Tel Aviv (Israël) – Le spectacle des corps défigurés de jeunes gens, entassés dans un conteneur, installe une ambiance de panique. Les images de personnes brûlées vives dans leurs voitures sont d’une rare violence. Rarement une série n’a fait plonger aussi profondément dans l’horreur. Les attaques brutales des terroristes du Hamas sur des civils israéliens donnent le ton des deux épisodes de la nouvelle saison de la série “Fauda” sur Netflix. Ces épisodes frôlent les limites de ce que l’âme humaine peut supporter.
Les épisodes 7 et 8, d’une intensité inouïe, ont poussé les producteurs israéliens à prendre une décision inédite : Diffuser un avertissement sur le contenu sensible!
Lior Raz, principal acteur de Fauda, incarne un Doron Kabilio traumatisé.
Avant le début des épisodes, un avertissement apparaît sur fond noir : « Les épisodes 7 et 8 contiennent des scènes difficiles, en particulier pour ceux ayant déjà vécu des situations d’urgence. » C’est un geste appréciable, tant ce type d’avertissement est rare et fondamental.
L’avertissement Netflix souligne la possibilité de sauter à l’épisode 9 en cas de malaise face aux scènes.
Les auteurs de Fauda repensent la saison entière
Les créateurs ont adapté l’intrigue de manière à ce qu’elle reste cohérente malgré l’inclusion de ces événements traumatisants. La saison cinq se déroule deux ans après les événements tragiques du 7 octobre. Les protagonistes, dont Doron (Lior Raz) et son ex-commandant Eli (Yaakov Zada-Daniel), portent les cicatrices du massacre. Malgré cela, ils se relèvent pour une mission non officielle en lien direct avec cette horreur.
Alors que les 3000 terroristes du Hamas attaquaient des villages côtiers, les scénaristes de “Fauda” achevaient leur travail sur la saison cinq. Leurs efforts semblaient soudainement dérisoires.
À New York, lors d’un événement Netflix le 9 septembre.
Des membres de l’équipe en larmes pendant le tournage
Avi Issacharoff, l’un des créateurs, a souligné l’importance de traiter la plus grande attaque terroriste de l’histoire israélienne avec sérieux. “La réalité était bien plus tragique que le pire scénario que nous aurions pu imaginer”, a-t-il déclaré. Pour de nombreux acteurs, ces prises de vues ont constitué leurs moments les plus éprouvants. Lior Raz a rapporté que des effondrements émotionnels étaient fréquents sur le plateau.
Plusieurs membres de l’équipe avaient perdu des proches lors des événements du 7 octobre. L’acteur Idan Amedi, blessé gravement pendant les combats, sera absente de la saison à l’exception d’une brève apparition.
Le tournage de la saison 5 a commencé en avril 2025, un an et demi après les événements tragiques.
L’horreur du massacre se dévoile
Dans le premier épisode, à 3 heures du matin le 7 octobre, dans le kibboutz Beeri, Eli, un commandant d’une unité antiterroriste israélienne, reçoit un appel d’urgence. Il fait ses adieux à sa femme et à ses enfants, sans se douter de l’horreur qui s’annonce. Les téléspectateurs, eux, en sont déjà conscients.
La réalisation est empreinte de réalisme, avec une immersion totale dans le chaos, mais sans utiliser de véritables vidéos. La tension monte minutieusement, atteignant son paroxysme dans le huitième épisode tandis que la famille d’Eli se cache dans un abri, alors que les terroristes s’introduisent chez eux.
Une image réelle de l’horreur vécue le 7 octobre 2023 avec des terroristes lourdement armés dans le sud de Gaza.
À partir de là, la série devient de plus en plus haletante, alternant entre la peur absolue de la famille et le chaos entourant un festival de musique dans le désert. Les images de jeunes courant en panique s’entremêlent à celles de corps entassés dans un abri, plongeant les spectateurs dans une réalité déconcertante.
Entretien avec Lior Raz, principal acteur de la série, lors d’un échange à Berlin.
Avi Issacharoff a confié que l’écriture de ces épisodes avait été douloureuse : « Nos mains tremblaient quand nous avons porté ce récit à l’écran ». Lior Raz partage ce ressenti, soulignant que tous les acteurs ressentaient la douleur commune d’avoir été impactés par ces événements tragiques. “Nous étions comme une communauté de soutien sur le plateau”, a-t-il ajouté.
Lior Raz trouve la représentation du 7 octobre essentielle. Il déclare que le contenu médiatique peut réellement influencer la pensée et les émotions des gens. J’espère que ce récit touchera au moins une personne et pourra changer les perceptions.
Points à retenir
- Les épisodes 7 et 8 de “Fauda” abordent des thèmes très sensibles, reflétant une réalité tragique vécue en tant que témoignage.
- L’accent a été mis sur des avertissements clairs concernant le contenu, une initiative nécessaire dans l’univers audiovisuel actuel.
- Les témoignages des acteurs et de l’équipe suggèrent un processus créatif profondément affecté par la réalité des événements.
- La série montre comment l’art peut se confronter à des tragédies et changer les perceptions collectives.
À travers cette série audacieuse, je ressens une profonde responsabilité de la part des créateurs de partager une histoire qui, à la fois, me touche et fait écho à la dureté de la réalité. C’est un regard sans compromis sur la souffrance humaine, et cela invite à réfléchir sur nos propres convictions et notre empathie envers ceux qui vivent de tels événements tragiques. La question qui demeure est : comment continuer à voir la beauté humaine même dans l’obscurité la plus profonde ? C’est un défi auquel nous devons tous faire face.
