lun. Juil 13th, 2026

Le continent africain réalise des avancées concrètes vers l’adoption de systèmes de paiement locaux basés sur les monnaies nationales, un objectif qui, pendant longtemps, relevait davantage de l’ambition que de la réalité.

Les dirigeants économiques espèrent que cette transition permettra de réduire les coûts liés aux échanges commerciaux, lourdement grevés par la dépendance au dollar américain.

Si cette démarche répond à une nécessité économique, elle se heurte cependant à des résistances politiques. En particulier, l’ancien président américain Donald Trump a exprimé son opposition, voyant dans la suprématie du dollar un pilier essentiel de l’influence commerciale des États-Unis dans le monde.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large, similaire à celui observé en Chine ou en Russie, qui cherchent également à créer des systèmes financiers alternatifs à l’hégémonie occidentale.

Pourtant, les leaders africains insistent sur le fait que leur motivation première n’est pas géopolitique, mais économique : le coût élevé des transferts en devises étrangères pèse lourdement sur leurs économies.

Mike Ogbalu, directeur général du système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS), précise que « l’objectif n’est pas d’éliminer le dollar, mais de contourner les problèmes structurels auxquels nos économies sont confrontées lorsqu’elles dépendent des devises étrangères pour leurs transactions ».

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Les données montrent que l’usage de banques correspondantes situées hors du continent augmente considérablement le coût des opérations financières. La conséquence est que le commerce intra-africain est environ 50 % plus cher que la moyenne mondiale.

L’utilisation de systèmes locaux, comme PAPSS qui permet de régler directement les paiements dans les monnaies nationales entre pays africains, pourrait faire chuter ces coûts de 30 % à 1 %, économisant ainsi près de cinq milliards de dollars par an au continent.

Mis en œuvre en 2022 avec seulement dix banques commerciales, ce système opère désormais dans quinze pays, dont le Kenya, la Tunisie et le Malawi, et compte plus de 150 établissements bancaires dans son réseau.

Parallèlement, la Société financière internationale, branche de la Banque mondiale, commence à accorder des prêts en monnaies locales aux entreprises africaines afin de limiter leur exposition aux fluctuations des devises étrangères.

Alors que l’Afrique du Sud, qui préside actuellement le G20, cherche à renforcer les systèmes de paiements régionaux, les pressions politiques américaines demeurent palpables.

Donald Trump n’a pas hésité à menacer d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux pays tentant de réduire leur dépendance au dollar, suite aux propositions formulées par les pays des BRICS en faveur d’une monnaie commune alternative.

Même si cette évolution africaine s’appuie sur des enjeux économiques internes, il est difficile de la dissocier des grands enjeux géopolitiques mondiaux actuels.

Points à retenir

  • L’adoption de systèmes de paiement locaux en Afrique vise surtout à alléger les frais exorbitants engendrés par la dépendance au dollar, qui pèsent sur le commerce intra-africain.
  • Le PAPSS, lancé récemment, s’étend rapidement et pourrait transformer durablement le paysage financier africain, autant que les technologies avant-gardistes sur d’autres continents.
  • La monnaie américaine, malgré les défis, reste un élément central pour l’influence mondiale des États-Unis, qui réagissent vivement face à toute tentative de contournement.
  • Les initiatives africaines rejoignent un mouvement mondial de diversification financière, auquel participent également la Chine, la Russie, et d’autres acteurs désireux de muscler leur autonomie.
  • Au-delà de la lutte contre les coûts économiques, ces enjeux reflètent la complexité des rapports de force internationaux et l’équilibre délicat entre intérêts économiques et calculs géopolitiques.

De toute évidence, ce réveil financier africain, porté par des projets concrets et pragmatiques, ne peut se réduire à une simple réaction à la domination américaine. Il souligne plutôt un déplacement en gestation des équilibres économiques mondiaux, un véritable chambardement que, pour une fois, on ne nous vend pas sous forme de conflit dramatique mais comme une évolution… presque normale. Reste à voir si cette « révolution tranquille » saura convaincre les sceptiques, ou si elle suscitera de nouvelles cascades d’affrontements diplomatiques. En attendant, chez LesNews, on suivra ça avec un mélange de curiosité féroce et d’optimisme prudent – sans oublier une petite dose de scepticisme bien sûr, il faut bien rester éveillé !


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