mer. Juin 24th, 2026

Le Prince des Ténèbres sous un jour inattendu en 1970

Ozzy est devenu célèbre avec Black Sabbath
(Image : WireImage)

On imagine difficilement Ozzy Osbourne être taxé d’ennui, pourtant un jeune critique étudiant ne semblait pas convaincu lors de la venue du Prince des Ténèbres à l’Université de Salford à l’automne 1970.

Dans un couloir de Maxwell Hall, Steve Eveleigh décrivait un Ozzy distribuant des réponses « stéréotypées et monotones » à des questions tout aussi banales. Le frontman de Black Sabbath tentait de montrer un peu d’originalité en rappelant que le groupe venait de Birmingham et avait débuté comme un groupe de blues, ce à quoi le journaliste semble avoir du mal à croire.

Black Sabbath au Hardrock music venue en 1972
Black Sabbath au Hardrock music venue à Stretford, 1972 (Image : Getty Images)

Questionné sur ses influences, Ozzy affirmait que le groupe « faisait son propre truc », tout en saluant Deep Purple comme l’un des rares groupes britanniques dignes d’attention. Il avouait également que le groupe aimait passer à l’émission Top of the Pops, savait faire la différence entre Stork et le beurre, et assurait que la réussite ne les avait pas changés – une phrase que l’on croirait tirée d’un manuel du rock.

Ce n’était pas exactement l’image d’un homme qui a fondé le heavy metal, failli tuer quelqu’un en jetant un téléviseur par la fenêtre d’un hôtel, ou mordu la tête d’une chauve-souris en plein concert.

Mais les choses s’améliorèrent nettement une fois que Black Sabbath monta sur scène. Une attente d’une heure s’imposa en raison de problèmes techniques avec leur matériel à 9 000 £, mais cela valait la peine d’attendre.

Critique dans le journal étudiant en octobre 1970
Critique dans le journal étudiant en octobre 1970

La critique parle d’une heure de musique « excitante, lourde, distinctive, si ce n’est pas totalement originale ». Le groupe remporta un franc succès auprès d’une foule désormais compacte, certains spectateurs se livrant à de rares « freak-outs » improvisés dans les rares espaces libres.

À la fin du concert, le public, debout et réclamant un rappel, se vit refuser un dernier morceau par un responsable des coulisses, invoquant un planning serré, malgré la volonté des musiciens, pressés eux aussi pour un autre concert à Birmingham le même soir.

La foule quitta donc la salle, convaincue d’avoir assisté à une prestation d’exception.

Affiche du concert de Black Sabbath à l'Université de Salford en 1970
Affiche du concert de Black Sabbath à l’Université de Salford, automne 1970

Pas mal pour un groupe qui avait fait l’objet de nombreuses plaintes dès la pose de leurs affiches sur le campus. La croix présente sur l’affiche avait été jugée « dégoûtante et offensante », ce qui fit annuler la campagne d’affichage sauvage, non sans que certains campus et collèges voisins aient eu le temps d’en profiter.

La mort d’Ozzy, à l’âge de 76 ans, a profondément bouleversé famille, amis et fans, notamment ceux qui ont assisté à son dernier spectacle avec Black Sabbath au stade d’Aston Villa ce mois-ci.

Ozzy Osbourne lors de sa dernière performance avec Black Sabbath
Ozzy Osbourne lors de sa dernière performance avec Black Sabbath (Image : PR Supplied)

Un événement unique qui a rassemblé stars du rock et du metal. Mercredi, les habitants de Birmingham ont acclamé « Ozzy Ozzy Ozzy » lors d’un cortège funéraire passant devant la maison où il a grandi, située sur Lodge Road, Aston.

Des milliers d’hommages, ballons et fleurs ont également été déposés au banc Black Sabbath sur Broad Street, témoignant de l’émotion que suscite encore et toujours ce monument du heavy metal.

Points à retenir

  • En 1970, Ozzy Osbourne ne faisait pas encore l’unanimité parmi les critiques étudiants, malgré une carrière qui allait révolutionner le heavy metal.
  • Les goûts musicaux de Black Sabbath semblaient assez classiques : un groupe de blues qui voulait surtout faire sa propre musique, sans prétention à l’originalité.
  • Le spectacle live a finalement charmé un public qui, malgré une attente technique, a vécu une expérience authentique et passionnée.
  • L’impact culturel du groupe à l’époque se mesure aussi dans les controverses, comme l’interdiction partielle de leurs affiches à cause d’une croix jugée déplacée.
  • Ozzy reste une figure mythique dont les excès, performances et bizarreries alimentent toujours la légende.

Au final, on pourrait se demander si ce dandy de l’ombre n’a pas juste été victime d’une méfiance toute universitaire, spécialiste des critiques acides et des jugements hâtifs. Après tout, qui aurait cru qu’un jour, ce même Ozzy deviendrait l’icône du heavy metal adorée par des millions ? Ironie de l’histoire… ou simple preuve qu’il ne faut jamais juger un cabot à la première interview.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *