Filmin sélectionnera dix titres au mois pour un an
Le 1er octobre 2026, Netflix et la plateforme espagnole Filmin ont annoncé un accord de distribution pour le marché espagnol. Cette collaboration permettra à Filmin de choisir chaque mois dix films d’auteur et documentaires à intégrer dans le catalogue de Netflix.
La structure de l’accord
Le contrat a une durée d’un an et stipule l’ajout de dix nouveaux titres le premier jour de chaque mois. Chaque collection sera disponible pendant deux mois, avec une prolongation de la sélection du mois précédent.
Il est important de noter que cet accord ne fusionne pas les catalogues des deux sociétés et n’impacte pas l’abonnement à la plateforme espagnole, qui continuera à fonctionner de manière autonome.
La première collection d’octobre
La sélection inaugurale se nomme “MYSTÈRES D’OCTOBRE” et comprend dix films en lien avec le genre et le mystère. On y retrouve “FRÉWAKA” d’Aislinn Clarke, un film d’horreur ancré dans le folklore irlandais, ainsi que “THE SHROUDS” de David Cronenberg avec Vincent Cassel, qui a vu le jour en 2024. “THE GIRL WITH THE NEEDLE” de Magnus von Horn, présenté au Festival de Cannes, fait aussi partie de cette première série.
La collection inclut “GOOD BOY” de Ben Leonberg et “LATE NIGHT WITH THE DEVIL” des frères Cameron et Colin Cairnes, sorti en 2023, ainsi qu’un thriller russe. La sélection est réalisée par l’équipe de Filmin qui choisit parmi son propre catalogue avant de céder les droits à la société américaine.
Un accord sans précédent entre services concurrents
Cet accord est considéré comme une première mondiale. Les deux parties sont en concurrence sur le marché des services de vidéo à la demande, mais cet accord ne fusionne pas leurs catalogues. Au lieu de cela, il propose une programmation spécifique sur Netflix avec une section dédiée et une rotation mensuelle des titres.
Une plateforme en pleine croissance
Filmin, fondée à Barcelone en 2007 par Juan Carlos Tous, José Antonio de Luna et Jaume Ripoll, se concentre sur le cinéma indépendant et les documentaires. Actuellement active en Espagne et au Portugal, avec des abonnements distincts pour chaque marché, sa bibliothèque compte plus de douze mille titres.
En 2025, Filmin a enregistré un chiffre d’affaires de 30,6 millions d’euros, affichant une hausse de 12 %. Le bénéfice opérationnel a atteint 5,8 millions, tandis que le profit net a dépassé les deux millions d’euros.
L’acquisition d’Elastica
En juin 2026, Filmin a acquis l’intégralité des activités de distribution de la société Elastica, marquant ainsi un tournant dans le marché espagnol avec un service de streaming prenant le contrôle d’un distributeur cinématographique. Elastica a notamment géré la sortie en salles de films indépendants espagnols et internationaux tels que “LA SUSTANCIA” et “ANATOMIA DI UNA CADUTA”.
Réactions et perspectives
Diego Ávalos, responsable des contenus de Netflix pour l’Espagne, le Portugal et la Turquie, a souligné que cet accord vise à unir les forces des deux plateformes pour atteindre un public plus large, tout en renforçant la connexion de Filmin avec un public cinéphile. Pour Juan Carlos Tous, CEO de Filmin, cet accord représente une reconnaissance des presque vingt années de dévouement au cinéma d’auteur.
Points à retenir
- Accord d’un an entre Netflix et Filmin pour une sélection mensuelle de films.
- Premier lot de titres disponible dès le 1er octobre 2026.
- Pas de fusion des catalogues, les deux services restent autonomes.
- Filmin mise sur le cinéma indépendant, avec un vaste catalogue.
- L’acquisition d’Elastica souligne l’ambition de Filmin sur le marché.
Cet accord entre Netflix et Filmin ouvre une nouvelle voie pour les plateformes de streaming. En effet, il questionne la nature de la collaboration dans un univers du divertissement de plus en plus compétitif. En tant qu’observateur passionné de l’évolution du cinéma, je me demande quelles autres innovations pourraient encore naître de cette synergie. Pourra-t-on envisager des ententes similaires entre autres services de streaming ? Cela pourrait révolutionner notre façon de consommer des contenus cinématographiques et engage notre réflexion sur l’avenir du cinéma indépendant.
