Au centre des préoccupations : des limites d’âge claires, des défis techniques concernant la vérification d’âge et une responsabilité accrue pour les entreprises technologiques.
Un accès structuré
Les experts recommandent un modèle différencié. Les enfants de moins de 13 ans ne devraient pas avoir accès seuls aux réseaux sociaux, et une utilisation ne devrait être possible qu’avec une supervision. Pour les tout-petits de moins de trois ans, une absence totale de temps d’écran est conseillée.
Pour les adolescents de 13 à 17 ans, le modèle propose un accès progressif. Des mesures de sécurité supplémentaires et des services adaptés à l’âge seront mis en place, les exigences variant selon les plateformes et leurs standards de sécurité.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé hier que la Commission prévoit de présenter un projet de loi après la pause estivale, probablement en septembre 2026. Son message aux entreprises technologiques est clair : « Les réseaux sociaux ne sont pas des jouets. » Les entreprises doivent assumer une responsabilité comparable à celle des fabricants d’automobiles.
Ce que dit la recherche
Les appels à des règles plus strictes sont étayés par des études psychologiques. Des chercheurs du Centre allemand pour la santé mentale (DZPG) mettent en garde : une utilisation excessive des réseaux sociaux nuit au sommeil, à l’estime de soi et à la santé mentale. Les enfants prépubères sont particulièrement susceptibles de développer des angoisses ou des dépressions liées à la possession précoce d’un smartphone.
Les chiffres actuels sont préoccupants : les adolescents passent en moyenne de quatre à six heures par jour devant des écrans. Près de 60 % des jeunes enfants ont déclaré avoir déjà rencontré des problèmes émotionnels ou psychosociaux en ligne.
Bien que l’UE envisage des règles plus strictes pour les réseaux sociaux, les entreprises doivent d’ores et déjà relever le défi d’une mise en conformité avec les nouvelles réglementations numériques.
Les experts soulignent que ce n’est pas seulement la durée d’utilisation qui importe, mais aussi les modèles d’utilisation individuels. Une étude australienne a révélé qu’une utilisation modérée – jusqu’à 12,5 heures par semaine pour les adolescents plus âgés – peut être associée à un mieux-être plus important que l’abstinence complète. Les signaux d’alerte incluent une perte de contrôle, une détérioration de l’humeur lorsque l’on ne se connecte pas et la négligence des loisirs.
Les plateformes sous obligation de preuve
Un des points clés des nouvelles régulations envisagées : la charge de la preuve sera inversée. Les exploitants de plateformes comme TikTok, Instagram ou Facebook devront prouver que leurs services sont sans danger pour les jeunes. La Commission européenne examine déjà si des fonctionnalités telles que le défilement infini, l’autoplay ou les recommandations personnalisées favorisent les comportements d’utilisation compulsifs. Des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel sont prévues en cas de non-conformité au Digital Services Act (DSA).
Pour faire respecter les limites d’âge, une application européenne de vérification d’âge est planifiée, afin de résoudre le problème actuel du contournement facile des restrictions existantes.
Tendances internationales vers des règles plus strictes
L’UE n’est pas seule dans cette démarche. Un mouvement global se dessine :
- Australie a déjà introduit en décembre 2025 un interdit général pour les moins de 16 ans.
- Royaume-Uni a interdit l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans depuis le 15 juin 2026.
- Allemagne prévoit des mesures supplémentaires. Bien que le Conseil éthique allemand ait rejeté un interdit général le 11 juin 2026, il a recommandé un concept de protection basé sur les risques, avec un projet de loi proposé par la ministre de la Famille, Prien, d’ici la fin 2026.
Tandis que l’UE prend en main l’application face aux grandes plateformes, plusieurs États membres – dont la France, l’Espagne et l’Autriche – préparent leurs propres réglementations nationales. La protection des mineurs sur Internet devient un grand projet européen.
Points à retenir
- Une utilisation des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 13 ans doit être surveillée.
- Les adolescents de 13 à 17 ans auront accès à des services sécurisés adaptés à leur âge.
- Des études indiquent que l’utilisation excessive des réseaux sociaux impacte négativement la santé mentale.
- La charge de la preuve pour la sécurité des jeunes sera déplacée vers les plateformes.
- Une application de vérification d’âge est en préparation pour renforcer le respect des limites d’âge.
- Des mesures similaires à l’échelle mondiale montrent une tendance vers une plus grande protection des mineurs.
Pour moi, il est essentiel de se demander comment nous, en tant que société, pouvons équilibrer l’innovation numérique et la protection des plus jeunes. Les réseaux sociaux ont leur place dans nos vies modernes, mais il est crucial d’assurer un environnement sûr pour nos enfants. Comment allons-nous procéder à l’ère numérique ? Cette question mérite d’être débattue et réfléchie collectivement.
