Dans la série « Unfamiliar » de Netflix, Susanne Wolff et Felix Kramer incarnent un couple d’anciens agents secrets berlinois confrontés à leur passé. Cette production a suscité un fort engouement en amont de sa sortie. Reste à savoir si elle est à la hauteur des attentes.
Henry Hübchen, connu pour son rôle d’agent de la Stasi, incarne ici le sombre Gregor Klein, un ex-responsable du BND. Son personnage, désormais à la retraite, est rattrapé par une affaire mystérieuse datant de seize ans à Belarus. Cette intrigue met en danger non seulement Klein, mais également ses anciens collègues, Meret et Simon Schäfer, qui, se faisant passer pour des médecins, dirigent une clinique clandestine pour agents secrets et autres individus en récupération. Ce que le spectateur sait dès le départ, c’est que l’homme blessé qu’ils accueillent renferme un lourd secret : il a lui-même causé ses blessures pour les approcher.
Susanne Wolff, dans le rôle de Meret, exploite brillamment la violence de son personnage. Une confrontation intense avec un intrus, où la tension sexuelle est inévitable, illustre la complexité de sa personnalité. Meret semble trouver une forme de satisfaction dans son travail, tandis que Simon, malgré ses talents d’agent, cache plusieurs secrets, transformant peu à peu la série en un véritable drame psychologique sur le couple.
Les autres personnages sont également affectés par des relations familiales compliquées : Kaleev, un agent du GRU, doit éliminer des témoins pour protéger l’avenir politique de sa femme. Parallèlement, Julika, une jeune recrue du BND, doit faire face à son ancienne relation amoureuse, tandis qu’un tueur à gages reçoit une notification particulièrement motivante de Kaleev. En revanche, Gregor Klein semble être un loup solitaire.
Les trois premiers épisodes, mis à disposition par Netflix, laissent transparaître que l’énigme qui entoure tous ces protagonistes repose sur une « source » inattendue en provenance de Belarus et sur la fille de Klein, Nina, qui découvre peu à peu des vérités dérangeantes. Le titre « Unfamiliar » prend alors un sens plus profond, suggérant l’étrangeté qui rôde au sein de cette famille.
La série, pilotée par Paul Coates et réalisée par Lennart Ruff, offre une exploration captivante de Berlin, un cadre classique pour des récits d’espionnage. Déjà établi par des auteurs comme John le Carré, Berlin s’affirme encore comme le théâtre idéal de ces intrigues entre l’Est et l’Ouest, où l’on trouve des acteurs locaux capables de parler le russe avec aisance.
Bien qu’elle ne concurrence pas « Slow Horses » pour le titre de meilleure série d’espionnage actuelle, ni « Dark » pour celui de la série allemande la plus acclamée, « Unfamiliar » se révèle être une proposition solide, alliant action maîtrisée, tension psychologique sans clichés et mystères à résoudre pour le spectateur averti.
Points à retenir
- La série met en lumière les luttes internes des agents face à des événements passés.
- Des relations familiales complexes ajoutent une dimension humaine à l’intrigue.
- Berlin est représenté comme un terrain fertile pour l’espionnage.
- Les personnages évoluent dans un environnement où secrets et vérités cachées sont omniprésents.
En conclusion, « Unfamiliar » soulève des questions sur notre capacité à échapper à notre passé. Peut-on vraiment se reconstruire lorsque les blessures d’hier refont surface? Cette série nous incite à réfléchir sur le poids de nos choix, de nos secrets, et sur ce que signifie véritablement vivre dans l’ombre. C’est une réflexion fascinante à poursuivre, car chacun d’entre nous, à divers niveaux, est confronté à ses propres affinités avec la vérité et le mensonge.
