Le mois de janvier est souvent l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée : classements des meilleurs et des pires films, performances marquantes, ou encore hommages aux figures du cinéma disparues durant l’année.
Récemment, après avoir visionné de nombreux films anciens sur TCM et diverses plateformes à la demande, je me suis rendu compte de la disparition de certains objets et comportements dans le septième art depuis les années 1950 et les périodes antérieures (à quelques exceptions près pour les œuvres contemporaines se déroulant dans le passé).
Il va sans dire que les téléphones ont radicalement évolué au fil des décennies. Beaucoup de thrillers anciens auraient été considérablement écourtés si les protagonistes avaient eu un téléphone portable au lieu de chercher une ligne fixe à cadran. Par ailleurs, l’absence des cabines téléphoniques en bois et verre (souvent présentes dans les drugstores) signifie moins d’endroits pour se cacher (ou se changer en super-héros), tout en éliminant des scènes familières où un informateur contactait la police, avec le risque d’être abattu sur place.
Les modes vestimentaires changent constamment dans la réalité, mais aussi dans les films, surtout en ce qui concerne les femmes. Chez les hommes, il y a des pièces de vêtements qui ont complètement disparu. Les spats (spatterdashes à l’origine) ont disparu dans les années 1920, mais ont continué à apparaître dans les films jusqu’aux années 1930. Ces couvre-chaussures blancs portés sur la cheville et le dessus du pied étaient initialement conçus pour protéger les chaussures et les bas des éclaboussures et de la boue (à une époque où l’on se déplaçait encore en calèche), bien que leur couleur blanche demeure un mystère. On pouvait également apercevoir dans ces anciens films des jarretières pour maintenir les bas (avant l’avènement des chaussettes à élastiques).
À l’autre extrémité, le comportement masculin a évolué. Dans les films des années 1940 et 1950, la plupart des hommes portaient des chapeaux, qu’ils gardaient généralement même à l’intérieur. Aujourd’hui, les joueurs de poker professionnels privilégient souvent les casquettes et les sweats à capuche pour dissimuler leur visage durant les jeux. À l’époque, le port de fedoras, de derbies ou même de chapeaux haut-de-forme était courant, souvent associé à des professions telles que reporter, détective, ou criminel. Ces chapeaux symbolisaient alors la virilité et la confiance.
De même, des comportements typiques des femmes dans les films de cette époque ont disparu, comme l’application de rouge à lèvres en public, le fait de mâcher du chewing-gum de manière ostentatoire ou même de s’évanouir, rendant les sels aromatiques, autrefois utilisés pour les ranimer, obsolètes.
D’autres objets visibles dans les vieux films, mais absents de notre quotidien et donc des productions contemporaines, incluent les bouteilles de seltz (pour ajouter du pétillant aux cocktails) et les valises que l’on portait plutôt que de faire rouler. Les énormes malles transportant l’ensemble de sa garde-robe pour de longs voyages en mer ont également disparu, sauf exceptions.
Il est évident que les cigarettes n’apparaissent désormais que dans les films d’époque. Leur interdiction dans le cinéma contemporain a engendré une perte considérable, non seulement en termes de placement de produit. Le problème ne réside pas tant dans la simple présence de l’objet (sauf si une cigarette ou ses cendres servent d’indice pour la police), mais dans le comportement associé à l’acte de fumer.
Les scènes classiques permettant de dévoiler le caractère d’un personnage dans les films anciens incluent le fait d’allumer une cigarette pour un être cher comme une cour intime, de jeter une cigarette avec colère, de souffler des ronds de fumée pour afficher son nonchalance, d’expulser de la fumée avec mépris au visage d’un adversaire, ou de faire preuve d’agilité en saisissant une cigarette. Un simple geste comme allumer une cigarette pouvait être enrichi par l’utilisation d’un briquet ou d’allumettes, souvent utiles comme indices dans les intrigues policières.
Cependant, je me demande toujours pourquoi, dans les films des années 1930 et 1940, les gens entraient (et sortaient) de leurs automobiles de cette manière. À l’époque, tous les véhicules avaient des banquettes, et souvent, le conducteur montait par la porte du passager pour glisser derrière le volant, tandis qu’un passager montait également par la porte du conducteur pour se déplacer. Sortir de la voiture inverse le processus. Cela me semble peu raisonnable. Est-ce un reflet du comportement de l’époque ou une facilité cinématographique ? Si quelqu’un a des éclaircissements, n’hésitez pas à les partager.
Article original rédigé par : Richard J. Leskosky.
Bon à savoir
- Les vêtements et accessoires des personnages de films peuvent raconter beaucoup sur leur identité sociale et leur époque.
- La manière dont les personnages interagissent avec leur environnement peut influencer la perception du public.
- L’évolution des technologies, comme les téléphones, a transformé le scénario cinématographique traditionnel.
La réflexion sur l’évolution du cinéma invite à se demander comment ces disparitions façonnent les récits contemporains. Quels autres éléments, perçus comme banals, pourraient aujourd’hui disparaître ou être réinventés dans notre façon de raconter des histoires à l’écran ?

Il est fascinant de voir comment les objets et les comportements au cinéma évoluent avec le temps. Cela reflète vraiment notre société et ses changements technologiques.