Avec la décision concernant la première affaire antitrust de Google qui devrait être rendue en août 2025, une question cruciale émerge : que se passera-t-il avec un nouveau président américain et une nouvelle équipe d’appointeurs au ministère de la Justice (DOJ) ?
Les premiers signes montrent que l’administration Trump maintiendra en grande partie la ligne adoptée par l’administration Biden en matière d’application des lois antitrust envers les grandes entreprises technologiques, y compris Google.
Bien que leur raisonnement soit très différent de celui de l’administration précédente, les récentes nominations et désignations au DOJ indiquent que le président Trump est déterminé à tenir Google responsable, même si les solutions envisagées peuvent varier.
Avant d’approfondir le sujet, faisons un point sur les événements survenus jusqu’à présent.
Affaire U.S. contre Google
En août 2024, le juge fédéral Amit Mehta a statué que Google avait violé la loi antitrust américaine en maintenant un monopole illégal grâce à des accords exclusifs avec des sociétés comme Apple pour devenir le moteur de recherche par défaut sur les smartphones et navigateurs web.
Google a également été reconnu coupable de monopoliser la publicité textuelle de recherche, car l’entreprise a réussi à augmenter les prix de ses produits publicitaires de recherche au-delà de ce que le gouvernement estimait juste dans une concurrence équitable.
Remèdes potentiels pour Google
Le DOJ a soumis deux dossiers proposant des solutions pour remédier aux actions monopolistiques de Google.
Ces solutions vont de restrictions sur les accords qui désignent le moteur de recherche de Google comme le moteur par défaut sur les navigateurs et appareils, jusqu’à une éventuelle scission de l’entreprise, en forçant la vente de Chrome, le navigateur de Google.
D’autres remèdes intéressants incluent la syndication de l’algorithme de recherche de Google à des concurrents, l’octroi de licences de flux publicitaires aux rivaux et le démantèlement du système d’exploitation Android.
Le DOJ, sous Biden, a clairement indiqué dans son dernier dossier daté du 20 novembre 2024 qu’il privilégiait la dissolution de Chrome, tout en souhaitant mettre fin aux accords exclusifs avec les navigateurs et fabricants de téléphones.
Les conséquences d’un éventuel démantèlement de Chrome seraient considérables : non seulement ce navigateur est utilisé par près des deux tiers des internautes dans le monde, mais des données de clics de Chrome sont utilisées pour former les algorithmes de recherche, ce qui aide Google à conserver son avance concurrentielle.
Perdre ces données garantirait presque certainement un moteur de recherche Google très différent.
Google a répondu au DOJ en soutenant que les remèdes proposés dépassent largement le sujet de l’affaire et qu’une telle action pourrait nuire à la position de leadership des États-Unis dans le domaine technologique.
Au lieu de cela, Google propose de permettre des accords exclusifs avec des entreprises comme Apple et Mozilla, mais avec la possibilité de définir un moteur de recherche par défaut différent sur diverses plateformes et modes de navigation.
Il a également suggéré que les fabricants de dispositifs Android puissent préinstaller plusieurs moteurs de recherche, tout en préinstallant des applications Google, sans inclure Google Search ou Chrome.
Les deux parties se retrouveront en cour pour la procédure sur les remèdes en mai 2025, avec une décision prévue pour août 2025.
Que se passe-t-il maintenant ?
Revenons à la question initiale : que se passera-t-il lorsque Trump prendra ses fonctions ?
Les signaux initiaux, y compris les nominations de Trump à des postes clés à la FTC et à la division antitrust du ministère de la Justice, laissent supposer que l’administration continuera à adopter une attitude ferme envers les grandes entreprises technologiques, y compris Google. Cependant, leurs solutions pourraient différer des remèdes proposés actuellement.
Nominations pertinentes de Trump
Trump a nommé plusieurs individus clés qui influenceront l’application des lois antitrust, en particulier en ce qui concerne les grandes entreprises technologiques.
Ces nominations indiquent que la pression sur les géants de la technologie devrait se poursuivre, ce qui pourrait bien être un effort bipartisan surprenant. Les nominations clés de Trump incluent :
- Gail Slater : Nommée pour diriger la division antitrust du ministère de la Justice, Slater possède une expérience en tant que conseillère politique pour le vice-président élu J.D. Vance et a une expertise en politique technologique au Conseil économique national. Si elle est confirmée, elle héritera de l’affaire antitrust contre Google.
- Andrew N. Ferguson : Désigné président de la Federal Trade Commission (FTC), Ferguson a exprimé ses intentions de réévaluer l’approche de l’agence concernant les fusions et acquisitions, qui a été exceptionnellement stricte, tout en maintenant une surveillance des plateformes technologiques dominantes.
- Mark Meador : Nommé commissaire à la FTC, un poste précédemment occupé par Ferguson, Meador est réputé pour sa position favorable à l’application des lois, surtout en matière d’entreprises technologiques, lors de son travail pour le comité judiciaire du Sénat américain. Ses antécédents incluent la rédaction de législation visant à traiter des pratiques concurrentielles dans le secteur technologique.
Bien que ces trois nominés soient ancrés dans le parti républicain, ils partagent tous une approche favorable à l’application des lois vis-à-vis des grandes entreprises technologiques.
Cela marque un tournant par rapport à la position typiquement pro-business et anti-réglementation traditionnellement adoptée par les républicains, mettant ainsi en évidence la détermination de Trump à restreindre le pouvoir de Google et des autres géants technologiques.
Les perspectives de l’administration Trump sur l’affaire antitrust de Google
Le mépris de Trump pour les entreprises technologiques, y compris Google, est resté constant depuis son premier mandat.
Pourquoi éprouve-t-il une telle aversion pour Google ? Deux raisons semblent prédominer :
- Il a affirmé que le moteur de recherche est “truqué” car il présente des histoires négatives à son sujet.
- Il considère qu’affaiblir les grandes entreprises technologiques est un moyen de promouvoir la “libre expression” en raison de leurs politiques de modération des informations et il affirme que les résultats de recherche sont biaisés contre les conservateurs.
Malgré cette position apparemment constante contre Google, Trump a également suggéré que démanteler Google pourrait nuire à l’entreprise plutôt que d’encourager l’équité et la compétition.
Il a également averti que diviser Google pourrait donner une image de faiblesse des États-Unis face aux puissances étrangères, car “la Chine a peur de Google”.
Par ailleurs, au sein de l’administration, le vice-président Vance a déjà appelé à la dissolution de Google et a loué la présidente de la FTC sous Biden, Lina Khan, pour son approche agressive en matière d’application des lois antitrust.
Il reste à savoir s’ils adopteront une position en faveur du démantèlement de Google, mais il semble que leur arrivée s’accompagnera d’une volonté de renforcer la concurrence sur ce marché.
Conclusion
Il reste encore beaucoup de temps entre l’entrée en fonctions de Trump et la reprise de la procédure sur les remèdes dans l’affaire contre Google en mai 2025.
Le DOJ doit encore justifier pourquoi Google devrait être contraint de vendre Chrome ; si cette conviction ne tient plus, les nouveaux appointeurs devront expliquer pourquoi d’autres solutions seraient plus appropriées.
Il paraît raisonnable de penser, au regard des nominations, qu’ils envisageront des actions significatives à l’encontre de Google et défendront les remèdes qu’ils estiment les plus efficaces pour favoriser la concurrence.
Pour ceux convaincus qu’il est nécessaire d’agir contre Google, la position actuelle de Trump contre l’entreprise pourrait jouer en leur faveur, peu importe s’ils approuvent ou non les motifs de cette position.
Image mise en avant : PanuShot/Shutterstock
Points à retenir
- La décision sur l’affaire antitrust de Google est attendue en août 2025, après des procédures judiciaires prévues pour mai 2025.
- Les précédentes administrations ont établi des normes différentes d’application des lois antitrust, mais des tendances bipartites peuvent émerger sous Trump.
- Les remèdes proposés au DOJ pourraient inclure des changements significatifs dans la manière dont Google opère, entraînant potentiellement la vente de Chrome.
- Les nominations de Trump, bien que issues du parti républicain, affichent un engagement en faveur d’une application des lois strictes vis-à-vis des entreprises technologiques.
- Les motivations politiques autour de Google illustrent les enjeux croissants entre technologie et pouvoir politique, créant ainsi un débat sur la réglementation et la concurrence.
En somme, les prochaines étapes de l’affaire contre Google pourraient redéfinir le paysage technologique. Les enjeux soulèvent une question fondamentale : jusqu’où doivent aller les États-Unis pour garantir une concurrence équitable dans le secteur technologique, tout en prenant en compte les intérêts nationaux et globaux ?

L’affaire contre Google soulève des questions fascinantes sur le pouvoir des entreprises technologiques. J’espère que cela encouragera une concurrence plus équitable et stimulera l’innovation.
Cette affaire antitrust contre Google révèle des enjeux cruciaux pour l’équilibre des pouvoirs technologiques. La concurrence est essentielle pour stimuler l’innovation, et j’espère que des solutions justes seront trouvées.