Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, a récemment évoqué, lors d’une interview accordée à CNBC, l’annonce par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, d’une acquisition de dettes qui pourrait presager une crise à venir pour l’économie américaine.
Dalio a indiqué que le projet de Bessent d’augmenter les achats de dettes gouvernementales pourrait signaler des difficultés imminentes. Il a souligné que la réduction de l’exposition du gouvernement japonais sur le marché obligataire américain, ainsi que la hausse des rendements des obligations à long terme, devraient amener les investisseurs à se prémunir contre des risques accrus, notamment en se tournant vers les cryptomonnaies et l’or.
« Je suis convaincu que la situation financière du gouvernement est à un point tournant », a écrit Dalio dans un post sur LinkedIn. « Si cette situation n’est pas gérée dès maintenant, les dettes pourraient atteindre des niveaux ingérables, engendrant des traumatismes considérables. »
Dalio a également noté que le département du Trésor dispose d’une capacité « très limitée » pour racheter des obligations. Bessent a ajouté que son équipe prévoyait de « créer un marché », avec des achats susceptibles d’atteindre 4 milliards de dollars.
Un déficit croissant
Les États-Unis dépensent environ 40 % de plus que ce qu’ils perçoivent, ce qui contribue à l’accroissement du déficit budgétaire. Selon Dalio, le déficit budgétaire américain a dépassé 432 milliards de dollars en juillet, bien que Bessent ait affirmé qu’il pourrait avoir atteint un pic sous l’administration de Donald Trump.
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Bessent a déclaré qu’une équipe cherchait des moyens de réduire les dépenses de plusieurs centaines de milliards de dollars, mais Dalio a souligné qu’il y a « très peu de possibilités » d’y parvenir étant donné que ces dépenses sont souvent considérées comme essentielles.
Selon lui, après des années de dépenses excessives, la dette totale surpassait désormais ce que les États-Unis engrangent chaque année. Si le gouvernement américain était une entreprise, les paiements de service de la dette s’élèveraient à environ 11 trillions de dollars, soit environ 200 % des revenus annuels.
Dalio, âgé de 77 ans, a mis en garde que le coût du remboursement du principal et le service de la dette ne cesseraient d’augmenter avec le temps.
Une approche en trois volets
Dalio propose que les États-Unis se dotent d’une stratégie en trois volets pour ramener le déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut.
Premièrement, il a conseillé au gouvernement de réduire les dépenses. Deuxièmement, il a suggéré d’augmenter les recettes fiscales. Enfin, il estime qu’il est nécessaire de réduire les taux d’intérêt.
« Les trois doivent se produire simultanément pour éviter qu’aucun d’eux ne soit trop important », a-t-il précisé. « Si l’un est trop élevé, l’ajustement risquerait d’être traumatique. »
Dalio a également exprimé son inquiétude quant à la nécessité de procéder à ces réformes sans forcer la situation. Par exemple, « il serait très préjudiciable que la Réserve fédérale fasse baisser les taux d’intérêt de manière artificielle », a-t-il précisé.
Il a souligné l’importance d’agir dès maintenant, alors que l’économie est en bonne santé. Selon lui, une économie en récession nécessiterait une augmentation des dépenses gouvernementales.
Dalio a évoqué que le moment exact d’une crise de la dette pourrait être influencé par des variables allant des conflits militaires aux changements politiques. Selon son analyse, les États-Unis pourraient entrer dans une crise dans un délai pouvant aller d’un à cinq ans. « Mon estimation, qui pourrait s’avérer erronée, est que cela interviendra dans trois ans, plus ou moins deux, si nous perdurons sur cette trajectoire », a-t-il conclu.
Pour se préparer, Dalio recommande aux investisseurs de réduire leur exposition aux actifs de dettes, comme les obligations. Il suggère que jusqu’à 10 % à 15 % d’un portefeuille pourrait être investi dans l’or et un peu dans le bitcoin.
Les récentes fluctuations des marchés financiers américains rendent ces prévisions d’autant plus pertinentes. La hausse des rendements obligataires à long terme exerce une pression sur les actions, entraînant une pause dans l’ascension de l’indice S&P 500, qui a connu un ralentissement après trois semaines de progression.
Points à retenir
- Le secrétaire au Trésor des États-Unis prévoit une augmentation des rachats de dettes.
- Dalio met en garde contre un déficit budgétaire croissant, actuellement estimé à 432 milliards de dollars.
- La dette totale des États-Unis dépasse les revenus annuels, créant un déséquilibre financier significatif.
- Une approche en trois volets est nécessaire pour réduire le déficit : diminuer les dépenses, augmenter les recettes fiscales et abaisser les taux d’intérêt.
- La crise de la dette pourrait se manifester d’ici trois à cinq ans si la situation actuelle persiste.
En conclusion, la situation économique des États-Unis soulève des préoccupations légitimes. L’analyse de Ray Dalio met en lumière l’interconnexion entre les politiques budgétaires et la stabilité économique. Quels ajustements seraient nécessaires pour éviter une crise majeure, et comment chaque acteur économique peut-il se préparer à ces défis potentiels ? Une réflexion individuelle et collective s’impose.
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