mar. Juin 23rd, 2026

La justice ukrainienne a enregistré, depuis 2022, au moins 90 000 cas de désertion ou d’absence sans autorisation. En 2024, cette tendance a montré une augmentation significative, selon des sources officielles. Le manque de recrues au sein de l’armée ukrainienne est devenu un enjeu face aux forces russes, qui disposent d’un plus grand nombre de soldats et poursuivent des opérations agressives sur le terrain.

La crainte du front oriental

Oleksandr, âgé de 45 ans, a quitté les lignes de combat dans la région de Louhansk. Il raconte avoir vu ses camarades mourir sous le feu des russes et avoir redouté qu’une contre-attaque ne soit son arrêt de mort. D’une voix apaisée, il décrit son peloton comme des “gens ordinaires, des travailleurs”. Ce soldat est pourtant retourné au front malgré les avertissements de ses proches, poussé par un sentiment de culpabilité en voyant d’autres jeunes être envoyés à la guerre.

Buch, 29 ans, évoque sa désertion après avoir été blessé lors de la libération de Kherson à la fin de 2022. Il parle du stress constant sous les bombardements et de la détérioration mentale qui progresse à chaque attaque. Malgré cela, il a fini par revenir au front, motivé par le sens des responsabilités envers ses camarades. En août, le parlement ukrainien a approuvé une amnistie pour ceux qui reprennent service dans l’armée. Les 47ème et 53ème brigades ont également annoncé en décembre leur intention de réintégrer des soldats ayant quitté les lignes de combat. La justice estime que 8 000 de ces militaires ont regagné leurs unités.

Nouvelle formation et soutien psychologique

Certains déserteurs signalent que les forces armées ukrainiennes ont amélioré leur formation médicale et militaire depuis le début de l’invasion. Certains supérieurs ont modifié leur approche vis-à-vis des troupes. Siver, un commandant du 1er Bataillon d’Assaut Séparé, connu sous le nom de Da Vinci, estime que le soutien psychologique pourrait également aider à surmonter les semaines dans les tranchées, au milieu du froid, de la boue et du manque de ressources.

Plusieurs soldats revenus au front évoquent le remords comme une raison forte pour leur retour, même s’ils n’ont pas de certitudes sur l’avenir. Oleksandr se souvient que son entourage préférait le voir en prison plutôt que mort, tandis que Buch souligne que la peur de laisser des camarades derrière pèse plus que la crainte de faire face à un tribunal.

Siver constate une augmentation des recrues forcées, et que tous ne sont pas prêts à combattre. De nombreux vétérans ont été blessés ou ont perdu la vie, laissant un vide difficile à combler. Il n’existe pas de solution simple pour endiguer la désertion, et les témoignages de ceux qui retournent au front reflètent l’épuisement prolongé d’un conflit qui s’étire sans dénouement clair.

Bon à savoir

  • La situation de l’armée ukrainienne est marquée par des fluctuations dans le moral des troupes et les conditions de combat.
  • Les mesures d’amnistie pourraient encourager certains militaires à reprendre service.
  • Le soutien psychologique se révèle essentiel dans la gestion du stress et des traumatismes liés à la guerre.


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4 thoughts on “Le choc psychologique des mois de bombardements en Ukraine”
  1. C’est fou comme la pression psychologique peut affecter le moral des troupes. J’espère qu’ils trouveront un moyen pour surmonter ça, vraiment. La guerre, c’est certainement pas la joie !

  2. Il est crucial de comprendre les effets psychologiques de la guerre sur les soldats. Le soutien psychologique joue un rôle clé dans leur réintégration et leur moral.

  3. Cette lecture sur la réalité des soldats ukrainiens est profondément touchante. Les luttes internes sont souvent invisibles, mais elles résonnent avec la force de l’engagement et du sacrifice.

  4. Le retour des soldats au front malgré la peur est touchant. Cela montre l’importance du soutien et de la solidarité dans des moments si sombres.

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