jusqu’à 200 postes, représentant environ 18 % des 1 100 employés basés à Paris. Ce processus se fait par le biais d’une Rupture Conventionnelle Collective (RCC), permettant aux employés syndiqués de négocier collectivement les termes de leur départ. En gros, les syndicats vont aider les employés concernés à négocier une indemnité de départ en se basant sur leur ancienneté. Ce remaniement a été présenté par Ubisoft comme une « accélération des initiatives de réduction des coûts. » À la date du 25 janvier, l’action de l’entreprise avait chuté à son niveau le plus bas depuis 15 ans.
Le mandat de retour au bureau est particulièrement mal perçu, car de nombreux employés d’Ubisoft travaillent à distance et vivent à des heures de leurs bureaux. Pour ces travailleurs, ce mandat semble impraticable, et certains le voient comme une manœuvre d’Ubisoft pour les inciter à démissionner sans avoir à verser d’indemnités.
“De nombreux travailleurs ont été embauchés avec des contrats entièrement à distance et vivent à des heures du bureau”, a déclaré un représentant du syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo. “Pour eux, ce changement de politique signifie qu’il n’y a d’autre option que de partir.”
Des photos et vidéos de la grève circulent sur les réseaux sociaux, dont une où des employés d’Ubisoft dansent sous la pluie à Milan.
La nouvelle de la grève a d’abord été relayée par le journal économique français Les Echos le 27 janvier. Les syndicats impliqués sont CGT, la CFE-CGC, Printemps écologique, Solidaires Informatique, et le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo.
Points à retenir
- La grève a en cours depuis deux jours, mobilisant environ 1 200 employés.
- Les employés protestent contre un retour obligatoire au bureau et des suppressions de postes.
- Ubisoft a annoncé des reports et annulations de jeux majeurs.
- Les syndicats jouent un rôle crucial dans la négociation des conditions de départ pour les employés touchés.
- De nombreux travailleurs, embauchés avec des contrats à distance, trouvent difficile le retour au bureau.
En tant que passionné de l’industrie du jeu vidéo, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’avenir d’Ubisoft face à cette crise. Comment l’entreprise réagira-t-elle à la pression de ses employés ? Et surtout, quelles leçons peut-on tirer d’une telle situation pour l’ensemble du secteur ? L’équilibre entre innovation, gestion des talents et rentabilité est plus crucial que jamais, et il semble que cette affaire pourrait bien marquer un tournant pour l’avenir du travail dans cette industrie dynamique.