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Logo « j’aime » de Facebook visible au siège de l’entreprise à Menlo Park, Californie. Le conseil de surveillance tant attendu, censé agir comme un arbitre des contenus autorisés sur les plateformes du géant de la technologie, devrait être lancé en octobre 2020. Le PDG Mark Zuckerberg a annoncé qu’il mettait en place ce conseil quasi-indépendant en réponse aux critiques sur la lenteur de l’entreprise à éliminer la désinformation, le discours de haine et les campagnes d’influence malveillantes. Ce conseil aura pour enjeu de trancher sur des questions délicates, telles que la définition du discours de haine sur Facebook ou Instagram. (AP Photo/Jeff Chiu)

Jeff Chiu

Les faits constituent le fondement du journalisme, et toute suggestion du contraire constitue une grave atteinte à ce que l’on nomme désormais avec nostalgie les « médias d’information traditionnels ». (Pour la majorité des journalistes, c’est l’héritage qu’ils sont susceptibles de recevoir.)

La nouvelle annoncée la semaine dernière selon laquelle le Metavers — c’est-à-dire Facebook, Instagram et WhatsApp — abandonne le contrôle de fait par des tiers de son contenu est inquiétante à bien des égards. Cependant, il est important de se demander quelle véritable différence cela va faire.

La décision de l’entreprise est présentée comme un retour aux racines en faveur de la liberté d’expression du PDG Mark Zuckerberg. Toutefois, certains pourraient y voir également une manœuvre pour s’attirer les bonnes grâces de la nouvelle administration Trump et de ses alliés conservateurs au Congrès, qui soutiennent que la vérification des faits équivaut à une suppression des opinions de droite.

Dans sa version sans vérification, Meta propose de soumettre les publications sur ses sites à un programme appelé “Community Notes”, inspiré de la plateforme X, détenue par Elon Musk. Ce système repose sur les utilisateurs pour surveiller le contenu faux ou trompeur. Lorsqu’un nombre suffisant d’utilisateurs réagissent sur X, une note apparaît en dessous du contenu contesté.

Le New York Times, citant plusieurs études, rapporte sur l’efficacité de ce système : « Les publications antisémites, racistes et misogynes sur X ont fortement augmenté après le rachat par Musk, tout comme la désinformation concernant le changement climatique. Les utilisateurs passent plus de temps à aimer et à republier des contenus provenant de gouvernements autoritaires et de groupes terroristes, y compris l’État islamique et le Hamas. » Bienvenue dans la nouvelle agora.

Bien que faire appel à la sagesse des foules ne soit pas une idée totalement déraisonnable, ce processus prend du temps et, comme le mentionne le Times, il est susceptible d’être manipulé. Il est souvent trop tard lorsque les notes communautaires finissent par contredire une fausse information, qui est alors déjà ancrée dans l’esprit de nombreuses personnes, rendant son délogement difficile.

De nombreuses études psychologiques illustrent ce phénomène : les faits ne modifient souvent pas nos croyances. Comme le magazine The New Yorker l’a rapporté dans un essai de 2017, le « biais de confirmation » reste l’une des raisons les mieux documentées à cet égard. Cela décrit « la tendance des gens à privilégier les informations qui soutiennent leurs croyances et à rejeter celles qui les contredisent. »

Les chercheurs soulignent que les humains sont efficaces pour déceler les faiblesses des arguments qu’ils ne partagent pas, mais sont souvent aveugles à celles de leurs propres positions.

Alors, la décision de Meta de capituler constitue-t-elle un tournant négatif ? Difficile à dire. En effet, des millions d’Américains ont voté en novembre pour un président dont l’attrait repose en grande partie sur un réseau de mensonges qu’il propage sans scrupules. Si la vérification des faits sur les réseaux sociaux était efficace, serait-il possible d’avoir ce résultat ? N’est-on pas plutôt enclin à penser que les gens aiment entendre des confirmations divertissantes de ce qu’ils croient déjà ?

Il est difficile d’y répondre. Toutefois, il est essentiel de considérer que le véritable enjeu n’est pas tant la croyance en une fausse information spécifique sur les réseaux sociaux, mais plutôt que l’LesNews de fausses informations mine l’idée même de vérité objective. Si l’on ne peut plus se fier à aucune source pour obtenir des informations précises, il devient logique de commencer à douter de l’existence d’une vérité objective. Cela rappelle les mécanismes des gouvernements autoritaires et fait écho aux projets de certaines tendances conservatrices.

Par conséquent, il est crucial pour les médias traditionnels de poursuivre leur mission de scrutin des différentes idées, enjeux et personnalités publiques. Bien que des inexactitudes apparaissent parfois dans les reportages, il est néanmoins possible que ces médias, dans leur meilleure expression, présentent les faits des deux côtés d’une question ou d’une controverse, permettant ainsi au public de forger un jugement éclairé et rationnel.

Points à retenir

  • La décision de Meta d’abandonner la vérification des faits soulève des inquiétudes quant à la désinformation en ligne.
  • Le système “Community Notes” dépend de la participation des utilisateurs et comporte des risques de manipulation.
  • Les biais cognitifs des utilisateurs peuvent entraver la reconnaissance des fausses informations.
  • Le rôle des médias traditionnels demeure primordial dans la présentation équilibrée des faits.

Les réflexions autour de la vérification des faits et de la responsabilité des plateformes en matière de contenu soulèvent des questions sur l’avenir de l’information dans la société moderne. La lutte contre la désinformation ne peut-elle pas être entièrement déléguée aux utilisateurs des réseaux sociaux ? Ce débat est essentiel pour envisager comment nous, en tant que société, voulons consommer et diffuser l’information.


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4 thoughts on “Actualités de la Vallée – Édito : Les réseaux sociaux face à la vérification des faits”
  1. La décision de Meta est inquiétante. Comment pouvons-nous naviguer dans ce monde de désinformation ? Les médias traditionnels ont un rôle vital à jouer.

  2. C’est fou comme les réseaux sociaux peuvent déformer la vérité. J’espère que les gens commenceront à se tourner vers des sources d’information fiables plutôt que de croire tout ce qu’ils voient en ligne!

  3. C’est fascinant de voir comment la désinformation se propage ! Les médias traditionnels ont un rôle essentiel à jouer pour garantir la vérité et éclairer le public.

  4. Cet article soulève des questions essentielles sur la vérification des faits. À une époque où la désinformation prolifère, chaque voix doit peser le poids de la vérité.

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