
Une image de ‘Rekhachithram’
| Crédits Photo : Think Music India/YouTube
Rekhachithram suscite une question intrigante : y a-t-il un fan de Mammootty à qui il est ou a été ‘Mammootty chettan’ ? En général, par amour et respect, il est affectueusement appelé Mammookka. Concernant le film, les affiches mettant en scène Anaswaran Rajan en religieuse et Asif Ali en policier laissent à penser qu’elles s’inspirent d’un des meurtres tristement célèbres du Kerala. Cependant, ce n’est pas le cas, car il explore de manière inventive le sous-genre de la fiction spéculative, assez rare dans le cinéma malayalam.
La réalisation de Jofin T Chacko évoque une nostalgie sans pareil ces derniers temps. C’est une déclaration d’amour au cinéma malayalam, un hommage aux films et aux techniciens qui ont pu éveiller sa passion pour le septième art. L’écriture est astucieuse, intégrant de manière organique le passé et le futur dans le récit. Lorsque le scénario dévie légèrement, il est aisé de le pardonner face à l’ingéniosité de ce long-métrage, où passé et présent se croisent avec aisance.
On peut constater que les scénaristes John Manthrickal et Ramu Sunil partagent la même vision que le réalisateur en matière de lore cinématographique. Le film commence comme un thriller d’enquête classique — ce qu’il n’est pas. L’action débute avec la découverte d’un squelette ; Vivek Gopinath, incarné par Asif Ali, le responsable de la police de la localité, est chargé de l’affaire. Cette nouvelle affectation représente une chance de se racheter après avoir été suspendu à cause de son addiction au jeu.
Rekhachithram (Malayalam)
Réalisateur : Jofin Chacko
Distribution : Asif Ali, Manoj K Jayan, Saikumar, Anaswara Rajan, Zarin Shihab
Durée : 139 minutes
Synopsis : Un policier élucide un meurtre vieux de 40 ans survenu lors du tournage d’un film malayalam populaire.
Vivek doit retracer le passé pour découvrir à qui appartient le squelette — la seule piste est une vidéo — tout en affrontant divers obstacles, y compris une ingérence politique. Cela nécessite un travail de terrain traditionnel, car les avancées technologiques étaient rares en 1985, année où le meurtre a été commis. Les informations disponibles en 2024 sont donc inutiles.
La quête pour identifier la victime est longue, intégrant tous les éléments d’une procédure policière avec une nostalgie cinématographique des années 80 — films, figurants et même un clin d’œil au journalisme cinématographique de l’époque. Rekha est une fan inconditionnelle de Mammootty, dont le rêve est de participer à un film et d’agir à ses côtés. Le meurtre survenant lors d’un tournage.
Le film évoqué est l’un des chefs-d’œuvre du scénariste/réalisateur Bharathan, Kathodu Kaathoram ; on y retrouve même une version générée par IA de Bharathan et Mammootty de l’époque. L’usage de l’IA est particulièrement réussi, employé avec modération. Jagadeesh y fait une apparition, mentionnant l’un de ses films, Muthramkunnu PO. De même, le réalisateur Kamal discute de Kathodu Kaathoram. En résumé, c’est un doux voyage au passé avec la chanson ‘Devaduthar paadi…’ résonnant en arrière-plan, cette fois la version originale du film (réinterprétée il y a quelques années dans Nna Thaan Case Kodu, rendant cette mélodie inoubliable).

Anaswara Rajan dans ‘Rekhachithram’
| Crédits Photo :
Think Music India/YouTube
Rekhachithram s’apparente parfois à une enquête au rythme lent, notamment pour un crime survenu il y a 40 ans dont il ne reste qu’un squelette. Les rebondissements sont rares mais la surprise finale est inattendue et rafraîchissante. Révéler davantage sur l’intrigue constituerait un spoiler.
Le choix des acteurs est globalement judicieux, même si Manoj K Jayan est sous-exploité, oscillant entre des attitudes vives et menaçantes. Bien que le rôle d’Indrans en tant que contrôleur de production soit bref, il s’avère essentiel pour le récit, tout comme celui de Saikumar.
Quant à Asif Ali, va-t-il devenir la nouvelle référence pour les rôles de policiers ? On l’espère non, mais sa performance en tant qu’enquêteur déterminé à résoudre l’affaire et à rendre justice à la victime est remarquable. Anaswara Rajan commence à se faire un nom ; elle brille dans le rôle de la pétillante Rekha. Zarin Shihab impressionne encore une fois après sa performance l’année dernière dans Aattam, prouvant sa capacité à se transformer en un temps record.
Les personnages féminins dans le film ne sont pas de simples présentations symboliques. On pourrait se demander si elles auraient pu être davantage mises en avant. Toutefois, les femmes de Rekhachithram jouent un rôle actif et contribuent à l’intrigue, un aspect remarquable à une époque où de nombreux films malayalam semblent avoir négligé l’écriture de ces personnages. Dans l’ensemble, Rekhachithram est un film unique et habilement réalisé qui offre beaucoup de richesse.
Rekhachithram est actuellement à l’affiche dans les salles
Publié le – 10 janvier 2025 à 19h16 IST
Bon à savoir
- Références culturelles : Le film fait appel à des éléments de l’histoire du cinéma malayalam, notamment par des références à des œuvres populaires.
- Thèmes explorés : L’intrigue aborde des questions de rédemption, de passion cinématographique et de mémoire collective, en se appuyant sur la nostalgie des années 80.
- Impact social : Les personnages féminins, jouant un rôle significatif, reflètent une tendance vers une écriture de personnages plus complexe dans le cinéma régional.
En somme, Rekhachithram ne se contente pas d’être un simple film policier. Il questionne notre attachement à la nostalgie et notre relation avec le passé, tout en offrant un aperçu enrichissant de l’évolution du cinéma malayalam. Quelles autres histoires et mémoires le cinéma peut-il encore nous faire découvrir ?

Julien, ton analyse de ‘Rekhachithram’ m’a enchanté. La nostalgie et les références cinématographiques sont si bien évoquées. Hâte de découvrir ce film fascinant !