Le plus grand site de piratage de manga au monde, BATO.TO, ainsi qu’environ 60 sites affiliés, ont été fermés suite à une opération conjointe entre le Bureau de la Sécurité Publique de Shanghai et le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie du Japon.
Selon un rapport de l’Organisation de Distribution des Contenus Japonais à l’Étranger (CODA), le domicile d’un individu pressenti comme l’opérateur principal de ce réseau de piraterie a été perquisitionné. Bien que le suspect ait été arrêté pour violation du droit d’auteur le 19 novembre 2025, le rapport indique que les sites de BATO ont continué à fonctionner de manière limitée jusqu’au 19 janvier, date à laquelle il a été confirmé que l’ensemble des 60 sites étaient désormais hors service.
La statement souligne que ces 60 sites ont généré environ 350 millions de visites rien qu’en mai 2025, et évoque un impact économique estimé à environ 770 milliards de yens, ce qui équivaut à près de 5 milliards de dollars.
Cette perte financière colossale s’accorde avec un rapport récemment publié par le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie du Japon, qui estime que la piraterie de l’anime, du manga et des jeux vidéo a causé des dommages s’élevant à 5,7 trillions de yens (environ 37 milliards de dollars) en 2025. Les investigations de CODA ont été lancées suite à des demandes d’éditeurs japonais, notamment des géants du jeu vidéo comme Square Enix et Kadokawa Corporation, ce dernier ayant formé en décembre 2024 une alliance stratégique avec Sony.
CODA précise également que China Literature Limited, une filiale de Tencent Holdings, a collabore à l’enquête dans le cadre de ses efforts internationaux pour renforcer l’efficacité des mesures anti-piratage.
De manière ironique, l’équipe de modération de BATO.TO a noté sur le subreddit r/Batoto qu’un nouveau clone du site est apparu le 20 janvier, un jour après la confirmation de la fermeture des 60 sites par CODA. L’équipe avertit qu’elle n’a pas été en contact avec les développeurs originaux et qu’elle ne peut valider la légitimité de ce nouveau site.
Points à retenir
- BATO.TO était le plus grand site de piratage de manga, ciblant un large public.
- Les 60 sites associés ont généré des millions de visites, soulignant l’ampleur de la piraterie dans ce secteur.
- Une fermeture orchestrée par des autorités japonaises et chinoises a mis fin à des activités illégales persistantes.
- Les pertes économiques liées à la piraterie continuent d’être un sujet préoccupant pour l’industrie des contenus numériques.
- La collaboration internationale entre sociétés et gouvernements souligne la nécessité d’actions contre le piratage.
En réfléchissant à cette situation, il est fascinant de constater combien la technologie façonne notre rapport à la culture et à ses anciens Copyrights. La piraterie, malgré ses effets dévastateurs, pose des questions sur l’accès à la culture et sur la manière dont nous devons évoluer face à des comportements de consommation changeants. Comment établir un équilibre entre protection des droits d’auteur et accessibilité pour tous ? C’est un débat qui mérite d’être exploré.
