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Il est facile d’oublier que des artistes comme Robert Plant sont avant tout des humains. Même si on pourrait évoquer la légendaire présence qu’il avait lors des grandes heures de Led Zeppelin, la version du « Dieu doré » qui se tient devant nous aujourd’hui est différente de celle qui poussait des cris de blues en studio dans les années 70. Ses limites vocales étaient inévitables, et Plant en était conscient.
Dès la fin de l’aventure Zeppelin, il semblait que sa voix atteignait un plafond en termes d’étendue vocale. Il est remarquable qu’il ait pu enregistrer autant de performances vocales mémorables. En écoutant des albums comme Presence et In Through the Out Door, on remarque qu’il a commencé à explorer des tonalités plus basses plutôt que de chercher à atteindre des notes très aiguës.
Doit-on vraiment attendre de lui qu’il continue à viser des sommets ? Bien que des chanteurs comme Rob Halford réussissent à atteindre des notes élevées jusqu’à leurs 70 ans, ce sont des exceptions. Plant a compris qu’il fallait évoluer avec le temps.
La nature des retrouvailles de Zeppelin expliquent aussi ce changement. Leur vrai retour dans les années 2000 a su raviver la flamme de l’excitation de leurs débuts, mais les collaborations avec Jimmy Page ont parfois laissé les fans sur leur faim, s’attendant à des reprises acoustiques familières depuis Led Zeppelin III.
Néanmoins, il n’est pas juste de dénigrer cet album. Même s’il diffère des deux premiers, les risques pris sur des morceaux comme « Tangerine » ou « Friends » ont rendu celui-ci exceptionnel. Et qui peut oublier l’impact d’un morceau comme « Immigrant Song » qui ouvre l’album ?
Cependant, Plant a lui-même reconnu qu’il ne serait pas en mesure de chanter cette chanson indéfiniment, se posant des questions sur la valeur de tout cela : « Nous étions formidables lorsque nous l’étions. J’ai fait partie de quelque chose de magnifique, mais qu’est-ce que cela nous apporte ? Qui le fait pour qui ? Je ne veux pas crier ‘Immigrant Song’ chaque soir pour le reste de ma vie, et je ne suis pas certain d’en être capable. »
Bien qu’il ne chante plus ce classique, la chanson demeure un choix incontournable pour ceux qui souhaitent démontrer leurs talents vocaux en hard rock. L’enthousiasme provoqué par son riff incite à se battre, à se lancer dans une heure de bravoure musicale.
En se concentrant sur des morceaux de blues traditionnels et des collaborations ponctuelles avec Allison Krauss, Plant n’est pas pressé de réitérer ces performances stridentes. D’ailleurs, avec Jack Black qui reprend le flambeau, Plant mérite bien un peu de répit.
Points à retenir
- Robert Plant a évolué au fil des années, adaptant son style vocal.
- Les retrouvailles de Led Zeppelin ont suscité l’excitation tout en présentant des sonorités différentes.
- Des artistes d’exception continuent d’explorer de nouveaux horizons musicaux.
- La nostalgie et l’évolution artistique coexistent dans le parcours des musiciens.
- La question de la longévité vocale suscite toujours des réflexions chez les artistes.
Il est fascinant de suivre cette trajectoire musicale : chaque artiste est confronté à ses limites et choisit d’évoluer selon ses circonstances. Pour nous, mélomanes, il est primordial d’encourager cette évolution plutôt que d’exiger des performances figées dans le temps. La passion que suscitent des figures comme Robert Plant soulève une question essentielle : comment apprécier l’art dans sa diversité et son évolution sans nostalgie, mais avec un regard tourné vers l’avenir ?