Alors qu’ils évoluent dans l’immensité des océans, les activités des requins demeurent souvent un mystère. Pourtant, un examen minutieux révèle des indices sur leur parcours, notamment à travers les blessures et les cicatrices qu’ils portent.
Dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Marine Science en 2025, des chercheurs ont mis au point un système pour classifier les causes de cicatrices sur les requins blancs.
Selon Scot Anderson, un des auteurs de l’étude, membre du California White Shark Project, « Les cicatrices et les blessures visibles sur ces requins témoignent de leurs interactions avec leurs semblables, leur environnement, leurs proies et même avec les humains. »
« Nombre de cicatrices sont suffisamment distinctives pour être classées, comme celles laissées par les morsures de requins à couenne qui apparaissent sous forme de cercles parfaits. »
Le California White Shark Project a partagé une vidéo d’un requin blanc femelle de 4,8 mètres arborant une cicatrice particulière sur sa tête. En s’approchant de la caméra, un cercle parfait devient visible, rappelant le spiracle d’un dauphin — une marque ronde témoignant de l’attaque d’un requin à couenne.
« Les morsures de requin à couenne montrent que les requins blancs obtiennent ces marques durant la phase offshore de leur migration, période pendant laquelle ils partagent leur habitat avec ces requins à couenne, » expliqua Anderson.
D’autres cicatrices peuvent indiquer des collisions avec des bateaux, des blessures de défense ou même des éraflures causées par des rochers. Elles pourraient également signaler des activités de reproduction. Par exemple, les femelles pourraient présenter de légères impressions sur la tête et les nageoires pectorales dûes aux morsures d’autres requins durant l’accouplement.
« Chez de nombreuses espèces de requins, les mâles doivent mordiller les femelles pour se maintenir durant l’accouplement, » ajouta-t-il. En observant ces « morsures de maintien », son équipe constate qu’elles sont souvent presque complètement cicatrisées, suggérant que les requins blancs s’accouplent au large, offrant ainsi aux scientifiques un indice crucial sur leurs lieux de reproduction.
« C’est un élément de preuve qui nous aide à comprendre où et quand ces requins se reproduisent, même si nous ne le savons pas encore avec certitude, » précisa Anderson.
Cependant, pour décrypter ces indices inscrits sur le corps des requins, il est essentiel de déterminer l’origine des blessures. Par exemple, l’étude suggère qu’un « motif de points espacés » signale la présence de copépodes parasites, que des « coupures parallèles et espacées » résultent d’une hélice de bateau et qu’une « brûlure de corde » pourrait provenir d’un enchevêtrement dans un équipement de pêche.
Le document propose un “système de classification systématique” pour aider les scientifiques à identifier les sources des différentes cicatrices et blessures.
Ces informations, souligne Anderson, enrichissent notre compréhension de ces animaux majestueux : « C’est un autre morceau du puzzle qui raconte l’histoire des expériences des requins blancs. »
Points à retenir
- Les cicatrices des requins peuvent révéler des interactions avec leur environnement.
- Des blessures spécifiques peuvent indiquer des activités telles que l’accouplement.
- Un système de classification des cicatrices a été proposé par les chercheurs.
- Ce travail pourrait éclairer les zones de reproduction des requins blancs.
Le sujet des requins et de leurs cicatrices pose une question fascinante sur la manière dont nous interprétons les marques laissées par leur vie dans l’océan. Chacune de ces cicatrices raconte une histoire, un peu comme un livre d’aventures, et nous aide à mieux comprendre leur existence dans un monde qui leur est souvent hostile. Que nous réserve encore la recherche sur ces créatures fascinantes ? C’est une réflexion qui mérite d’être approfondie.
