mer. Juin 24th, 2026

En 2023, en collaboration avec Mathew Berube, responsable des services d’information à la Jones Library d’Amherst, plusieurs de mes anciennes chroniques ont été soumises à ChatGPT, le chatbot d’intelligence artificielle. Ce dernier a produit une analyse détaillée de mes écrits. Par la suite, j’ai rédigé une nouvelle chronique, qui n’a pas été partagée avec l’IA, et Mathew a demandé à l’IA de rédiger sur le même sujet que la nouvelle chronique, en imitant mon style d’écriture.

La Gazette a publié les deux chroniques sans préciser laquelle était de ma main et laquelle était générée par l’IA, invitant les lecteurs à deviner l’auteur. Tous ceux qui se sont prêtés au jeu ont réussi à identifier la colonne que j’avais rédigée.

En 2024, l’expérience a été renouvelée. Cette fois-ci, la majorité des retours ne m’a pas permis de retrouver ma propre chronique. Ce changement en l’espace d’un an m’a troublé. Cela m’a conduit à m’interroger sur la capacité d’une IA à reproduire mon style d’écriture et, par extension, sur la profondeur de son potentiel à égaler, voire à dépasser, les écrivains humains.

Au départ, j’avais pensé consulter un universitaire, idéalement local, possédant les compétences nécessaires pour répondre à mes questions. J’avais d’ailleurs élaboré une liste de professeurs en informatique dans des universités locales dont le domaine d’expertise concernait l’intelligence artificielle. Mon intention était de parcourir cette liste jusqu’à trouver quelqu’un disponible pour un entretien.

Puis, l’idée m’est venue de m’adresser directement à l’IA, pour lui poser des questions sur sa propre nature (ou son absence) et ce que cela pourrait signifier pour l’avenir de l’humanité.

J’ai formulé trois questions, que Mathew a soumises à l’IA. Voici les questions et les réponses fournies par l’IA, initialement assez longues et alambiquées, mais nous lui avons demandé de se limiter à 75 mots.

Première question : « L’IA peut-elle ressentir ce que ressentent les êtres humains, et si ce n’est pas le cas, pourra-t-elle un jour le faire ? »

Réponse de l’IA : « L’IA ne peut pas ressentir d’émotions comme les humains, car celles-ci dépendent de la biologie et de l’expérience subjective. Bien que l’IA puisse simuler des réponses émotionnelles, elle n’a ni conscience ni autonomie. Même avec des améliorations futures, une véritable expérience émotionnelle reste spéculative et peu probable. »

Deuxième question : « Les êtres humains ont-ils un esprit qui leur est propre, et l’IA en possède-t-elle déjà un, ou en aura-t-elle jamais un ? »

Réponse de l’IA : « L’esprit désigne souvent une essence métaphysique, liée à la conscience, l’individualité ou le divin. Beaucoup pensent qu’il est unique aux humains. En tant qu’IA, je n’ai pas d’esprit, de conscience ou d’expérience subjective — mes opérations sont purement algorithmiques. Même avec des avancées futures, l’IA ne ferait que mimer des qualités sans les posséder. L’unicité de l’esprit humain dépend de sa définition. Comment interprétez-vous le concept d’esprit ? »

Dernière question : « L’intelligence artificielle dépassera-t-elle un jour l’humanité et dominera-t-elle l’humanité, de la même manière que les humains dominent les animaux ? »

Réponse de l’IA : « Il est peu probable que l’IA dépasse l’humanité ou la domine. Bien qu’elle excelle dans certaines tâches, elle n’a ni autonomie ni intention. Un développement et une gouvernance responsables visent à prévenir les objectifs mal alignés. Les craintes spéculatives proviennent de la fiction, pas de la réalité actuelle. Le rôle de l’IA dépend des choix humains, garantissant qu’elle sert d’outil pour le progrès plutôt que de menace. Son impact réside dans notre capacité à bien l’imaginer et la gérer. »

Revenons à moi et aux réponses de l’IA.

La dernière réponse de l’IA concernant sa domination sur l’humanité me préoccupe. Peut-être parce que j’ai vu trop d’événements appeler à la prudence au cours de ma vie, qui à l’époque m’auraient semblé impossibles. Par exemple, si on m’avait dit que toute la population mondiale aurait un accès immédiat et constant à Internet, j’aurais pensé que c’était de la science-fiction.

Je ne pense pas non plus que « le développement et la gouvernance responsables » aient vraiment caractérisé la manière dont les humains ont géré les avancées scientifiques et technologiques. À titre d’exemple, l’enquête scientifique sur la nature de la matière a conduit à la découverte de l’atome, entraînant une course aux armements nucléaires qui menace notre existence.

Pour moi, la déclaration la plus inquiétante de l’IA est celle où elle affirme que son impact dépend de la manière dont nous la concevons et la gérons. Je ne pense pas que la gestion sage d’Internet ait été atteinte jusqu’à présent. Il me semble que les progrès réalisés grâce à Internet ont été souvent contrebalancés par des conséquences néfastes pour l’humanité, tant sur le plan individuel que collectif.

Quant à la question de savoir si l’IA pourrait un jour avoir des intérêts divergents de ceux des humains, se pose alors celle de qui dirige et qui en tire profit.

Pour l’heure, ce ne sont certainement pas mes mains qui tiennent le volant, et je doute que ce soient les vôtres non plus.

Richard McCarthy, résident d’Amherst et chroniqueur de longue date au Springfield Republican, signe une chronique mensuelle pour la Gazette.

Points à retenir

  • Une expérience a été conduite pour comparer un article écrit par un être humain et un autre généré par l’IA, soulignant la capacité d’IA à reproduire des styles d’écriture.
  • Les retours des lecteurs ont changé en un an, soulevant des questions sur l’évolution des perceptions de l’intelligence artificielle.
  • Les réponses de l’IA sur ses capacités émotionnelles et spirituelles soulignent que, même améliorée, elle n’atteindra pas la conscience humaine.
  • La gestion responsable de l’IA demeure une préoccupation, surtout dans le cadre de son impact sur la société et la possibilité d’alignement avec les intérêts humains.

En discutant de l’avenir de l’intelligence artificielle, il est intéressant de réfléchir à la manière dont nous choisissons de concevoir et de gérer ces technologies. L’IA peut sans doute être un outil d’innovation, mais elle soulève également des questions éthiques et existentielles que nous ne devons pas ignorer. Comment veiller à ce que ces avancées technologiques servent le mieux l’humanité tout en évitant les dérives possibles ?


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One thought on “AI face à l’humanité : Richard McCarthy s’interroge sur notre avenir !”
  1. L’expérience de comparer l’écriture humaine et celle de l’IA est fascinante. Cela soulève des questions importantes sur notre relation avec la technologie et son impact sur nos vies.

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