Disney : le pari sur les « Experiences » avec Josh D’Amaro

Pendant longtemps, la perception dominante de la Walt Disney Company s’est construite autour du streaming. Sous l’ère Bob Iger, l’entreprise a massivement investi dans les médias puis dans les services de streaming, pour en faire une des têtes d’affiche du secteur.
En mars 2026, Josh D’Amaro a pris la tête du groupe. Ancien patron de la division Experiences — qui regroupe parcs à thème, croisières et produits dérivés — il incarne un recentrage stratégique vers le segment qui génère le plus de marge pour Disney.
Le constat : le streaming s’installe, mais ce n’est pas la vache à lait
Le tournant streaming a porté ses fruits : Disney+ et Hulu réunissaient environ 196 millions d’abonnés à la clôture de l’exercice 2025. Le streaming est devenu rentable, avec 1,3 milliard de dollars de résultat d’exploitation en 2025 et 450 millions au premier trimestre de l’exercice 2026.
Pour autant, le véritable moteur économique demeure la division Experiences. Sur le seul premier trimestre de l’exercice 2026, elle a dégagé 3,3 milliards de dollars de résultat d’exploitation — représentant 38,5 % des revenus du groupe mais 71,9 % de son résultat d’exploitation. C’est cette unité qui alimente l’essentiel des bénéfices opérationnels.
Une stratégie qui mise sur les atouts
Alors que D’Amaro dirigeait la division Experiences en 2023, Disney a annoncé un plan d’investissement de 60 milliards de dollars sur dix ans pour développer ses parcs. À la fin de l’année dernière, le groupe a également prévu de doubler la flotte de sa division croisières d’ici 2031.
Sur le plan financier, la société affiche une position plus saine qu’il y a quelques années : l’endettement rapporté à l’EBITDA a été réduit à environ 2,3x, le dividende a été rétabli, et le titre se négocie aujourd’hui à un multiple inférieur à 15 fois les estimations de bénéfice pour 2026. Les analystes anticipent une croissance des bénéfices annuelle de l’ordre de 11 à 12 % sur les trois à cinq prochaines années.
Faut‑il considérer Walt Disney en tant qu’investissement ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Plusieurs facteurs méritent d’être pris en compte : la solidité retrouvée du bilan, la rentabilité et le potentiel de croissance de la division Experiences, et la valorisation qui paraît attractive au regard des perspectives annoncées. En parallèle, il faut rester attentif aux risques : concurrence sur le streaming, sensibilité du secteur du tourisme aux cycles économiques et au contexte sanitaire, et l’impact des taux d’intérêt sur le coût de la dette et des investissements lourds.
Points à retenir
- Josh D’Amaro, nommé CEO en 2026, vient de la division Experiences, la plus rentable du groupe.
- La division Experiences a représenté une part disproportionnée du résultat d’exploitation du groupe au premier trimestre 2026.
- Disney poursuit des investissements massifs dans ses parcs et sa flotte de croisières, avec des plans à long terme.
- La société a amélioré sa structure financière : endettement réduit et dividende rétabli.
- Le titre se négocie à un multiple modéré par rapport aux perspectives de croissance prévues.
- Le streaming est désormais rentable, mais il n’égale pas la rentabilité du pôle Experiences.
- Pour un investisseur, il s’agit d’opposer potentiel de redressement et risques sectoriels (voyages, concurrence, conjoncture macro).
À mon avis, ce recentrage sur les « Experiences » marque une évolution logique et pragmatique pour Disney. La société mise sur ce qui génère le plus de profits et s’efforce de consolider ses finances avant d’engager de nouveaux paris risqués. Reste à voir si ce profil plus « industriel » saura convaincre durablement les marchés et les consommateurs. Et vous, pensez‑vous que l’histoire de Disney sera désormais écrite côté parcs et croisières plutôt que côté écran ?
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