Cinq sénateurs démocrates ont interpellé la responsable de l’Agence fédérale de financement du logement (FHFA) sur sa stratégie concernant la prise en compte des actifs cryptographiques dans l’évaluation des prêts hypothécaires. Cette démarche est menée par le sénateur Jeff Merkley, qui a adressé une lettre au directeur de l’agence, William Polti, le vendredi, pour réclamer des précisions sur son projet d’« évaluation complète des risques et opportunités liés à cette innovation ainsi que ses répercussions sur le marché immobilier et le système financier américain ».
Le texte a également été signé par les sénateurs Elizabeth Warren, Chris Van Hollen, Mazie Hirono et Bernie Sanders, avec une demande de réponse avant le 7 août.
En juin dernier, William Polti avait demandé à Fannie Mae et Freddie Mac, les deux principaux acheteurs de crédits immobiliers aux États-Unis, de formuler une proposition quant à l’intégration des cryptomonnaies dans les modèles d’évaluation des prêts, sans exiger leur conversion préalable en dollars américains.
Pour rappel, la FHFA supervise ces deux institutions depuis 2008, à la suite de la crise des subprimes, renforçant ainsi le contrôle gouvernemental sur ce segment sensible du marché.
Inquiétudes sur les risques encourus par les emprunteurs
Les sénateurs ont exprimé leurs préoccupations face à une possible « introduction de risques superflus pour les consommateurs, mettant en péril la stabilité et la sécurité des marchés immobiliers et financiers américains ». Ils soulignent que la réglementation actuelle n’autorise pas les prêteurs à considérer les cryptomonnaies comme garanties, sauf si elles sont d’abord converties en dollars.
[not-theb]
Ils rappellent que les crypto-actifs sont connus pour leur forte volatilité et leurs crises de liquidité, ce qui peut compliquer la conversion rapide par les emprunteurs, exposant ainsi ces derniers à un risque de défaut de paiement.

Accusations de conflits d’intérêts
Les élus ont également soulevé la question de possibles conflits d’intérêts au sein de la FHFA, de Fannie Mae et Freddie Mac, en particulier pour les collaborateurs ayant des liens avec l’industrie cryptographique, citant en exemple la famille de l’ancien président Donald Trump. Cette dernière serait fortement impliquée dans divers secteurs de la cryptomonnaie, allant des plateformes d’échange aux projets de minage, en passant par les cryptomonnaies humoristiques et les NFT.
Ils ont aussi attiré l’attention sur le fait que l’épouse de William Polti détiendrait jusqu’à 2 millions de dollars en actifs cryptographiques, soulevant « des craintes supplémentaires de conflit d’intérêts ». Par ailleurs, en sa qualité de président des conseils d’administration de Fannie Mae et Freddie Mac, Polti doit superviser les propositions qu’il a lui-même initiées, ce que les sénateurs qualifient de « conflit majeur ».
Exigeant davantage de transparence
Les sénateurs critiquent Par ailleurs le caractère « flou » de la directive émise par Polti, déplorant le manque de détails sur les mécanismes d’élaboration des propositions, l’évaluation des risques et des bénéfices par la FHFA, ainsi que les consultations menées auprès des parties prenantes.
Ils insistent sur l’importance de la clarté, surtout à la lumière de la gestion insuffisante par l’agence des risques liés aux cryptomonnaies, mise en évidence lors de l’effondrement, en 2023, de plusieurs banques concernées par ce secteur.
Enfin, ils rappellent qu’un rapport de Fannie Mae paru en 2021 classait l’usage des cryptomonnaies et des stablecoins comme moyen de dépôt, paiement ou garantie parmi les applications les moins attractives de la blockchain dans le domaine immobilier.
Dans leur lettre, les sénateurs réclament à Polti des précisions notamment sur les échanges concernant les cryptomonnaies, les modalités décisionnelles et les mesures prévues pour éviter les conflits d’intérêts.
Points à retenir
- La FHFA se trouve au cœur d’un débat inédit autour de la prise en compte des cryptomonnaies dans les prêts hypothécaires, illustrant la confrontation entre innovation financière et prudence réglementaire.
- Les sénateurs démocrates, défenseurs assumés des consommateurs, veulent éviter que des actifs volatils ne menacent la stabilité d’un marché immobilier déjà fragile.
- Les suspicions de conflits d’intérêts ne sont pas anecdotiques et jettent une ombre sur la gestion même de cette transition numérique.
- Cette initiative arrive dans un contexte où l’histoire récente a rappelé que tout laisser-aller pouvait coûter très cher au contribuable américain, notamment après la crise des banques liées aux cryptos.
- La FHFA, à la fois arbitre et acteur, devra faire preuve d’une transparence exemplaire pour ne pas discréditer davantage un système déjà perçu comme opaque et complexe.
Au final, ce dossier soulève une question fondamentale : jusqu’où peut-on intégrer des actifs immatériels, réputés instables, au cœur des mécanismes traditionnels de financement, sans fragiliser ces derniers ? Chez LesNews, nous suivrons de près cette évolution, entre technophilie et pragmatisme, tout en savourant le spectacle parfois kafkaïen d’une institution fédérale confrontée aux sirènes de la modernité. N’est-ce pas là une comédie moderne que seul un monde numérique pouvait écrire, avec des acteurs bien humains ?
[not-theb]
Pas des conseils en investissement
Les informations fournies sur ce site web ne doivent pas être considérées comme des conseils en investissement, des conseils financiers, des conseils en trading ou toute autre sorte de conseil et aucun contenu du site web ne doit être considéré de la sorte. LesNews ne vous recommande pas d'acheter, vendre ou détenir des cryptomonnaies. Faites preuve de vigilance et consultez votre conseiller financier avant de prendre toute décision en matière d'investissement
Avis de non-responsabilité
[/not-theb]Avis de non-responsabilité. LesNews ne cautionne aucun contenu ou produit figurant sur cette page. Bien que nous nous efforcions de vous fournir toutes les informations importantes que nous avons pu obtenir, les lecteurs doivent faire leurs propres recherches avant d'entreprendre toute action liée à l'entreprise et assumer l'entière responsabilité de leurs décisions, et cet article ne peut être considéré comme un conseil d'investissement..
