dim. Juin 14th, 2026

Alex Hutchinson, ancien directeur créatif de Far Cry 4 et d’Assassin’s Creed 3, a récemment exprimé ses réflexions sur Ubisoft et son évolution au fil des ans dans un entretien accordé à PC Gamer. Il a quitté l’entreprise en 2017 pour fonder Typhoon Studios, ce qui lui offre une perspective unique sur les transformations qu’a connues la société.

Détails de ses observations.

Ce qui est arrivé à Ubisoft selon Hutchinson

Hutchinson souligne qu’il est “dommage” que plusieurs problèmes se soient accumulés au fil du temps. À l’origine, Ubisoft était capable de gérer de vastes équipes tout en leur offrant un certain contrôle créatif, ce qui permettait la production rapide de grands jeux.

Cependant, un afflux d’investissements de sociétés extérieures au secteur du jeu vidéo a conduit de nombreux talents à quitter Ubisoft pour fonder leurs propres studios. Hutchinson fait partie de ces créateurs, même si son équipe a été acquise par Stadia, qui a ensuite fermé ses portes, entraînant la fermeture de son studio.

Il ajoute qu’à partir du moment où les meilleurs talents ont quitté l’entreprise, la taille d’Ubisoft est devenue un handicap. La pandémie a également compliqué la gestion des équipes. « Lorsqu’on a un groupe de 800 personnes, il est difficile de le coordonner, même si tout le monde est dans le même bâtiment. Que se passe-t-il s’ils ne viennent pas au bureau ? Comment les encadrer ? De plus, les nouveaux employés travaillent davantage à distance et hésitent à poser des questions. Il me semble qu’Ubisoft a un peu perdu son rythme ».

Historiquement, Ubisoft a produit de nombreux jeux à un rythme soutenu, par exemple, de l’Assassin’s Creed initial à Black Flag en seulement six ans (six jeux au total). En revanche, au cours des six dernières années, seuls Valhalla, Mirage et Shadows ont vu le jour. Si moins de suites ne posait pas de problème en soi, cela deviendrait préoccupant si cela impliquait le manque de nouvelles idées et de nouveaux jeux, ce qui, selon Hutchinson, semble être le cas.

Il précise qu’Ubisoft a toujours cherché à maximiser le potentiel de ses franchises, tout en développant quelques nouvelles IP. Cependant, à un moment donné, l’entreprise est devenue « réticente à l’innovation« , annulant des projets prometteurs comme Pioneer, sur lequel il travaillait.

Les défis ne s’arrêtent pas là; Hutchinson évoque également un « millier de petites choses » qui contribuent aux difficultés d’Ubisoft, y compris des problèmes dans la gestion de contenu numérique, avec des tentatives infructueuses de créer une plateforme concurrente à Steam (Uplay, devenu Ubisoft Connect).

Récemment, Ubisoft entreprend une restructuration, avec l’annulation de jeux et des licenciements de développeurs, comme cela a été le cas à Ubisoft Toronto.

Points à retenir

  • Les problèmes d’Ubisoft résultent d’un mélange de départs de talents et d’une gestion complexe des grandes équipes.
  • Les évolutions récentes et la pandémie ont affecté la productivité et la créativité de l’entreprise.
  • Ubisoft a quitté son approche d’innovation régulière pour se concentrer sur les suites de franchises existantes.
  • Le retard dans la création de nouveaux projets pourrait avoir des implications pour l’avenir de l’entreprise.
  • La restructuration actuelle pourrait redéfinir la direction créative d’Ubisoft.

La situation actuelle d’Ubisoft nous invite à réfléchir sur l’importance de l’innovation dans un secteur en constante évolution. En tant que passionné de jeux vidéo, je ne peux m’empêcher de me demander si cette phase de transition pourrait finalement offrir à Ubisoft l’opportunité de renouveler son créneau et de redonner vie à des concepts audacieux. La transformation est parfois nécessaire pour raviver la créativité, mais jusqu’où cela peut-il aller ? La question mérite d’être posée.


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