Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, met en garde contre un potentiel “saignement” des emplois de bureau, tandis que le sénateur Bernie Sanders prédit que l’intelligence artificielle (IA) pourrait éliminer 100 millions de postes aux États-Unis. Elon Musk quant à lui, suggère que le travail pourrait devenir une option. L’inquiétude est palpable : la technologie pourrait s’attaquer à nos salaires.
Cependant, cette peur semble exagérée. L’IA va certes perturber certaines tâches, tout comme d’autres innovations technologiques auparavant. Il est vrai que certaines professions devront s’adapter et se former pour faire face à cette révolution robotique. Pourtant, crier à la perte d’emplois de masse rappelle des scénarios pessimistes déjà entendus lors de l’essor de la machine à vapeur, par exemple.
UNE UNIVERSITÉ CHRISTIANISME NOUS ENSEIGNE À DEVENIR ‘IRREMPLAÇABLES’ À MESURE QUE L’IA TRANSFORME L’ÉDUCATION SUPÉRIEURE
Dans notre récent rapport intitulé “Boomsday Not Doomsday”, nous démontrons que l’IA pourrait devenir un moteur de prospérité pour l’Amérique. Comment ? En réduisant les coûts et en accélérant la production dans de nombreux secteurs : agriculture, automobile, santé, etc. Que diriez-vous d’une semaine de travail de quatre jours ?
Historiquement, l’expertise pratique était coûteuse et rare. Les familles et les petites entreprises devaient faire appel à des spécialistes ou se contenter de solutions improvisées. Grâce à l’IA, les Américains accèdent désormais à une assistance personnalisée pour le prix d’une tasse de café.
Un artisan peut élaborer son plan marketing, un patient peut bénéficier d’instructions claires de son médecin, et un enseignant peut concevoir des cours adaptés à ses élèves. De nouvelles technologies médicales permettent par exemple de détecter des cellules cancéreuses de manière précoce.
L’IA ne remplace pas les Américains, elle accroît notre potentiel. Elle pourrait améliorer la qualité de vie, surtout pour ceux à revenus modestes, en rendant accessibles des produits ou services auparavant réservés à une élite.
Les chiffres montrent la rapidité de cette évolution. L’IA générative croît trois fois plus vite que les applications mobiles ou Internet. Près de 90 % des entreprises utilisent déjà l’IA dans au moins une de leurs fonctions. Fatigué par la hausse des coûts de la vie ? Préparez-vous à constater une baisse significative des prix.
La prospérité collective commence lorsque des millions de personnes économisent du temps et de l’argent, apprennent plus vite et augmentent leur productivité.
Nous avons déjà connu des crises de ce type. En 1900, un tiers des Américains travaillaient dans l’agriculture ; aujourd’hui, moins de 2 % le font, tout en produisant dix fois plus de nourriture sur un tiers de terres agricolas. L’économie s’est adaptée, créant des millions d’emplois inimaginables auparavant.
Actuellement, le taux de chômage est de 4,3 %. Entre 2022 et début 2025, les travailleurs les plus exposés à l’IA ont connu des hausses de chômage moins significatives que ceux moins exposés. La demande pour les compétences liées à l’IA a explosé, avec une augmentation de 111 % des offres d’emploi dans ce domaine en un an.
Certains jeunes travailleurs ressentent une pression accrue. Il est essentiel de les accompagner dans l’utilisation de ces outils pour bâtir un avenir meilleur. L’IA trouve également sa place dans la formation professionnelle, aidant les jeunes à se préparer pour des métiers en demande.
Dans le domaine médical, la clinique Mayo a utilisé l’IA pour détecter des cancers pancréatiques trois ans plus tôt que d’habitude. De nombreux médecins économisent en moyenne une heure par jour grâce à des outils d’IA. Les soins deviennent ainsi plus personnalisés et moins impersonnels.
Sur le terrain, l’IA aide les travailleurs à transformer leur savoir-faire en propriété. Par exemple, Jason Walls, un électricien du Kentucky, a créé un site internet grâce à l’IA pour aider les propriétaires d’EV avec des problèmes d’installation électriques, économisant ainsi de l’argent aux familles.
Ce phénomène s’étend à divers secteurs tels que l’éducation, la construction et l’industrie.
Nul ne peut prétendre que ce changement se fera sans heurts. Mais alors que certains s’inquiètent de la rapidité des avancées, le vrai danger réside dans le fait que l’Amérique pourrait ne pas avancer suffisamment vite, laissant d’autres pays, comme la Chine, prendre les devants.
Nous avons introduit cette technologie, mais trop peu d’Américains l’exploitent réellement. Plus de la moitié des adultes ont expérimenté l’IA générative, mais seulement 28,3 % l’utilisent régulièrement, plaçant les États-Unis au 24e rang sur 30 pays analysés.
Les Chinois, quant à eux, sont convaincus que l’IA va améliorer leur économie, avec 295 045 robots industriels installés en 2024, contre seulement 34 164 aux États-Unis. Ils développent également certains des modèles d’IA open-source les plus performants.
Tandis que les législateurs américains discutent de plus de 1 700 projets de loi sur l’IA, l’enjeu pour Washington est clair. Il peut choisir de réguler sévèrement ce secteur ou, à l’inverse, de favoriser l’innovation, comme il l’a fait avec Internet. C’est une question de leadership et de bénéfice pour toute la nation.
Depuis les jours de Benjamin Franklin et Thomas Edison, l’Amérique a toujours été en tête des découvertes. Il est crucial de rester à l’avant-garde pour garantir notre sécurité économique et nationale.
Points à retenir
- L’IA pourrait transformer les méthodes de travail, sans nécessairement éliminer des emplois.
- Les secteurs tels que la santé et l’éducation bénéficient déjà de l’IA pour offrir des services de qualité.
- Le taux de chômage reste relativement bas malgré l’essor de l’IA.
- L’adoption de l’IA est encore faible aux États-Unis comparativement à d’autres nations.
- Il est essentiel de préparer les travailleurs à ces changements pour en tirer le meilleur parti.
En tant qu’observateur passionné de l’évolution des technologies, je me demande toujours comment nous pouvons naviguer cette transition. L’IA n’est pas une fin en soi, mais plutôt un outil. Il est de notre responsabilité de l’utiliser à bon escient pour créer des opportunités, tout en accompagnant chaque individu vers une meilleure qualité de vie. C’est là que réside notre véritable défi, mais aussi notre plus belle promesse.
