1 sur 6 | Margaret Qualley interprète Honey O’Donahue dans Honey Don’t, en salles vendredi. Photo fournie par Focus Features LLC
LOS ANGELES, 21 août — Honey Don’t, qui sort en salles ce vendredi, est une escapade légère mais divertissante réalisée par Ethan Coen. Le film partage une certaine étrangeté avec Fargo, The Big Lebowski et d’autres comédies noires réalisées avec son frère, Joel Coen, mais ces films demeurent des références difficiles à égaler.
Margaret Qualley incarne Honey O’Donahue, une détective privée dont la cliente, Mia Novotny (Kara Peterson), trouve la mort dans un accident de voiture. Le public a déjà appris qu’une femme française, connue plus tard sous le nom de Chére (Lara Abova), est la meurtrière de Mia.
Les affaires personnelles de Mia mènent Honey à l’église du révérend Drew (Chris Evans), qui gère un trafic de drogue avec Chére. Un des livreurs de Drew, Hector (Jacnier), tue accidentellement un de ses clients, compliquant l’affaire davantage.
Le film raconte une histoire qui rappelle Blood Simple et Fargo, où des criminels peu malins compliquent des délits simples par leur incompétence, finissant par commettre des crimes bien plus graves que ceux initialement prévus. Les hommes de main de Drew sont clairement visibles, leurs mâchoires béantes indiquant leur confusion face aux ordres simples de Drew.
Le récit se compose de nombreux événements alambiqués pour une intrigue qui s’articule autour d’un deal de drogue qui tourne mal. Au fur et à mesure que la situation s’aggrave, on trouve plusieurs meurtres accidentels dans un style propre aux Coen, bien que certains éléments déjà utilisés dans d’autres œuvres, comme la déchiqueteuse de Fargo, semblent avoir moins d’impact ici.
La nièce de Honey, Corinne (Talia Ryder), entre également en scène, se présentant à sa tante avec un problème qu’elle préfère garder secret de sa mère (Kristen Connelly). Plus tard, la disparition de Corinne se révèle aussi liée à l’affaire.
L’orientation sexuelle de Honey est abordée comme une particularité, alors qu’elle devrait simplement faire partie de son identité. Les tentatives de la part du détective homicide Marty (Charlie Day) de la séduire semblent datées et dépassées.
En revanche, la relation entre Honey et l’agente MG Falcone (Aubrey Plaza) mérite d’être soulignée. Leur rencontre dans un bar est palpablement séduisante, et la scène d’amour qui suit représente un véritable soulagement.
Les frères Coen n’ont que rarement exploré la thématique du sexe dans leurs films, même le sexe dans Lebowski se veut absurde. En revanche, Honey Don’t aborde le sujet avec une ampleur qui varie entre le comique et le passionné, parfois même gratuit.
Le premier indice qui conduit Honey à Drew est lié à un réseau sexuel qu’il gère avec ses paroissiens. La scène d’introduction de Drew en est un exemple.
Honey et MG constituent des personnages séduisants, héritiers des traditionnelles femmes fatales et des déterminés optimistes. Bien qu’ils existent dans le monde moderne, leur façon d’être les différencie de la plupart des personnages de films de 2025.
Il est surprenant qu’aucun personnage ne parle de la détermination de Honey, attitude que visent Coen et sa co-scénariste Tricia Cooke. Ce n’est pas non plus la première production associée aux Coen à explorer de tels personnages, dont Fargo, Raising Arizona, The Hudsucker Proxy et Intolerable Cruelty.
En outre, aucun personnage de Honey Don’t ne peut être qualifié de générique, à tel point qu’il arrive parfois qu’ils en fassent trop. À titre d’exemple, l’assistante de Honey, Spider (Gabby Beans), souhaite aider mais ne parvient pas à trouver quoi que ce soit que Honey ne puisse faire seule.
L’un des nouveaux clients de Honey, M. Siegfried (Billy Eichner), essuie toujours la chaise sur laquelle il s’assoit en raison du COVID. Un homme âgé (Kale Browne) apparaît aléatoirement, reste trop longtemps et sort des propos peu rassurants vis-à-vis des femmes célibataires qu’il suit.
Bien que le film se termine de manière un peu trop prévisible, il ne manque pas d’intérêt en cours de route. Avec moins de 90 minutes, Honey Don’t peut se permettre d’être un échantillon de morceaux moins connus d’un frère Coen.
Bon à savoir
- Style Coen : Ce film rappelle le ton mordant et l’absurde des précédents travaux des frères Coen.
- Thèmes sociaux : L’intrigue aborde subtilement des thématiques comme le trafic de drogue et les dynamiques interpersonnelles.
- Personnages solides : La représentation de femmes déterminées et de structures de pouvoir atypiques est une constante dans le cinéma contemporain.
Avec Honey Don’t, Ethan Coen continue d’explorer des personnages intrigants évoluant à l’ombre de la moralité. Cela soulève des questions sur la complexité humaine et la représentation des femmes dans le cinéma. Que pouvons-nous attendre de futurs scénarios qui repensent les stéréotypes et les dynamiques traditionnelles du genre ? L’avenir du cinéma pourrait bien reposer sur la diversité et la nuance, mais cela dépendra des choix des créateurs à venir.
