mer. Juin 24th, 2026

Lors d’une récente émission, le journaliste Youssef El-Husseini a exprimé une critique acerbe à l’encontre de ce qu’il appelle la “nostalgie de Moubarak”, s’adressant à ceux qui prétendent que la vie était meilleure avant 2011. Il a souligné : “Est-il vraiment possible que vous pensiez que tout le monde vivait dans des villas à la mer Méditerranée ou dans les quartiers huppés ?”.

Au cours de son programme “Masa’a Jdid” sur la chaîne Al-Mahwar, El-Husseini a noté que de nombreuses personnes romantisent l’ère de l’ancien président Hosni Moubarak, tout en oubliant les véritables crises économiques qu’ont vécues les Égyptiens, dont les longues files d’attente pour le pain et l’absence de justice dans la répartition des subventions.

Files d’attente pour le pain et le “dollar subventionné”

El-Husseini a évoqué des souvenirs douloureux de cette époque, affirmant que les files d’attente pour le pain pouvaient attendre des heures, et que certaines situations avaient dégénéré en violences physiques pour obtenir un pain subventionné. Il a ajouté : “Est-il raisonnable que les gens regrettaient une époque où des confrontations pour du pain étaient monnaie courante ?”.

Il a aussi critiqué les propos de ceux qui évoquent le prix du dollar à l’époque (5,5 livres égyptiennes), précisant que cette politique ne profitait pas au citoyen lambda, mais bien aux riches importateurs de voitures de luxe, alors que le citoyen moyen peinait à posséder une simple voiture de petite taille, qu’il devait souvent pousser plutôt que conduire.

Inégalités dans l’attribution des subventions

El-Husseini a fait remarquer que le système de subvention sous Moubarak servait davantage les riches que les pauvres, que ce soit pour le pétrole ou le dollar subventionné. “Quelqu’un qui avait une voiture de 70 litres profitait des subventions de la même manière qu’un citoyen dont la voiture ne pouvait même pas contenir 45 litres, si tant est qu’il en avait une”, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que ces politiques avaient amplifié les écarts de classe, accentuant la fracture sociale. “L’État trompait le peuple avec des mesures temporaires, alors que les véritables crises économiques ne cessaient de s’aggraver”, a-t-il ajouté.

Ignorer les problèmes du Caire

En abordant le problème de la congestion urbaine, El-Husseini a affirmé que le régime de Moubarak avait complètement ignoré les appels des intellectuels et des élites à délocaliser la capitale ou à créer de nouvelles villes pour alléger la pression sur le Caire. “Ils écoutaient d’une oreille distraite, alors que la capitale se suffoquait année après année”, a-t-il déploré.

Il a rappelé que l’idée d’une nouvelle capitale était sur la table depuis les années 80 et 90, mais n’a été mise en œuvre qu’après des décennies, rendant la situation plus difficile pour de nombreux citoyens.

Concernant la tragédie de “Dweika”, El-Husseini a évoqué la chute d’une pierre sur des habitants vivant dans des habitations précaires, qualifiant cet incident de symbole de l’échec de l’État à protéger ses citoyens et à leur garantir une vie digne.

Il a ajouté que le déplacement arbitraire des populations vers des zones éloignées, sans fourniture d’écoles ou d’infrastructures, révélait l’absence de vision de développement à cette époque. Beaucoup d’Égyptiens vivaient ainsi dans une “tragédie sociale” en dessous du seuil de pauvreté.

Bien que les conditions de vie soient encore difficiles aujourd’hui, El-Husseini a souligné qu’il existe désormais des projets concrets pour réhabiliter les zones défavorisées comme “Bashayer El-Kheir”, “Roda El-Sayed”, “Al-Khayalah” et “Batan El-Baqara”, précisant que ces avancées ne s’étaient pas manifestées sous l’ère Moubarak, qui avait négligé les besoins de millions d’Égyptiens pendant des décennies.

Enfin, il a ajouté que bien que les rues du Caire soient encore encombrées, l’État s’efforce de créer des alternatives par le biais de nouvelles villes et de projets d’habitat moderne, alors qu’auparavant, il n’y avait pas d’autres solutions que de recourir à des mesures temporaires tant sur le plan politique qu’économique.

Points à retenir

  • Youssef El-Husseini remet en question la nostalgie de l’ère Moubarak, rappelant les crises économiques vécues par les Égyptiens.
  • Les subventions étaient souvent inégalement réparties, favorisant les riches au détriment des plus démunis.
  • Des projets contemporains visent à améliorer les conditions de vie dans les zones défavorisées, contrastant avec l’inaction du passé.

En conclusion, la réflexion de Youssef El-Husseini soulève une question fondamentale : comment prendre en compte les leçons du passé pour bâtir un avenir plus inclusif ? Le dialogue autour de ces réalités économiques et sociales est essentiel pour progresser et éviter les erreurs du passé. Il serait intéressant de savoir comment les opinions des autres citoyens évoluent à ce sujet et quelles solutions ils envisagent pour de futures générations.


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One thought on “Les beaux jours de Moubarak : Pourquoi donnez-vous l’impression que vous achetiez des villas à la plage ?”
  1. Votre analyse soulève des vérités souvent oubliées. En mettant l’accent sur le passé, n’oublions pas de bâtir un futur qui respecte toutes les voix et tous les parcours.

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