jeu. Juil 2nd, 2026

2021 a marqué un tournant pour Netflix et la production sud-coréenne. Tandis que Squid Game conquérait le monde en devenant la série originale la plus regardée sur la plateforme, un autre thriller coréen, My Name, redéfinissait discrètement les limites du genre de la vengeance. Cette série en huit épisodes, créée par Kim Jin-min, démontre que des saisons à rallonge ne sont pas nécessaires pour raconter une histoire de revanche brutale, viscérale et profondément humaine.

Si Squid Game a mis en avant des jeux mortels dystopiques typiques des anime japonais, My Name a pris un chemin différent : pas d’allégories sociales cachées derrière des jeux de mort, mais une descente dans les entrailles du crime organisé coréen à travers les yeux d’une femme qui a tout perdu. Au final, cela a permis de revoir les attentes du public vis-à-vis de ce qu’un K-drama d’action peut être, défiant les conventions établies par des années de mélodrames romantiques.

Yoon Jiwoo, interprétée brillamment par Han So-hee, est au cœur de cette narration. Connue également pour son rôle dans Gyeongseong Creature, Jiwoo est une lycéenne en difficulté, victime d’intimidation en raison des liens de son père, Yoon Donghoon, avec le groupe criminel Dongcheon. Mais elle ne se présente pas comme une victime passive : elle répond à ses harceleurs par la violence, ce qui entraîne son expulsion définitive de l’école.

My Name - Netflix
My Name – Netflix

Sa relation avec son père est complexe, marquée par des absences et une distance émotionnelle. Lorsque Donghoon se présente à sa porte de manière inattendue, Jiwoo n’a pas le temps de se rapprocher : un tueur à gages l’abat alors qu’il tente d’entrer, le laissant mourir avec la clé toujours coincée dans la serrure. Une image puissante et symbolique : un père qui cherche à retrouver sa fille mais est arrêté à jamais sur le seuil.

La police se révèle inutile. Consommée par le besoin de découvrir qui a tué son père, Jiwoo se tourne vers la seule personne pouvant lui donner des réponses : Choi Mujin, le chef du Dongcheon et employeur du défunt Donghoon. Mujin accueille alors Jiwoo dans son organisation et la soumet à un entraînement brutal. Pas de montages inspirants à la Rocky : les scènes d’entraînement montrent des combats rapprochés impitoyables, où Jiwoo doit prouver qu’elle peut rivaliser physiquement avec des criminels endurcis.

La chorégraphie des combats est exceptionnelle, brute et réaliste, loin des acrobaties stylisées de nombreux films d’action asiatiques. Han So-hee s’investit pleinement dans son rôle, apportant à l’écran une détermination féroce qui rend crédible la transformation d’une lycéenne traumatisée en combattante letale. Son personnage est construit comme un protagoniste masculin traditionnel d’action : entraînée dans un monde qu’elle n’a pas choisi, armée de détermination et de résilience, façonnée par des années d’entraînement qui la transforment totalement.

My Name - Netflix
My Name – Netflix

Cependant, l’entraînement physique n’est qu’un aspect du plan de Mujin. Après un affrontement inquiétant avec Do Gangjae, un rival que Jiwoo bat sur le ring mais qui tente de l’agresser sexuellement, on lui révèle que la personne responsable de la mort de son père est Cha Giho, chef de l’unité narcotiques de la station de police métropolitaine d’Inchang. La mission est claire : infiltrer la police pour atteindre Giho.

La véritable force de My Name réside dans la façon dont elle traite son héroïne. Jiwoo n’est jamais présentée comme une figure célébrée d’affranchie. Consommée par sa quête de vengeance, elle est vidée de toute dimension humaine. Lorsqu’un personnage visite son appartement, il remarque l’absence totale de passe-temps, d’intérêts personnels ou de connexions affectives. La seule chose qui définit Jiwoo est sa mission de venger son père, une obsession qui la rend aussi redoutable que tragique.

My Name est également efficace en termes d’économie narrative. Huit épisodes, aucun dépassant l’heure, suffisent à raconter une histoire complète et nuancée. À une époque où les séries s’étirent souvent de manière inutile, cette concision est révolutionnaire. Chaque épisode fait avancer l’intrigue, chaque scène a un objectif, il n’y a pas un gramme de superflu.

My Name - Netflix
My Name – Netflix

D’un point de vue technique, la série brille par sa réalisation, sa photographie et son montage. Les scènes d’action sont filmées avec une caméra à la main qui suit de près les combats, sans excéder dans des coupes effrénées qui pourraient confondre la chorégraphie. La violence est explicite mais jamais gratuite, toujours fonctionnelle pour montrer le prix physique et émotionnel que Jiwoo paie pour sa mission.

My Name a démontré que le public international est prêt à découvrir des histoires coréennes qui ne se limitent pas aux mélodrames romantiques ou aux jeux de survie allégoriques. Il existe un espace pour des thrillers ancrés, violents et psychologiquement complexes, à condition qu’ils soient construits avec une intelligence narrative et un respect du public.

Points à retenir

  • La série repousse les limites des K-dramas traditionnels en proposant un récit centré sur une héroïne complexe.
  • Les performances de Han So-hee sont particulièrement saluées pour leur profondeur émotionnelle.
  • Les scènes d’action, réalistes et brutales, se démarquent par leur chorégraphie soignée.
  • Le format concis de la série permet de garder l’attention du spectateur tout en développant une histoire riche.
  • My Name ouvre la voie pour des récits coréens variés, attirant une audience plus large.

Cette série, My Name, représente non seulement un changement de ton, mais elle nous interroge également sur la nature de la vengeance et les sacrifices que l’on est prêt à faire dans ce but. La lutte de Jiwoo pour retrouver la vérité nous rappelle que parfois, la quête de justice peut nous consumer davantage que les injustices elles-mêmes. Et vous, quelles réflexions cette série suscite-t-elle chez vous sur la justice et la résilience ?


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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