dim. Juin 14th, 2026

Lorsque « Prinzessin Mononoke » de Hayao Miyazaki est arrivé dans nos salles en 1997, les anime japonais n’attiraient qu’un public de niche ; les films du Studio Ghibli étaient considérés comme des perles rares. Aujourd’hui, l’animation japonaise jouit d’un statut culte, et le genre anime connaît un véritable essor.

Il est frappant de voir un film d’animation japonais âgé de trente ans, tel que « Prinzessin Mononoke », restauré et projeté dans de nombreuses salles à travers la Suisse. Pour comprendre ce phénomène, il suffit de jeter un œil aux grandes plateformes de streaming : les anime y sont omniprésents. L’année dernière, Netflix a révélé que près de la moitié de ses abonnés regardaient des films et des séries d’anime.

Les films du Studio Ghibli se distinguent nettement dans le paysage des anime, contribuant à éveiller l’intérêt pour cet art en dehors des frontières japonaises, notamment depuis que « Chihiro » a reçu un Oscar en 2003, le premier pour un film d’animation non anglophone.

Pour échapper à l’emprise d’une industrie cinématographique nipponne centrée sur le profit, Isao Takahata et Hayao Miyazaki ont fondé leur propre studio en 1985, le convertissant en véritable laboratoire artistique.

Recherche d’inspiration en Europe

Avant cela, ils avaient adapté des œuvres littéraires européennes plutôt que japonaises, comme « Heidi » de Johanna Spyri. Ce penchant pour l’inspiration européenne se retrouve également dans leurs films, comme la ville suédoise Visby au cœur de « Kiki la petite sorcière ».

Bien que les mythes japonais et leurs créatures surnaturelles puissent sembler exotiques, ces références occidentales facilitent l’accès à leur univers cinématographique.

La « Ghiblification » du monde

Récemment, l’émergence d’un filtre Ghibli sur les réseaux sociaux a connu un engouement fulgurant, transformant d’ordinaires photos de famille en images dignes des films enchanteurs du studio. Cependant, cette tendance va à l’encontre de la philosophie de Miyazaki, qui exprime son dégoût pour les images générées par ordinateur et défend la beauté du dessin à la main.

Aujourd’hui, les films du Studio Ghibli battent régulièrement des records de box-office au Japon, surpassant largement les productions hollywoodiennes. Lors de sa dernière création en 2023, Miyazaki ne s’est pas contenté d’une simple sortie nationale, mais a présenté son œuvre au prestigieux Festival de Venise.

Ainsi, « Prinzessin Mononoke », après presque 30 ans d’existence, bénéficie d’un nouveau lancement en salles, marquant un moment fort pour l’animation au cinéma.

Sortie en salles : 12 février en Suisse alémanique

Points à retenir

  • Le film « Prinzessin Mononoke » est un symbole de l’indépendance créative du Studio Ghibli.
  • La popularité des anime a fortement augmenté grâce à des plateformes comme Netflix.
  • Les œuvres de Ghibli intègrent souvent des éléments de la culture européenne.
  • Miyazaki défend l’animation à la main contre la digitalisation massive.
  • Les films du Studio Ghibli continuent de séduire de nouveaux publics.

Au-delà de ces éléments, il est fascinant de voir comment les récits de Miyazaki transcendent les frontières culturelles, touchant un public toujours plus large. Cela me fait réfléchir à la puissance de l’animation en tant que medium, capable de tisser des narratives universelles tout en restant profondément ancrée dans des traditions locales. Ne serait-ce pas là un exemple édifiant pour l’industrie cinématographique contemporaine ?


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