Le Premier ministre serbe, Milos Vucevic, a annoncé sa démission ce mardi matin, alors que des manifestations estudiantines révèlent le mécontentement général face à la tragédie survenue à Novi Sad, ainsi qu’à la réponse jugée répressive du gouvernement vis-à-vis des efforts de commémoration des victimes.
Le 1er novembre, un effondrement de marquise à la gare de Novi Sad, survenu lors de travaux de rénovation, a causé la mort de 15 personnes. Vucevic est le troisième ministre à quitter ses fonctions à la suite de cette catastrophe, après le ministre de la Construction, des Transports et des Infrastructures, Goran Vesic, et le ministre du Commerce intérieur et extérieur, Tomislav Momirovic, également en novembre. Le Premier ministre a expliqué que sa décision faisait suite aux attaques violentes dont ont été victimes des groupes d’étudiants dans la nuit de lundi à Novi Sad.
« Je pense que le politique auquel j’appartiens, le parti que je dirige… doit faire preuve d’une grande responsabilité… Il doit faire preuve d’une réelle responsabilité. C’est pourquoi, après les événements tragiques d’hier soir à Novi Sad, ma décision irrévocable est de démissionner de mon poste de Premier ministre », a-t-il déclaré.
Vendredi dernier, de nombreux Serbes ont choisi de ne pas se rendre au travail en réponse à un appel à une grève générale, tandis qu’en décembre, environ 100 000 personnes ont manifesté à Belgrade. D’autres manifestations, plus modestes, se sont également produites dans diverses villes du pays.
Le lundi suivant, une artère sur laquelle passent de nombreuses voitures à Belgrade a été bloquée pendant 24 heures, intensifiant ainsi la pression sur les autorités. Des agriculteurs en tracteurs et des milliers de citoyens ont rejoint ce blocage, qui faisait suite à plusieurs semaines de mobilisations réclamant des comptes en lien avec l’effondrement, que de nombreux opposants imputent à la corruption généralisée du gouvernement.
Cinq étudiants ont été attaqués lundi soir. Selon les victimes, les agresseurs provenaient des locaux du Parti progressiste serbe (SNS) au pouvoir. Une étudiante de 23 ans est encore hospitalisée. Certains étudiants ont été attaqués alors qu’ils réalisaient des graffitis devant le siège du parti, appelant à une manifestation à Novi Sad le samedi suivant.
Vucevic a dénoncé ces attaques, mais a également essayé de minimiser la gravité des faits, affirmant que « quelqu’un faisait des graffitis sur le local du parti » et que ceux à l’intérieur « ont ressenti le besoin de se défendre ». Il a aussi annoncé la démission du maire de Novi Sad, Milan Djuric.
Les manifestants réclament des comptes au gouvernement du président Aleksandar Vucic en raison de cette catastrophe. Ils suspectent que la corruption ou la négligence des autorités ont pu causer l’effondrement de la marquise en béton de la gare, récemment rénovée.
Leurs revendications sont claires : publication de tous les documents relatifs aux travaux de rénovation de la gare, poursuite des responsables des agressions contre les étudiants et professeurs durant les manifestations, cessation des poursuites contre les étudiants arrêtés durant les mobilisations, et augmentation de 20 % du budget pour l’enseignement supérieur.
Les partis d’opposition demandent un gouvernement de transition, espérant qu’il pourrait permettre l’organisation d’élections libres et transparentes. Cependant, Vucic a rejeté ces demandes, affirmant que les Serbes « veulent des personnes normales au pouvoir, et non des politiques qui ne suscitent pas la confiance ».
Pour tenter d’apaiser la crise, le président a organisé une conférence de presse lundi soir avec Vucevic et la porte-parole du Parlement, Ana Brnabic, dans laquelle il a appelé au « dialogue » et annoncé qu’une refonte du cabinet allait avoir lieu très prochainement.
Dans un climat de mécontentement continu, les étudiants ont bloqué des bâtiments universitaires pendant près de deux mois, suite à l’agression d’un manifestant devant la Faculté d’art dramatique de Belgrade le 22 novembre. À Belgrade, à Novi Sad et dans d’autres villes, des manifestations silencieuses de quinze minutes à la mémoire des victimes ont été régulièrement organisées.
L’effondrement a eu lieu à l’issue d’importants travaux de rénovation entamés en 2021, dans le cadre d’une modernisation des infrastructures ferroviaires serbes, réalisée par des entreprises chinoises. Les travaux ont été inaugurés en 2022, durant la campagne électorale de cette année-là, mais ont continué jusqu’à juillet 2024, lorsque les autorités ont déclaré que la gare avait été reconstruite « conformément aux normes européennes ».
Treize personnes, dont l’ancien ministre serbe de la Construction, ont été accusées de mise en danger de la sécurité publique en raison de l’effondrement de la marquise.
Vucevic, qui a succédé à Brnabic en tant que Premier ministre en mai 2024, est perçu comme un proche du président Vucic, qui l’a également désigné président du SNS en mai 2023. Il a occupé le poste de maire de Novi Sad de 2012 à 2022, avant de devenir ministre de la Défense.
Sa période à la tête de la municipalité de Novi Sad a été marquée par des controverses, notamment dans le domaine de l’urbanisme. La proposition de démolition du Centre sportif et d’affaires de Vojvodine a été abandonnée après avoir suscité le mécontentement du public.
Points à retenir
- Le Premier ministre serbe Milos Vucevic a démissionné en réponse à la catastrophe de Novi Sad et aux manifestations estudiantines.
- Cinquante personnes ont perdu la vie lors de l’effondrement de la marquise à la gare, provoquant des dénonciations massives contre le gouvernement.
- Les manifestations en Serbie se poursuivent avec des revendications précises concernant la transparence et la responsabilité des actions gouvernementales.
En conclusion, cette tourmente politique en Serbie soulève des questionnements pertinents sur la responsabilité gouvernementale et la confiance du public. Quelles seront les répercussions à long terme sur la démocratie et la gouvernance dans le pays si les réclamations des citoyens ne sont pas prises en compte ? L’engagement de la population pour faire entendre ses voix pourrait influencer bien au-delà de cette crise spécifique.
La démission de Vucevic montre le mécontentement croissant en Serbie. La population veut des comptes et plus de transparence. Espérons qu’un changement positif survienne.
Les événements récents en Serbie montrent à quel point la responsabilité des dirigeants est cruciale. Espérons que cette tourmente mène à des changements positifs et transparents pour le peuple.
La démission du Premier ministre est un signe fort. Cela montre que le mécontentement grandissant ne peut plus être ignoré. Les citoyens méritent des réponses et des actions concrètes.