Un exemple frappant se trouve au début du film, avant même que le véritable brutalisme ne soit mis en avant. La bibliothèque que László Tóth conçoit comme une « surprise » pour l’industriel fortuné Harrison Lee Van Buren (interprété par Guy Pearce) s’inscrit davantage dans le modernisme que dans le brutalisme, avec ses lignes épurées et son travail sur la profondeur et la perception. Il s’agit également d’un simple projet de réaménagement que László et son cousin (Alessandro Nivola) entreprennent en tant qu’ouvriers d’un jour.
Cependant, László est un perfectionniste et un artiste. Peu importe que les conditions soient modestes — il est, après tout, un immigrant réfugié d’après-guerre —, il trouve toujours des moyens de s’exprimer. Cela se manifeste par de petites attentions, comme lorsqu’il déplace le nouveau fauteuil de lecture de Harrison au centre de la pièce pour profiter au maximum de la lumière du soleil. C’est une évocation d’un artiste peaufinant son art uniquement pour le plaisir de créer — et une première réflexion sur le film. Malgré tout son génie et son attention, même en embellissant la vie des riches et puissants, l’immigrant reste cantonné au rôle de serviteur : un invité autorisé dans leur maison, mais jamais véritablement accueilli. Cela est confirmé lorsque Harrison, pris de colère, fait son apparition quelques instants plus tard. – DC
Les détenus donnent vie à Breakin’ the Mummy’s Code à Sing Sing
Comme on peut s’y attendre d’un drame carcéral centré sur un homme condamné à tort, Sing Sing regorge de moments sombres. Toutefois, le réalisateur Greg Kwedar parvient à créer un film qui va au-delà de la souffrance humaine et de la misère, en partie grâce aux expériences réelles d’anciens détenus ayant participé au programme Rehabilitation Through the Arts, et aussi parce qu’il fait jouer des personnes récemment libérées dans leurs propres rôles.
Cette véracité permet à Kwedar et à son co-scénariste Clint Bentley de déceler non seulement des notes d’humanité, mais aussi une joie authentique, dans l’obscurité de Sing Sing. Cette joie se manifeste lorsque les détenus présentent une pièce qu’ils ont écrite, Breakin’ the Mummy’s Code. Un mélange enchanteur qui inclut voyage dans le temps, cowboys, dieux mythiques, et même Freddy Krueger, Breakin’ the Mummy’s Code révèle les personnages à leur apogée, non entravés ni par des prisons injustes ni par des conventions de genre. – Joe George
Paul franchit les limites dans Dune : Partie Deux
Les films de Denis Villeneuve, Dune et Dune : Partie Deux, apportent de nombreuses satisfactions aux admirateurs des œuvres de Frank Herbert. Les réalisateurs réussissent à conserver une grande partie de la mythologie complexe et du world-building des livres, tout en simplifiant certains concepts pour un public plus large. Des acteurs de haut niveau et des effets spéciaux donnent vie au dévoué Stilgar, au perfide Baron Harkonnen, et, bien sûr, aux énormes vers des sables. Pourtant, les passionnés des livres ne peuvent s’empêcher de ressentir une certaine appréhension au fil du récit : « Comprennent-ils vraiment cela ? Sont-ils conscients que Paul pourrait devenir tout aussi corrompu que n’importe quel autre leader charismatique ? »
Toutes ces craintes s’effacent dans les derniers instants de Dune : Partie Deux. Alors que son ennemi Feyd-Rautha est vaincu et que ses partisans scandent « Lisan al-Gaib » derrière lui, Paul retire le couteau de son épaule et fixe l’Empereur Shaddam Corrino IV. Délesté de l’hésitation qui caractérisait chacun de ses précédents regards vers l’avenir, Paul exige maintenant une adoration générale et ordonne à ses troupes de lancer une guerre sainte contre les dissidents. Renforcé par la marche défiant de Zendaya dans le rôle de Chani qui s’éloigne, par les notes mélancoliques de la bande originale de Hans Zimmer, et par l’expression frénétique que Timothée Chalamet parvient à glisser dans le regard stoïque de Paul, il est clair que Muad’Dib n’est pas le héros libérateur qu’on espérait. Il n’est qu’un homme enivré par le pouvoir, comme Herbert l’avait prévu. – JG
Bon à savoir
- Les films de Villeneuve s’inspirent non seulement des livres, mais explorent aussi des thèmes philosophiques profonds.
- Le programme Rehabilitation Through the Arts à Sing Sing met en avant la réhabilitation par l’art, proposant aux détenus une forme d’expression créative.
- La pièce Breakin’ the Mummy’s Code illustre comment l’art peut transcender les expériences difficiles et offrir une forme de catharsis.
En réfléchissant sur ces œuvres, on peut se demander comment le récit du pouvoir et de la rédemption continue d’évoluer dans le paysage cinématographique actuel. Les récits de lutte entre l’art et la soumission, ainsi que le poids du pouvoir, sont des thèmes éternels qui méritent notre attention et notre réflexion critique.

Julien, j’adore comment tu explores le contraste entre art et pouvoir dans ces films. Cela donne vraiment matière à réfléchir, même en savourant un bon café!
Ces films offrent une réflexion profonde sur le pouvoir et la créativité, démontrant comment l’art peut servir de catharsis, même dans des contextes difficiles.
Ces films touchent profondément aux luttes humaines, montrant comment l’art et le pouvoir interagissent. Les histoires de résistance et d’espoir sont toujours fascinantes et réconfortantes.
Ces films abordent des thèmes profonds comme le pouvoir et l’art. Ils nous poussent à réfléchir sur notre propre humanité et nos choix en tant que société.